Transport et infrastructures

A Saint-Denis, un projet de pont au-dessus du faisceau ferré le plus important d’Europe

Mots clés : Gares, aéroports - Maîtrise d'ouvrage - Ouvrage d'art - Politique des transports - Transport collectif urbain - Transport ferroviaire

Depuis plusieurs années, les élus de Plaine Commune réfléchissent à un projet de franchissement du faisceau ferroviaire de Paris nord. Suite à la signature d’une convention de co-maîtrise d’ouvrage avec la Société du Grand Paris et la SNCF, un concours de maîtrise d’œuvre devrait être lancé cet été. Tout en reliant le quartier du Landy au secteur Pleyel à Saint-Denis, ce nouveau pont de 280 m de long assurerait l’interconnexion entre la future gare Saint-Denis Pleyel du Grand Paris Express et la gare du RER D.

La communauté d’agglomération Plaine Commune devrait lancer cet été un concours international d’architecture pour le franchissement des voies ferrées du réseau Paris nord, à Saint-Denis. Un ouvrage de 280 m de long à construire au-dessus du «troisième plus important faisceau au monde après Chicago et Tokyo», a précisé Catherine Léger, directrice générale de la SEM Plaine Commune Développement, lors d’une rencontre organisée par Plaine Commune Promotion, le 21 mai.

La première étude pré-opérationnelle date de 2006-2007. Elle est pilotée par la SEM qui fait travailler deux cabinets d’architectes : l’AUC et West 8. Le projet de pont vise alors un double objectif : compléter le maillage viaire est-ouest de la plaine Saint-Denis –sur trois kilomètres, il n’existe qu’un seul franchissement- et mieux relier le quartier du Landy à l’est au secteur Pleyel à l’ouest, et faciliter le renouvellement urbain de ces territoires. En 2010, avec l’annonce de la création d’une gare du Grand Paris Express, à Saint-Denis, à proximité de la station Carrefour Pleyel (ligne 13 du métro), ce projet prend une autre dimension: assurer l’interconnexion entre la gare Saint-Denis-Pleyel où se croiseront quatre lignes du Grand Paris Express (14,15, 16 et 17), et celle du RER D, implantée de l’autre côté des voies ferrées. Des nouvelles études s’engagent, qui concluent, en février dernier, à la faisabilité technique du projet.

 

Convention de co-maîtrise d’ouvrage

 

«Les études préalables étant terminées, nous passons en phase opérationnelle», a souligné Florent Serrat, responsable Grands travaux à Plaine Commune. Dans cette perspective, les trois partenaires concernés, Plaine Commune, la Société du Grand Paris (maître d’ouvrage du Grand Paris Express) et la SNCF, ont signé une convention de co-maîtrise d’ouvrage, définissant le rôle de chacun. «Deux d’entre eux vont intervenir concrètement : Plaine Commune sur l’ouvrage de franchissement et la SNCF sur les travaux connexes ferroviaires», a-t-il détaillé.

 

Franchissement urbain

 

D’une longueur de 280 m et d’une largeur de 62 m, l’ouvrage comporterait des voies dédiées aux bus et aux voitures, une piste cyclable et une section piétonne de 16 m. L’idée est d’accompagner ce franchissement d’un bâtiment-pont offrant une façade la plus longue possible avec des commerces, services, cafés, etc., en rez-de-chaussée afin de créer une ambiance urbaine et d’améliorer le confort de la correspondance. «Les défis techniques sont très importants : intervenir au-dessus du faisceau le plus circulé d’Europe et du technicentre (atelier de maintenance des TGV) tout en disposant de peu de zones d’appui et avec de nombres rampes à réaliser», a commenté Florent Serrat.

 

Un projet pas encore financé

 

Autre difficulté : cet ouvrage, dont le coût prévisionnel s’élève à 182 millions d’euros HT (travaux et honoraires) n’est pas financé. Patrick Braouezec, président de Plaine Commune, espère obtenir son inscription dans le contrat de plan Etat-région (CPER). Une première enveloppe pourrait figurer dans le CPER 2015-2020, qui devrait être définitivement voté le 18 juin. «Le conseil régional va déposer un amendement dans ce sens», a indiqué le président de Plaine Commune. Si Paris décroche l’organisation des JO en 2024 (décision en juillet 2017) et si, de plus, le village olympique est implanté dans le quartier Pleyel, «alors c’est dans la poche», a ajouté Patrick Braouezec.

Si ce projet voit le jour, sa mise en service interviendrait en 2023, en même temps que celle de la gare Saint-Denis Pleyel, ce qui implique un démarrage des travaux en 2019. Dans le cas contraire, la Société du Grand Paris réalisera de toute façon une passerelle pour relier les deux gares. Un ouvrage beaucoup moins onéreux, de l’ordre de 20 millions d’euros.

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