Paysage

A Niort, un parking transformé en jardin urbain

Mots clés : Architecture - Etat et collectivités locales - Stationnement - Urbanisme - aménagement urbain

Le 10 juillet prochain, Jérôme Baloge, maire de Niort, recevra officiellement la Victoire d’or du paysage, dans la catégorie Espace public urbain, pour l’aménagement de la place de la Brèche. Mené pendant plus de 10 ans par StudioMilou architecture, la transformation d’un parking à ciel ouvert en un jardin urbain de 5 hectares récompense la continuité d’une ambition portée par quatre maires successifs depuis 2002.

Le défi technique d’un jardin sur dalle, au-dessus d’un parking, a trouvé une réponse saluée par les professionnels du paysage, dans le chef-lieu des Deux Sèvres. Héritier de ce projet qu’avaient initié et porté ses prédécesseurs Bernard Bellec, Alain Baudin et Geneviève Perrin-Gaillard, Jérôme Baloge, maire depuis mars 2014, recevra la victoire d’or du paysage le 10 juillet prochain, dans une des catégories les plus disputées : les espaces publics urbains.

 

Défi technique

 

Autrefois impossible à traverser par les piétons, l’espace public plébiscité par les niortais et les touristes s’appuie sur une prouesse invisible en surface : « Avec un nombre limité de poteaux, le parking supporte le poids d’1,50 m de terre, sans problème d’étanchéité », souligne Jean-François Milou. Lauréat d’un marché de définition arbitré en 2002, l’architecte natif de Niort rend hommage à l’ingénieur Philippe Corset, qui a trouvé les réponses aux problèmes d’écoulement posé par un projet qui, depuis les années 1980, faisait figure de serpent de mer : l’ancien parking de surface de 1200 places empêchait le site de jouer son rôle de porte d’entrée du centre-ville, sur une place historiquement dédiée aux foires de Niort.

L’ingénierie structure a rendu possible le foisonnement végétal en surface, dont témoignent 262 arbres tige et 41 arbres d’ornement. Jean-François Milou peut d’autant plus se réjouir du trophée qu’il résulte d’une compétition orchestrée par l’association interprofessionnelle du paysage et de l’horticulture Val’hor, au sein de laquelle les architectes apparaissent souvent comme des concurrents, sur le front de la conception urbaine.

 

Place classée

 

Dessinée au XVIIIe siècle sur un plan quadrillé à partir des anciens murs, la place de la Brèche doit son nom à l’effondrement des remparts de la ville. Cet héritage a justifié son classement, mais aussi l’ambition de lui restituer une fonction à la hauteur de son histoire. Dans un programme qui associe un complexe de cinéma, un office de tourisme, un espace polyvalent et une brasserie restaurant, l’unité obtenue sur une grande échelle mérite d’autant plus l’attention qu’elle a résisté à d’importants changements programmatiques : abandon des serres aériennes envisagées pour le muséum d’histoire naturelle, suppression de près de la moitié des places de parking – soit 530 au lieu de 1000 prévues -, et intégration d’un pôle d’échange multimodal.« Sous le mandat de Geneviève Perrin-Gaillard, nous nous sommes adaptés à une inflexion écologique marquée par le souhait de développer la biodiversité et le pari d’une réduction de la part de l’automobile dans les déplacements », témoigne Florence Soulier, chef de projet Jardin et espaces publics au sein de l’agence StudioMilou.

Ces adaptations n’ont pas remis en cause les thèmes développés en phase d’étude de définition : jardin des insectes et des oiseaux, jardin des quatre saisons, jardins des senteurs et des textures, tables de jardin… La fraîcheur et la couleur apportés par le végétal répondent à besoin criant, dans une ville où domine la lumière parfois aveuglante et brûlante de la pierre blanche.

 

Cohérence maintenue

 

Au fil d’un chantier qui a mobilisé 35 millions d’euros en trois tranches, la préservation de la cohérence a reposé sur une option qui, dès la phase du marché de définition, a distingué le projet de StudioMilou : « Nous avons volontairement traité comme deux projets distincts les aménagements souterrains et de surface, avec la même volonté de qualité, mais sans chercher l’interpénétration entre les deux », souligne l’architecte.

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