Chantiers

A Nice, Bouygues TP a creusé les 100 premiers mètres du tunnel du tramway

Mots clés : Matériel - Equipement de chantier - Ouvrage d'art - Transport collectif urbain - Travaux publics

Ce tunnelier à pression de boue progresse pour l’heure à un rythme de 5 m par jour. Une fois totalement assemblé, il va atteindre un creusement de 10 m par jour.

Depuis la mi-mars et son point de départ rue Ségurane, à l’intérieur d’une boîte de 60 m de long, 12 m de large et 20 m de profondeur, le tunnelier «Catherine» du groupement Thaumasia (piloté par Bouygues TP avec Soletanche Bachy, CSM Bessac, Snaf et Colas Midi-Méditerranée) progresse dans les entrailles de la cité azuréenne. «Nous venons d’atteindre pratiquement les 100 premiers mètres de creusement avec le franchissement de la paroi moulée de la station Garibaldi. Nous allons mettre à profit cette avancée pour terminer le montage du tunnelier avec l’accrochage du train suiveur et l’ensemble des équipements nécessaires à son bon fonctionnement» explique Raoul Fernandez, directeur de projet de Bouygues TP.

Fabriqué en Allemagne par la société Herrenknecht, arrivé par pièces en décembre dernier, ce tunnelier ne comporte pour l’heure que le bouclier et une partie des remorques et progresse lentement dans le sous-sol depuis le début du creusement, à un rythme d’environ 5 mètres par jour. «A partir de mai, une fois totalement assemblé, le rythme normal prévu est de 10 m par jour en moyenne avec une activité 24h/24 et 6j/7, ce qui portera la durée totale du creusement de l’ouvrage de 3,2 km, à 11 mois» ajoute Didier Charrin, responsable du chantier du tunnel à la Métropole Nice Côte d’Azur, maître d’ouvrage.

 

Les voussoirs posés à l’avancement

 

Au total, ce tunnelier, qui évolue à 25 m de profondeur environ, mesurera 78 m de long pour une masse de 1850 tonnes et un diamètre de 9,6 m. Il s’agit d’un tunnelier à pression de boue et à haute pression de confinement pour assurer la stabilité de l’excavation (par injection de boue), à l’avancement du creusement dans un sous-sol à forte perméabilité avec un tracé comportant deux courbes. Il émergera au niveau d’un puits de sortie, à l’intersection de la rue de France et du boulevard Grosso. Et il met en œuvre, au fur à mesure de sa progression, les voussoirs qui forment un anneau de voûte grâce à un érecteur de cintres; le revêtement définitif du tunnel étant ainsi réalisé à chaque avancée du creusement. «Au total, ce sont pas moins de 1820 voussoirs, d’un poids unitaire de 6 tonnes, qui vont être mis en place. 600 ont déjà été préfabriqués près de Nîmes et arrivent en flux tendu sur le chantier» poursuit Didier Charrin.

Autre particularité de ce chantier de tunnel urbain: les déblais excavés puis concassés par le tunnelier sont évacués, mélangés à la boue, par une conduite de marinage, intégrée sous la rue Gautier, vers la centrale de traitement implantée sur le port, quai Cassini. Une centrale qui a fait l’objet d’un soin tout particulier: installations recouvertes de bâches avec des vues en noir et blanc du port, forte insonorisation des hangars métalliques, etc.

 

Les déblais évacués par la mer

 

Là, les 200 000 m3 de déblais vont être triés, séparés de la boue, stockés puis dirigés par un convoyeur vers des bateaux, chargés de les évacuer vers une plate-forme de recyclage à Fos-sur-Mer. «Le choix de l’évacuation des déblais par la mer va permettre d’éviter la circulation d’une centaine de camions par jour dans le secteur du port lorsque le creusement du tunnel battra son plein» se félicite le président de la Métropole Nice-Côte d’Azur, Christian Estrosi. Pour l’heure, ce sont deux mouvements bateau qui ont eu lieu avec une charge de 2000 tonnes environ. Dans les semaines à venir, les rotations seront effectuées par deux bateaux, avec 2 à 3 mouvements de navires par semaine.

Au niveau du port, une deuxième canalisation enterrée permet d’assurer l’alimentation du tunnel en boue bentonitique. Une fois récupérée après le creusement, elle est réemployée et réinjectée avec un nouvel apport de bentonite.

Si tout se passe bien, le chantier de ce tunnel (un marché de 271 millions d’euros HT) qui va mobiliser 300 personnes devrait être achevé avec ses quatre stations souterraines en février 2017. Et l’année 2016 sera celle de la montée en puissance des travaux de cette ligne 2 est-ouest avec l’ensemble des chantiers ouverts sur la totalité du tracé. La mise en service complète est prévue 2019. Le coût du projet est de 771 millions d’euros TTC.

 

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