Transport et infrastructures

A Nantes, le vélo confirme son bel avenir dans les zones urbaines

Mots clés : Transport collectif urbain - Vélo

En famille, entre amis, déguisés ou en selle sur de drôles de vélos, quelque 7 000 cyclistes ont participé, mercredi 3 juin à la grande Vélo Parade du forum mondial Vélo-city qui se tient à Nantes jusqu’au 5 juin. Au fil des années, ce mode de transport doux s’impose en ville.

Record battu. Après Adélaïde (Australie) où 5 000 cyclistes avaient défilé lors de la précédente édition du forum mondial Vélo-city édition, la mairie de Nantes annonce une participation de 7 000 adeptes de la petite reine. Un succès qui illustre bien l’avenir de ce mode de transport, tout particulièrement en ville.

«Le vélo est un outil merveilleux, bénéfique sur tous les plans (…), mais aussi un formidable levier pour booster l’économie et créer de nombreux emplois» a rappelé le secrétaire d’Etat aux Transports Alain Vidalies qui n’a pas caché sa fierté «d’accueillir le congrès mondial du vélo l’année même de la conférence des Nations unies sur le climat (NDLR: à Paris en décembre). En France, le vélo affiche une belle progression. «Près de 3 millions de vélos ont été vendus l’année dernière», a indiqué le secrétaire d’Etat. Selon lui, les retombées économiques de ce mode de transport sont «de l’ordre de 4,5 milliards d’euros pour 35 000 emplois».

Nantes, élue capitale verte européenne en 2013, illustre bien cette dynamique. «Ce n’est pas tout à fait un hasard si Velo-city se déroule ici à Nantes», première agglomération «de moins d’un million d’habitants» choisie par la Fédération européenne des cyclistes (European cyclists’ Europe, ECF), après Adélaïde (Australie) en 2014, et avant Taipei en 2016, a souligné Johanna Rolland, la jeune maire (PS) de Nantes. «Au travers du vélo, des politiques de transports doux et de la complémentarité des modes de déplacement, c’est la transition écologique que nous construisons» a-t-elle déclaré lors de la présentation du congrès à la presse. La métropole a investi 40 millions d’euros depuis 2009 dans les infrastructures en faveur de la bicyclette, a rappelé Johanna Rolland.

 

Politique et tourne-à-droite

 

Indispensables, ces infrastructures doivent être intégrées dans une politique globale des transports doux dont certaines décisions sont compliquées à prendre d’un point de vue politique, mais indolores pour les deniers publics. Ainsi, Nantes est la première ville française à avoir généralisé le tourne-à-droite vélo et à avoir instauré dans son centre-ville une zone à trafic limité (depuis le 1er octobre 2012).

Autre levier pour encourager la pratique du vélo: le vélo en libre-service (VLS). Quarante ans après l’expérience de La Rochelle, les VLS ont été adoptés par 38 villes françaises. A Nantes, le Bicloo compte 880 unités, dispersées dans 103 stations et plus de 10 000 abonnés. S’ils ont contribué à remettre le vélo à la mode dans l’espace urbain, les VLS, gérés par des entreprises de publicité (JC Decaux, Clear Channel) ou des opérateurs de transports publics (Keolis ou Veolia) peuvent être difficile à équilibrer économiquement, surtout pour les villes moyennes. Des villes comme Valence ou Pau ont d’ailleurs choisi d’arrêter ce service faute d’usagers.

En France, la part modale du vélo reste encore très faible (environ 3%). Avec environ 15% des déplacements en centre-ville à vélo, Strasbourg est le champion français mais reste loin derrière les villes du nord de l’Europe comme Copenhague (55%) ou Amsterdam (44%). A noter que parmi les agglomérations de taille moyenne, La Rochelle, qui mène une politique volontariste depuis des années, occupe une des premières places avec 12% pour la ville-centre.

Les trois jours du congrès Vélo-city seront l’occasion pour des 1 500 professionnels attendus (industriels, collectivités, associations d’usagers, chercheurs, etc.) de débattre sur la manière de développer la pratique de la bicyclette. Autour du thème «le vélo, créateur du futur», une soixantaine de sessions de travail sont programmées. Les participants pourront également profiter de visites comme la soufflerie du CSTB de Nantes. Des équipements destinés aux cyclistes mis à disposition par leurs fabricants seront testés par des congressistes volontaires. Ces expériences permettront de valider l’efficacité des vêtements, par exemple par un temps de pluie avec du vent modéré.

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