Chantiers

A Mulhouse, le conservatoire trouve le bon son

Mots clés : Béton - Bruit - Façade légère - Handicap - Manifestations culturelles - Salles d'audition, de conférences, de réunion, spectacles ou à usages multiples

Rendre un conservatoire de musique performant sur le plan acoustique, c’est évidemment un impératif. Mais l’objectif tient de la gageure quand il s’agit, pour l’essentiel, de réhabiliter la partie ancienne d’un bâtiment qui accumule les handicaps sur ce point – faibles masses de béton, faibles charges, façades légères, etc. – et qui sera entouré de tous les bruits de la ville, du fait de sa localisation en hypercentre. Le projet en cours à Mulhouse (Haut-Rhin) se fait fort de le relever.

Sous maîtrise d’ouvrage de la société publique locale Citivia, le chantier de 20,8 millions d’euros (montant d’opération) pour l’accueil des étudiants en musique, en danse et en art dramatique bat son plein. Son gros œuvre s’est achevé en novembre et sa mise en service est prévue pour la fin 2017. Elle devrait se faire «en douceur» phonique, grâce à la conception du bureau d’études acoustique Note, filiale de l’alsacien OTE Ingénierie. «Les calculs réalisés concluent que les objectifs ambitieux définis par l’assistance à maître d’ouvrage pourront être respectés», annonce Didier Zahm, chef de Projet chez Note. Valeur de référence, le niveau de réception du bruit de choc sera partout inférieur à 60 décibels (dB) et il descendra à moins de 45 décibels dans les salles de musique.

«La résolution de la problématique impose de combiner l’introduction de dispositions techniques novatrices, leur mise en œuvre soignée et la coordination parfaite entre les entreprises, à tous les niveaux: planchers, façades, plafonds», ajoute Didier Zahm.

 

Chape sèche

 

Au niveau des planchers des salles, l’option classique de la chape ciment était exclue, car elle représentait à elle seule l’équivalent de la charge permanente de 150 kg/m2 à laquelle le bâtiment doit se limiter, du fait de ses dalles et poutrelles relativement fines, de type «pi». Ces éléments de structure cumulent en outre les inconvénients de peu isoler les bruits aériens et de beaucoup transmettre les bruits de choc. Aussi, des chapes sèches ont été mises en œuvre dans les salles de formation. Elles reposent sur un ragréage léger en granules et sur une couche de matériaux résilients acoustiques en fibre de bois. «Avec le montage spécifique des plafonds et des parois latérales, le système recrée le principe de la boîte dans la boîte», précise Didier Zahm. Les ragréages s’avèrent nécessaires compte tenu des différences de niveaux du sol du bâtiment ancien. Selon les salles, les différents revêtements de sols ou sous-couches sous parquets amélioreront encore la réduction des bruits de choc, de 22 à plus de 30 décibels.

Les différents dispositifs permettent d’exploiter au mieux la charge d’exploitation qui est portée à 350 kg/m2.

Pour les façades, l’objectif d’une isolation de plus de 35 décibels vers les riverains et entre les salles est atteint, surtout grâce à des vitrages feuilletés. Sur les patios, l’aménagement d’une pièce intermédiaire spécifique limite les transmissions latérales du bruit vers la salle suivante.

Au niveau des parois des salles de répétition, l’isolation phonique est renforcée par une solution complexe qui comprend un résilient acoustique, une couche de laine minérale et des doubles plaques de plâtre pré-assemblées.

 

Diffuseurs harmoniques

 

Pour les plafonds, c’est une solution un peu plus conventionnelle de plafond suspendu sous des boîtes à ressort qui est retenue.

Autre particularité du chantier, objet d’un brevet: ses diffuseurs harmoniques. Posés sur les murs, ils sont réalisés en fibres de bois haute densité taillées dans la masse. Lisses ou perforés selon les besoins, «leur forme parabolique optimise leurs performances d’équilibre sonore, d’absorption du son et de chasse aux échos», décrit Didier Zahm.

 

Salles tests

 

La partie neuve constituée de l’auditorium central fait également l’objet de traitements spécifiques. Par ailleurs, deux salles-témoins sont aménagées pendant les travaux pour faire tester les solutions aux futurs utilisateurs et recueillir leurs impressions. Les mesures déjà réalisées confirment la pertinence fondée des techniques mises en œuvre, souligne Note.

Tous ces efforts pourraient être annihilés par un facteur basique: le bruit de fond qui serait émis par les équipements de chauffage, climatisation, ventilation. Le point n’a pas échappé aux équipes d’OTE Ingénierie et de Note. Le regroupement des installations dans des locaux techniques clos – dont les plus importants sont déportés au sous-sol – et des systèmes de diffusion particulièrement silencieux dans les salles doivent éviter toute mauvaise surprise.

 

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