Projets

A Montpellier, le quartier de la gare aura son totem

Mots clés : Gares, aéroports

Le quartier du Nouveau Saint-Roch, appelé à émerger sur des friches ferroviaires, face à la gare de Montpellier, aura pour bâtiment signal une tour de 16 étages conçue par l’agence parisienne Brenac & Gonzalez & Associés.

Son concepteur, Xavier Gonzalez, la compare à « une robe de gitane ». Higher Roch, la tour qui se dressera d’ici trois ans face à la gare Saint-Roch, à Montpellier, se singularise par sa silhouette élancée, ceinturée par les lignes ondoyantes de balcons filants dont les formes varient d’un étage à l’autre. L’édifice, de près de 50 mètres de haut, accueillera 82 logements et s’inscrira dans un îlot de 12 500 m2 construit par Vinci Immobilier et Pragma. « Il n’y a pas eu de programme d’une telle envergure dans le centre-ville de Montpellier depuis la construction de l’immeuble du Triangle il y a quarante ans, souligne Philippe Gadelle, président de Pragma. Nous mesurons toute la responsabilité qui nous incombe. »

 

 

Le choix du concepteur a fait l’objet d’une procédure originale. Attributaires du projet au terme d’un appel d’offres lancé par la Serm, la société d’équipement de la métropole de Montpellier, les deux promoteurs ont eu à désigner trois équipes d’architectes, qui ont ensuite été mises en concurrence dans le cadre d’un dialogue compétitif auquel participaient la Serm et la ville de Montpellier, aux côtés des maîtres d’ouvrage. « Nous avons mené une série d’ateliers d’architecture pendant six mois pour affiner le projet, explique Bruno Derville, directeur général immobilier résidentiel et des régions chez Vinci Immobilier. Nous travaillé ainsi collectivement sur l’insertion urbaine, sur la cohérence architecturale du projet au sein de la Zac, sur la qualité de vie dans les logements et sur la maîtrise des coûts de construction. » La démarche a débouché sur le choix « à l’unanimité » du projet présenté par Brenac & Gonzalez, face à ceux des deux autres concurrents : l’agence danoise BIG (Bjarke Ingels Group) et le cabinet montpelliérain Tourre-Sanchis.

 

Deux échelles

 

« Notre cahier des charges contenait trois exigences, précise Philippe Gadelle. Ce bâtiment devait être différent des autres, respirer la Méditerranée et s’inscrire dans le XXIe siècle. »

L’agence Brenac & Gonzalez a répondu à la demande des maître d’ouvrage en proposant une lecture à « deux échelles ». « L’îlot que nous construisons est un espace de transition entre la ville ancienne et la ville du futur, explique Xavier Gonzalez. Nous l’avons donc doté d’un socle de hauteur variable qui évoque la ville basse, avec des angles droits et un béton dont la couleur rappellera la pierre de Montpellier. Sur ce socle qui unifie les trois programmes de l’îlot, la tour offrira par contraste une architecture organique, faite de volutes, de cercles et de sensualité. »

 

 

La forme du bâtiment est pourtant simple : deux carrés décalés, dont la section se réduit trois fois à mesure que l’édifice monte. Les formes ondulantes sont données par les terrasses, dont la surface doublera presque celle des appartements. « Il y aura comme une symétrie entre le dedans et le dehors, avec une limite presque impalpable entre ces deux espaces », précise Xavier Gonzalez. La façade sera habillée par une résille de tubes métalliques qui remplira trois fonctions : supporter une partie de la charge des porte-à-faux, évacuer les eaux de pluies et tenir des toiles triangulaires qui serviront de protection solaire tout en jouant sur la symbolique de la mer et des bateaux. « Ces tirants métalliques, qui évoquent des haubans, contribueront aussi à donner une unité à des géométries horizontales qui ne se superposent jamais, expliquent Xavier Gonzalez. Ils apporteront une continuité visuelle. »

Les 82 appartements devraient être commercialisés à partir de 2018 dans une fourchette de prix que Philippe Gadelle situe « entre 5 000 et 6 000 euros/m2 ». Le permis de construire a été déposé. La livraison du bâtiment est annoncée pour 2020.

 

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  • - Le

    villes d'objets ou vils objets

    De nombreux architectes sont plus épris de leur création que du rapport à la ville des bâtiments et logements qu’ils construisent ou même dans le rapport au sol qui les portent . Montre t-on l’environnement de la gare de Montpellier qui est déjà en partie un coup de hache dans la ville? Et son parking belvédère !
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  • - Le

    Totem à Montpellier ou Sydney ou Mombassa ou alors peut être au Groenland

    Après la peau de la sardine, la robe de la gitane, il y a de quoi être désespéré par toute cette pseudo architecture juste guidée par un marketing de bas niveau, une collection d’objets vulgaires tout au plus. Les architectes ne pensent plus, ils font, dommage.
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  • - Le

    Totem à Montpellier

    Encore une fois on veut nous émerveiller avec une architecture à la Disney. On y perd nos cultures spécifiques et racées. Je fais le parallèle avec le monde des logiciels bourrés de bug mis au point par ces petits génies au look d’enfer. Notre monde s’éloigne de ses cultures qui ont fait grandir les hommes.
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