Entreprises de BTP

A Marseille, les chantiers des BHNS sont confrontés à l’insécurité dans les quartiers Nord

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Transport collectif urbain

Menaces, agressions et vols se répètent ces dernières semaines sur les deux chantiers de Bus à Haut Niveau de Service (BHNS) Château-Gombert-Saint-Jérôme et Boungaiville-Saint-Antoine à Marseille. La profession tire la sonnette d’alarme.

Racket, intimidations, incivilités permanentes de la part de riverains qui ne supportent pas les travaux, menaces verbales et physiques, vols et dégradations de matériels avec récemment à Saint Jérôme des ouvriers victimes d’un vol d’une tronçonneuse thermique en plein jour sous la menace d’une arme blanche…


De mémoire de professionnels du BTP, on n’avait jamais connu une telle escalade dans l’insécurité et la violence. A Marseille, sur les chantiers des BHNS Château Gombert-Saint Jérôme et Bougainville Saint Antoine qui cheminent dans les quartiers Nord, les limites « habituelles » de l’insécurité en zone sensible (chantage à l’embauche, à la sécurité et au gardiennage, vols de matériels la nuit, etc.) ont largement été dépassées et les faits sont de plus en plus graves et violents. A tel point qu’une réunion a été organisée en urgence en préfecture la semaine dernière avec le préfet de police, les représentants de MPM, maître d’ouvrage, la FRTP et les entreprises concernées pour tenter de trouver des solutions. « Face à l’accumulation de ces actes de délinquance, nous avons des salariés en souffrance et c’est une responsabilité des entreprises d’assurer leur sécurité. Mais confrontées à de tels agissements, elles sont démunies et on a eu le sentiment jusqu’à présent que les pouvoirs publics n’avaient pas pris la mesure de la gravité réelle de la situation » souligne Laurent Amar, le président de la FRTP PACA.

 

Demande d’une présence policière renforcée

 

Le sujet est sensible : chez Eiffage TP, principale victime des agissements, les responsables ont consigne de ne pas s’exprimer et la préoccupation des entreprises aujourd’hui est d’achever le plus rapidement possible les travaux (ils ont plus de deux mois de retard) afin de quitter ces zones sensibles et d’éviter que les retards génèrent des pertes importantes.

On évoque aussi, par peur de représailles, le refus des victimes de porter plainte. « Depuis le début de ces travaux, nous avons mis en place dans le cadre du conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance et du dispositif « ras le vol » avec la FBTP 13, des mesures de protection des biens et des personnes. Il faut aller plus loin aujourd’hui et nous réclamons des moyens d’Etat supplémentaires » souligne Caroline Pozmentier, adjointe à la sécurité à la Ville de Marseille. Lors de la réunion en préfecture, il a notamment été décidé de renforcer les passages et la surveillance policière autour des points sensibles, communiquées par les acteurs des chantiers aux services de polices. Il faut dire que ces chantiers de BHNS et de voirie se développent sur des emprises et des linéaires importants, avec des postes de travail isolés, augmentant l’exposition des travailleurs à l’insécurité. « Nous avons convenu de nous revoir dans un mois mais ces difficultés ne remettent pas en cause notre volonté de lutter contre la fracture nord/sud de la Ville et de conduire des chantiers partout » affirme Caroline Pozmentier.

Ce qui inquiète aujourd’hui la profession, ce sont les chantiers à venir : l’opération Anru Picon-Busserine (14ème arrondissement) avec des travaux de voirie en pied d’immeubles, le grand chantier de la L2 Nord qui doit démarrer cet été… Comment éviter que s’installe un sentiment permanent d’insécurité au sein des entreprises ou que le personnel soit amené à exercer son droit de retrait ? « Il va falloir anticiper beaucoup plus sur les mesures de sécurité à prendre avant les travaux. Pourquoi aussi ne pas prévoir dans les travaux un lot zéro dédié à la sécurisation du chantier ? Il a déjà été évoqué sur d’autres chantiers dans la région mais jamais mis en œuvre » ajoute Laurent Amar.

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