Réalisations

A Lons-le-Saunier, une salle de musiques naît sous l’œil du bœuf

Mots clés : Manifestations culturelles

Le Bœuf sur le toit… Un nom improbable pour un projet qui aurait pu l’être, puisqu’il consistait à reconvertir des abattoirs en une salle des musiques actuelles (Smac) à Lons-le-Saunier, le chef-lieu du Jura. Mais depuis cet automne, il s’agit bien d’une réalité qui mérite un petit détour.

Pour l’information des non-mélomanes, le nom de l’équipement Le Boeuf sur le toit reprend le titre d’une œuvre du compositeur Darius Milhaud (1892-1974)*. Si les abattoirs fermés en 1980 ont été rasés, la morphologie du site en conserve la mémoire. Son entrée est matérialisée par un portail bien caractéristique des usines de la fin XIXe et du début XXe siècle. Une suite de petits hangars et pavillons l’entoure. Quatre chambres ont été aménagées en rez-de-chaussée pour l’hébergement d’artistes. Le reste des locaux abrite les bureaux de l’association exploitante, des studios de répétition ou d’enregistrement et une petite salle de concert. Pour les stars en devenir de la gratte et du micro, elle est l’antichambre qui mène à la «grande» salle, celle aménagée dans le bâtiment central.

Cet espace d’une capacité de 336 places en configuration assises fait à juste titre la fierté d’Igor Hilbert, scénographe à la carrière déjà longue de nombreuses références partout en France. Il réserve à la scène une dimension généreuse de 14 mètres de large et 8 mètres de profondeur, en comparaison de la dimension de la salle entière.

 

Moucharabieh à l’entrée

 

«Cinq éléments techniques discrètement insérés font l’identité du lieu», estime Igor Hilbert. Au plafond, dix poutrelles IPE de 400 millimètres de section pour l’accrochage de l’éclairage se fondent dans une résille technique à maille carrée. Celle-ci contient quatre rangées de sources lumineuses graduées. La coursive périphérique permet la circulation des techniciens de façon parfaitement cachée au spectateur. Le garde-corps de cette coursive intègre un parement de bois de merisier, se voulant discret mais chaleureux. Les hublots à Led dimmables (graduables) procurent un effet guirlande.

Quant à la façade principale, elle conjugue le clin d’œil au passé du site et l’apport de touches contemporaines et exotiques. Sous la tête de bœuf incrustée dans la façade, l’architecte Didier Chalumeau a dégagé un grand auvent qui permet aux spectateurs de patienter dans les meilleures conditions. L’entrée dans cet espace est précédée d’un moucharabieh en aluminium: «il remplit sa fonction de voir sans être vu, il entend incarner le passage des jeunes dans un nouvel univers, sans les parents, l’entrée dans quelque chose d’un peu mystérieux», décrit le maître d’œuvre local. Si nous sommes en quête de sensations neuves, allons à Lons.

 

Fiche technique

Maîtrise d’ouvrage: Ville de Lons-le-Saunier;

Architecte: A.ddi.C’t Architecture (Didier Chalumeau);

Scénographie: Igor Hilbert et Claude Jeffroy;

Bureaux d’études: Cetel (structure), AEEI (électricien), Venathec (acousticien);

Entreprises: Caniotti Père et Fils (gros œuvre), Bejean (charpente métallique), Jaillet (électricité), Mecascenic (machinerie scénique), ADB (éclairage scénique);

Surface plancher: 1 100 m2;

Calendrier : travaux, de janvier 2014 à septembre 2015;

Montant des travaux: 2,5 millions d’euros HT (dont 1,9 million d’euros pour le bâtiment et les fluides et 600 000 euros d’équipements).

 

*Envie de découvrir ou de réécouter le «Bœuf sur le toit» de Darius Milhaud ?

 

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