Performance énergétique

À la lueur de l’éclairage connecté

Mots clés : Electricité - Equipements électriques - Télécommunications

Dans l’enceinte du bâtiment, la lumière artificielle connaît une double mutation. Lors d’une conférence, le 19 mars, l’association d’intérêt Cluster Lumière revenait sur les potentielles étincelles que pourrait créer la rencontre des diodes électroluminescentes et l’Internet des objets.

Le numérique élargit les fonctions possibles de chaque équipement. Le Cluster Lumière y voit une occasion pour les entreprises de proposer de services inédits, plus adaptés aux besoins de clients potentiels. Cette association de soutien à la filière de l’éclairage organisait le 19 mars dernier une conférence intitulée «Éclairage connecté dans les smart buildings et les smart cities». Une occasion de mettre en avant de nouvelles approches de la lumière dans les bâtiments.

Le concept de luminaire contrôlé par ordinateur existe déjà depuis deux décennies. Depuis les années 1990, il existe des standards numériques dédiés au pilotage l’éclairage, notamment le protocole ouvert Digital Addressable Lighting Interface (Dali). Cependant, la transmission d’un message informatique à une lampe électrique impliquait d’ajouter des passerelles électroniques, les ballasts, à chaque ampoule. Le procédé demeurait donc coûteux et complexe. La popularisation progressive de la diode électroluminescente (LED) pourrait toutefois contribuer à élargir le public de l’éclairage connecté.

 

Éclairer ne suffit plus

 

Contrairement aux lampes traditionnelles, la LED est un composant électronique. Elle s’intègre sans interface dans des circuits prévus à cet effet. «Il est ainsi possible de moduler sa puissance d’émission sans limites et sans détérioration de l’équipement», note Patrick Mottier, responsable du Programme «Eclairage» au CEA-Leti. Un luminaire à LED peut aussi embarquer des logiciels. Des programmes informatiques qui offrent de nombreuses possibilités, sans avoir recours à une gestion centrale: autodiagnostic de l’appareil, minuterie, déclenchement à distance, et même le transfert de données par Lifi.

Dans ce procédé invisible à l’œil nu, la LED clignote très rapidement. Un téléphone portable ou une tablette réceptionne ce signal lumineux, et affiche les informations sur l’écran. «La lampe devient alors un outil de géolocalisation dans le bâtiment. Elle peut aussi acheminer des contenus complémentaires à un usager, tels que des offres promotionnelles dans un supermarché, ou des détails sur une œuvre dans un musée», explique Denis Marsault, directeur marketing de Luciom, une entreprise française spécialisée dans cette technique. Néanmoins, les débits sont encore trop limités pour un accès au web.

 

Dépenser plus pour économiser plus

 

Le haut niveau de contrôle offert par les réseaux numériques peut également générer des économies. «À condition d’actionner tous les leviers», souligne Alexandre Harel, responsable des relations partenariales au sein de Cofely Ineo. Son entreprise a réalisé une rénovation d’éclairage dans un entrepôt du groupe Mutual Logistics à Allonnes (Sarthe). L’installation comprend 170 luminaires LED associés à des détecteurs de présence, et superviser par logiciel dédié. «Le couplage entre ce dernier et la gestion technique du bâtiment (GTB) n’est pas toujours facile. Pour ce chantier, nous avons réalisé un couplage direct au local, sans intégration à la GTB, observe Alexandre Harel. Le temps de retour sur investissement a été de trois ans.»

Cependant, les gains engendrés dépendent également de facteurs extérieurs. En premier lieu, la coopération des usagers. «Certaines installations, jugées trop complexes, ont été débranchées après quelques mois d’utilisation. La filière doit concevoir des interfaces plus instinctives», remarque Philippe Raynaud, directeur général d’Aeris Concept, une société spécialisée dans l’intégration de GTB. Par ailleurs, le soleil demeure la meilleure source de lumière. Les équipements devraient interagir pour optimiser cet apport. Cet aspect suppose la création d’interaction entre les différents lots du bâtiment. «À partir des données engendrées dans les murs, les fournisseurs d’énergies pourraient aussi affiner leurs productions, indique Philippe Raynaud. Toutefois, ils doivent être en mesure d’accéder à ces informations. Cela implique de réfléchir à des systèmes plus ouverts vers l’extérieur.»

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  • - Le
    C’est une installation réalisée sous le contrôle de JC Lampes qui fonctionne parfaitement , le raccordement à la GTB est accessoire. J’invite celles et ceux qui veulent en savoir plus à aller sur notre site www.digitallumens.com pour regarder une vidéo réalisée en partenariat avec notre client Coca-Cola.
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