Chantiers

A Hong Kong, Bouygues mise sur sa technicité

Mots clés : Entreprise du BTP - Ouvrage d'art

Avec 2 200 collaborateurs, Dragages Hong Kong est la tête de pont de Bouygues Construction en Asie. Sur un marché prometteur mais de plus en plus concurrentiel, l’entreprise a choisi le haut-de-gamme.

«Avec 12 mètres par jour, notre tunnelier avance à bon rythme. Nous avons fait en un mois et demi ce que nos concurrents, à quelques kilomètres d’ici, ont fait en sept» explique Alain Hervio qui dirige à Hong Kong la construction de deux tronçons souterrains de la nouvelle ligne ferroviaire qui reliera l’archipel à Shanghai et Pékin en 2015. Loin de se réjouir de la mauvaise fortune de ses concurrents, le patron du chantier pour Dragages Hong Kong – filiale de Bouygues Construction (1) – analyse : «la géologie est capricieuse. Ils ont fait un mauvais choix de machine, ça ne pardonne pas». Il faut dire que sur ce projet, le maître d’ouvrage a voulu attirer de nouveaux acteurs, quitte à ce qu’ils soient moins expérimentés que les «locaux». Parmi les grands habitués de Hong Kong, on compte le local Gammon, le chinois China Estate Engineering Corp, l’australien Leighton (filiale d’Hochtief), le japonais Nishimatsu et donc Dragages Hong Kong, filiale de Bouygues Construction.

 

Des investissements publics massifs

 

Si les autorités hongkongaises cherchent à stimuler la concurrence, c’est qu’elles prévoient la réalisation d’un programme colossal d’infrastructures. «En 2007, nous avons démarré un programme de dix grands projets pour un total de 700 milliards de dollars HK (68 milliards d’euros)», détaille Chi-Sing Wai, secrétaire permanent chargé des travaux de développement du gouvernement de Hong Kong. Dès 2013, nous porterons notre effort à 70 milliards de dollars HK par an (6,8 milliards d’euros) et ce jusqu’en 2021 au moins». Dans ce contexte, pas étonnant que Dragages Hong Kong aborde l’avenir sereinement. Son chiffre d’affaires 2011 était de 362 millions d’euros, le prévisionnel 2012 est à 500 millions. L’intensification de concurrence ? C’est une réalité mais «cela ne modifiera pas notre positionnement, assure Nicolas Borit, responsable de Dragages. Nous continuerons à aller sur des projets à haute valeur ajoutée où notre expertise fait la différence». Illustration sur l’extension d’une ligne de métro où l’entreprise utilise une machine unique en son genre qui déconstruit les tunnels. Baptisée «TDM» (en anglais, tunnel dismantling machine), sa conception est 100% française, fruit d’une réflexion commune avec CSM Bessac (filiale de Solétanche Bachy). Un peu plus loin en surface, un millier de personnes s’affairent sur le chantier du Cruise Terminal Building, gigantesque terminal portuaire (490 millions d’euros) conçu par les architectes Foster & Partners et Wong Tung & Partners. Un chantier de bâtiment recourant massivement aux méthodes de génie civil.

 

Un marché peu propice au dumping social

 

Dans la sélection des affaires, le pragmatisme est de rigueur. Ainsi, sur l’appel d’offres en cours pour la réalisation d’un pont reliant Hong Kong à Macao, la filiale de Bouygues Construction a remis une offre pour les deux tronçons les plus proches de l’île. «Sur les autres tronçons, ce sont les règlements chinois qui s’appliquent. Nous n’avons aucune chance» tranche Nicolas Borit. Pour les entreprises, les marchés publics hongkongais semblent assez rassurants. Même si la stabilité du cadre juridique et réglementaire se paye par une certaine lourdeur administrative. «Globalement, le marché n’est pas très propice au dumping social, estime Vincent Avrillon qui dirige l’activité TP. Ce qui explique pourquoi les entreprises chinoises (qui ne jouent pas à domicile, ndlr) n’ont pas tout raflé. Par exemple, la maîtrise d’ouvrage publique est très pointilleuse sur la sécurité et exige des pièces en rapport dans les appels d’offres. Impossible de tricher. D’ailleurs, un des grands enjeux des prochaines années sera de réussir à former la main d’œuvre nécessaire à tous les grands chantiers».

Au demeurant, Hong Kong est, avec Singapour, le fer de lance de la stratégie de Bouygues Construction en Asie. Et malgré l’imperméabilité de la Chine continentale, les opportunités restent nombreuses. L’an passé, cette zone représentait 8% du chiffre d’affaires du groupe, soit 776 millions. Pour 2012, Olivier-Marie Racine, directeur général délégué, pense franchir la barre symbolique du milliard d’euros.

 

(1)    Dragages a été acquis par le groupe Bouygues en 1986 au moment du rachat du groupe Screg. Dragages faisait partie de Screg au même titre que Colas, Screg Routes, Sacer et Smac Acieroïd.

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