Culture

A Fontevraud, architectes et créateurs réinterprètent la «cité idéale»

Mots clés : Architecte - Établissements de culte, funéraire - Manifestations culturelles

Brillamment orchestrées par l’architecte et scénographe nantais Christophe Theilmann, les expositions du festival «La cité idéale» offriront, à partir du 4 juin, un nouveau regard sur l’abbaye royale de Fontevraud autour du thème «Bâtir & habiter».

David Martin, le bouillonnant directeur de l’abbaye de Fontevraud en est persuadé: «Le patrimoine historique et architectural peut être préservé tout en s’inscrivant dans la modernité». Il entend ainsi poursuivre le rêve de Robert d’Arbrissel, fondateur de l’abbaye en 1101, de bâtir une cité hospitalière, créative et tournée vers l’avenir… une cité idéale.

Aujourd’hui, «La cité idéale» est un festival qui décline chaque année un thème essentiel de la vie publique. Après «Pouvoirs» l’année dernière, l’équipe de l’abbaye explore à partir du 4 juin le thème «Bâtir & habiter». Au programme: pique-nique géant, conférences, films, ateliers et expositions dont «Architecture de papier» et «Ré-enchanter le monde» conçue par La Cité de l’architecture et du patrimoine.

Pour témoigner de l’évolution de l’architecture de l’abbaye, transformée en prison puis en centre culturel, David Martin a confié à l’architecte-scénographe Christophe Theilmann la coordination des expositions et le commissariat général d’une exposition permanente qui mettra en valeur une série de maquettes, dont une étonnante «maquette-machine» sortie de l’imagination débordante de François Delarozière, créateur des machines de l’île de Nantes.

Voilà pour la partie «bâtir». «Pour le thème «habiter», nous avons choisi de nous réapproprier des lieux invisibles au public ou jamais ouverts et nous avons demandé à des créateurs de nous faire des propositions» explique David Martin. 42 équipes (pour 80 projets) joueront le jeu, 20 seront sélectionnées sur leur note d’intention et sept projets seront finalement choisis. «Une des contraintes était que ces équipes construisent elles-mêmes leur projet dans le cadre d’une résidence» insiste Christophe Theilmann qui fait partie de cette génération de concepteur-constructeurs convaincu de l’importance du geste technique. Faisant chacun écho à l’histoire de Fontevraud, ces créations protéiformes nous offrent un point de vue inédit sur l’abbaye. Le collectif nantais Fichtre a ainsi transformé des guérites du Centre pénitentiaire en salon de coiffure éphémère et a glissé une chambre-capsule dans le creux d’un pilier de l’église abbatiale (70 euros la nuit en compagnie des gisants, avis aux amateurs !). Monstr, autre collectif nantais, a conçu un second gîte insolite en réinterprétant le conte de la Princesse au petit pois. Inspirés par la célèbre évasion de 1955, ces créateurs ont également installé un circuit pour deux bolides à pédales dans la galerie pénitentiaire. Sur la pelouse du réfectoire, Les Etablissements Tourneux (Nancy) ont déplié une tente en bois de huit mètres de haut pour installer un fumoir contemporain qui sera aussi, et avant tout, un lieu de rencontre. Non loin de là, l’équipe composée des designers nantais Barreau et Charbonnet et de Métalobil s’est inspirée à la fois de l’étonnante toiture des cuisines romanes (faite de cônes coiffés de petites tourelles en écailles) et du mythe de Romulus et Rémus pour y installer cinq immenses pis nourriciers d’où couleront jus de fruits et autres vins locaux.

De telles installations dans un monument historique ont nécessité une certaine habileté. «Toutes nos installations font moins de 40 m3 et échappent au permis de construire, explique Christophe Theilmann. Par ailleurs, elles sont démontables et n’ont aucun impact sur le bâtiment».

 

Focus

Abbaye Royale hier, pôle culturel durable aujourd’hui

L’Abbaye de Fontevraud est premier monument historique entièrement chauffé et climatisé grâce aux énergies renouvelables. Depuis 2013, deux chaudières bois de 500 kW et 92 panneaux photovoltaïques assurent la production d’eau chaude sanitaire et de chauffage pour l’ensemble de cette cité de quelque 200 000 m2. Trois ans d’études, 12 mois de travaux et 6 millions d’euros d’investissement auront été nécessaires.

Aujourd’hui, installé dans un bâtiment semi-enterré de 2 000 m2, ce pôle énergétique se visite. Son toit-terrasse végétalisé offre même un plateau scénique de choix pour la programmation de concert et de spectacle. Le décor n’est rien de moins que le chevet de l’église abbatiale au style architectural remarquable.

 

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