Réalisations

A Blagnac, une crèche comme un «un petit projet urbain»

Mots clés : Béton - Bois - Enfance et famille - ERP sans hébergement

L’agence toulousaine Projet 310, associée à d’Une ville à l’autre, a livré en début d’année la crèche Les Ecureuils à Blagnac, en périphérie de Toulouse. Le bâtiment en béton et bois s’insère parfaitement dans le tissu urbain constitué de pavillons.

Pour sa dernière visite de l’année scolaire, le 6 juillet à Blagnac, l’AMO de Midi-Pyrénées a retenu la crèche Les Ecureuils, au nord-ouest de Toulouse. Cet espace multi-accueil «petite enfance» de 70 berceaux remplace un équipement trop vétuste. L’intégration du bâtiment dans un quartier pavillonnaire de la commune périphérique de Toulouse a été un des enjeux du projet exigeant tant dans la conception générale que dans son adaptation dans un site contraint. Le bâtiment, qui fait clôture, s’inscrit en effet dans une parcelle étroite ouverte au nord sur une rue et le parc urbain d’Odyssud.

 

Architecture tramée

 

Conçu par une équipe de maîtrise d’œuvre conduite par l’agence toulousaine Projet 310, en association avec l’agence d’urbanisme d’Une ville à l’autre…, l’ensemble respecte une trame 5×6 m dont la rigueur offre paradoxalement une grande souplesse de composition. A l’étage, se trouvent les deux unités réservées aux bébés. Elles sont prolongées, côté sud, par une large terrasse protégée du soleil par des ombrières. Les trois unités «marcheurs» sont en rez-de-jardin ouvertes au sud sur le jardin par de grandes baies vitrées.

Les cinq unités sont conçues sur le même modèle. «Nous les avons considérées comme des «maisons». Elles sont chacune desservies par des placettes ou des patios. C’est un petit projet urbain: sur chacun des niveaux, les placettes font le lien avec les parties communes très généreuses: salles motricité, jeux d’eau, restauration, locaux supports, locaux du personnel… et l’administration est située au rez-de-chaussée», détaille l’architecte Christophe Balas. L’ensemble est posé sur un parking souterrain qui occupe trois des six trames du bâtiment.

La trame s’est traduite dans les choix constructifs. Ainsi, les architectes ont opté pour des panneaux de murs précoffrés en béton isolé de 40 cm d’épaisseur, inscrits dans la trame. Les éléments sont arrivés de Valence préfabriqués (Société Fehr) puis posés et clavetés. Les architectes ont également choisi de laisser les parements à l’état brut et d’y inclure des blocs en ossature bois comportant les menuiseries: «Nous avons créé un effet de marqueterie», rappelle Philippe Pettenati, architecte associé de Christophe Balas.

 

Le béton, un choix pas seulement esthétique

 

L’enveloppe béton confère une grande qualité d’inertie et du confort thermique au bâtiment conçu en BBC. Compacité du bâti, économie du foncier, raccordement au réseau de géothermie de la ville, orientation des salles de vie vers le sud sont les différents éléments qui résultent de l’ambition environnementale.

La qualité d’usage a également une préoccupation. L’équipe de maîtrise d’œuvre a ainsi travaillé avec la plasticienne Sophie Balas sur les échelles et les couleurs pour favoriser l’intimité des lieux. «J’ai choisi deux gris, du plus clair au plus foncé, en rappel des matériaux bruts que sont le béton et le bois. Ensuite, j’ai choisi quatre autres couleurs appliquées sur les panneaux de refends, tels que du rose poudré ou du vert anis. Ces couleurs sont un peu sourdes cependant pour garder le caractère brut», explique Sophie Balas. Le souci du détail caractérise donc le projet. Le mobilier a, par exemple, été étudié pour ne pas donner l’impression d’être un élément rapporté. Le parti a été pris de ne pas ajouter de plinthe pour donner tout son caractère aux murs, dont certains sont restés en béton brut.

 

Fiche technique

Maîtrise d’ouvrage: Ville de Blagnac qui a confié par la suite l’équipement à la société Les petits chaperons rouges sous forme de délégation de service public.

Maîtrise d’œuvre: Projet 31O (architecte mandataire) associé à D’une ville à l’autre… (urbanisme et paysage), 3J technologie (structure), Technisphère (fluides), Alquié (économiste), ABC Decibel (acoustique), Médiéco, Sophie Balas (plasticienne).

Entreprises: Malet (VRD), SLB (Gros œuvre), EMP (Etanchéité), Pistres (Menuiseries extérieures), Téani (Menuiseries intérieures), Sud Equipement (Electricité), GTVS (CVC), Lacaze (Sols), Pages (Plâtrerie), EST (Serrurerie), Sogapeint (peintures), Bichard (cuisine), Richin (Espaces Verts), Schindler (ascenseur).

Surface de plancher: 1 181 m2.

Coût (hors VRD): 2,4 millions d’euros HT.

Calendrier: études, de septembre 2O13 (concours) à février 2O14 (DCE); chantier, de juillet 2O14 à septembre 2O15.

 

Focus

Le collectif La Vigie

Créée en 2OO8 par Christophe Balas, Philippe Pettenati (Projet 31O) et Pierre Roca d’Huyteza (d’une ville à l’autre… ) la Vigie est aujourd’hui un groupement une vingtaine de professionnels (architecte, urbaniste, artiste, économiste, ingénieur, graphistes, etc.) qui partagent une même vision de la ville, de l’architecture et de la manière de concevoir leur rôle de maître d’œuvre.

Association libre de structure autonome, la Vigie est le creuset de collaborations à géométrie variable qui permet à chaque agence de poursuivre sa démarche tout en avançant ensemble à travers la mise en commun de très nombreux projets.

 

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