Chantiers

30 ans après, une enceinte de confinement « hors norme » pour la centrale nucléaire de Tchernobyl

Mots clés : Energie nucléaire - Entreprise du BTP - Structure métallique

Trente ans après la catastrophe nucléaire, un chantier « unique au monde » se déroule à Tchernobyl, en Ukraine. Vinci et Bouygues y construisent une nouvelle enceinte de confinement destinée à sécuriser le réacteur endommagé. Cette impressionnante structure métallique en forme d’arche devrait être livrée fin 2017.

26 avril 1986 – 26 avril 2016. La catastrophe de Tchernobyl « fête » aujourd’hui ses 30 ans. A 1h23 du matin en ce jour printanier de l’année 1986 en effet, le réacteur n°4 de la centrale soviétique explose, occasionnant l’une des pires crises nucléaires de l’histoire. Au lendemain du drame, un « sarcophage », réalisé à la hâte avec les matériaux disponibles sur place à l’époque (sables, graviers, plomb, bore, etc.), commence à être érigé par les « liquidateurs ». C’est cette structure faite de bric et de broc qui, depuis lors et jusqu’à récemment, servait de bouclier protecteur, chargé de confiner les radiations émanant toujours du cœur – encore fortement radioactif – du réacteur.

Problème : le désormais fameux « sarcophage de Tchernobyl », quasi-trentenaire aujourd’hui, menaçait de s’effondrer à tout moment. Ce scénario, s’il s’était produit, aurait engendré la dispersion, dans l’atmosphère et la nature, des matières et donc des éléments radioactifs encore présents dans la centrale. C’est pourquoi, a été décidée, en 2007, la construction d’une nouvelle enceinte de confinement pour sécuriser le site et en permettre le démantèlement ultérieur. Réalisé par la co-entreprise Novarka, composée de Vinci Construction Grands Projets et de Bouygues Travaux Publics, le chantier a démarré en 2009. Il a atteint une étape-clé en octobre dernier avec l’assemblage de l’arche.

 

Plus haute que la Statue de la Liberté

 

Composée de deux structures métalliques, pour un poids total de 25 000 tonnes, cette arche de confinement se révèle plus large que le Stade de France et plus haute que la Statue de la Liberté. Longue de 162 mètres et haute de 108 mètres (hauteur équivalente à un immeuble de 30 étages), elle affiche une portée de 257 mètres. Cette nouvelle enceinte a été conçue pour résister à des températures comprises entre -43°C et +45°C, ainsi qu’à une tornade de classe 3 (un événement susceptible de se produire tous les 1 000 000 d’années) et à un séisme d’une intensité de 6 sur l’échelle de Mercalli (tous les 10 000 ans). Selon Novarka, l’ouvrage a une durée de vie de « 100 ans ».

 

 

 

 

Erigée sur une zone de montage, spécialement aménagée pour le chantier, à 300 mètres à l’ouest de la centrale, l’arche sera entièrement ripée, à l’aide de vérins, sur deux longrines en béton, jusqu’à recouvrir complètement le réacteur endommagé. Avant cette opération, l’enceinte sera préalablement équipée de toute une panoplie d’équipements et de dispositifs : ventilation innovante pour lutter contre la corrosion, portes spéciales (coupe-feu, anti-tornades, étanches et blindées), pont-roulant, grues automatisées et outils divers pour démanteler le cœur du réacteur, etc. Le poids de l’enceinte sera alors de 36 000 tonnes – plus de quatre fois le poids de la Tour Eiffel.

Selon le planning officiel du chantier, l’arche de confinement du sarcophage de Tchernobyl sera mise en place fin 2016. Les tests de mise en route de l’installation sont, eux, programmés fin 2017.

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