Paysage

2017-2020 : les entreprises du paysage en ordre de bataille

Les 300 entrepreneurs rassemblés au 48ème congrès de l’Union nationale des entreprises du paysage (Unep), les 14 et 15 octobre à Beaune (Côte d’Or), ont exploré les raisons d’espérer dans l’avenir. Sans trop prendre ombrage de la désertion des têtes d’affiche politiques pressenties pour participer à leurs débats, ils ont réélu Catherine Muller à la présidence d’un conseil d’administration partiellement renouvelé.

Thème du 48ème congrès de l’Union nationale des entreprises du paysage, « être le chef d’entreprise de demain » fait écho à l’un des défis que souhaite relever Catherine Muller, la présidente réélue pour trois ans, le 15 octobre à Beaune avec 97,5 % des suffrages : stimuler les vocations de leaders de moins en moins jardiniers et de plus en plus managers, capables de fédérer les équipes et les compétences.

 

Cinq thèmes clés

 

Le 10 décembre prochain, dans la foulée de la proclamation des lauréats du cinquième concours national des Victoires du paysage, Catherine Muller détaillera son plan d’orientation stratégique 2017-2020, organisé autour de cinq mots clés : l’appropriation s’applique aux règles professionnelles en voie de finalisation ; la communication décline les valeurs ajoutées du savoir vert ; le développement concerne les marchés et les adhésions ; la formation vise à reconsolider les compétences de base du jardinier, et l’innovation se traduit par le lancement du second concours, après celui de 2014. La proclamation des lauréats interviendra au salon Paysalia de décembre 2017.

 

Trois nouvelles têtes

 

« Ces cinq mots clés forment le fil conducteur d’un plan d’action lisible et allégé, par comparaison avec nos précédents textes d’orientation stratégique qui s’apparentaient plutôt à des documents de travail », commente la présidente. Trois nouvelles têtes apparaissent dans l’exécutif de l’organisation professionnelle et reflètent une volonté de diversité géographique et technique : Gilles Espic, président régional en Rhône-Alpes-Auvergne, Barbara Dekeyser, entrepreneure francilienne spécialiste des questions phytosanitaires, et Jean-Marc Sipan, président de la commission Emploi formation. L’organisation s’apprête à combler la vacance du poste de délégué général, libéré depuis le 1er août par Pierre Emmanuel Bois : son successeur Jean-Philippe Teilhol prendra ses fonctions le 1er novembre.

 

Appel aux concepteurs

 

En écho à la disposition de la loi Biodiversité qui crée le titre de paysagiste concepteur, Catherine Muller annonce une initiative en direction des écoles d’ingénieur et de conception paysagère : avant la fin de cette année, un séminaire de l’enseignement supérieur balayera les besoins auxquels la filière doit répondre, afin d’élaborer une stratégie qui consolidera les perspectives d’emploi pour les jeunes diplômés.

Cette annonce reflète un congrès marqué par une volonté de prendre de la hauteur par rapport à un quotidien difficile : « Comme femme, j’ai assumé le risque associé au thème du chef d’entreprise de demain, face à un public masculin peu enclin à s’exprimer sur son ressenti. Je suis très contente de l’approbation générale suscitée par ce choix, de la part des grandes comme des petites entreprises », confie Catherine Muller.

 

Hauteur de vues

 

Philosophe, conseiller en entreprise et fils d’entrepreneur du bâtiment, Denis Cocquet fait partie des intervenants qui ont trouvé les mots justes : trame de sa conférence, le passage du mode bulldozer au mode chasse-neige suppose l’alliance du désir, de l’intelligence de la volonté. Mais attention : « Si tu mutes du désir au devoir, tu redeviens bull », prévient-il avant de conclure sur la nécessité d’une alliance. L’organisation professionnelle constitue une clé pour constituer cette force durable.

 

Espoirs martiens

Avec le prospectiviste Nicolas Bouzou, l’exploration des raisons d’espérer dans l’avenir a conduit les congressistes encore plus haut et plus loin : au-delà du cycle de destruction créatrice qui marque la fin de l’ère industrielle, les investissements colossaux annoncés par les géants américains des nouvelles technologies ouvrent la voie vers la conquête de Mars et de la Lune, mais aussi vers l’éradication de la maladie et du vieillissement. « Aimons ce nouveau monde qui nous mettra à 2 h des USA, dans une planète dépolluée, quand nous aurons 120 ans », exhorte l’économiste mobilisé  par l’Unep pour prouver les bénéfices générés par le développement de leur activité.

Pas forcément prêts à suivre aveuglément le joyeux prospectiviste dans ses promenades martiennes, les entrepreneurs n’en ont pas moins quitté Beaune avec l’espoir de figurer parmi les gagnants de l’après-crise.

 

Focus

Bourgogne Franche-Comté : un hôte idéal

« Nous attendions ce moment depuis 26 ans ». Président de la délégation régionale de l’Union nationale des entreprises du paysage en Bourgogne-Franche-Comté, Franck Furtin savoure un instant symbolique pour toute une génération d’entrepreneurs régionaux : l’organisation avait déjà choisi Beaune pour son congrès national en 1990.

Les 176 adhérents bourguignons et francs-comtois n’ont pas attendu la nouvelle organisation territoriale de la république pour se regrouper dans une délégation unique. La conjoncture de leur territoire reflète l’orientation nationale : la stagnation globale résulte de tendances contradictoires. « Plus 50 % en Bourgogne cette année, et moins 50 % en Franche-Comté, dans un marché marqué par le frémissement des particuliers et la chute de la commande publique », résume le président régional.

L’Unep de Bourgogne Franche-Comté signera le 8 novembre, avec les services de l’Etat, la 8ème convention régionale des entrepreneurs paysagistes contre le travail au noir. « Nous prônons la pédagogie plutôt que la délation : le travail illégal résulte souvent de mauvaises orientations données par les instances consulaires, les cabinets d’expertise comptable ou les avocats », précise Franck Furtin. Avec ses 19 membres dont de nombreux jeunes, la délégation régionale qu’il préside incarne le renouvellement et la proximité sur lesquels compte l’Unep pour renforcer sa représentativité, au cours du second mandat de Catherine Muller.

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