Culture

2015, année Le Corbusier

Mots clés : Architecte

Le 27 août 1965, Charles-Édouard Jeanneret dit Le Corbusier mourait à l’âge de 78 ans après qu’il se soit baigné, à Roquebrune-Cap-Martin (Alpes-Maritimes). Le 50e anniversaire de la disparition de l’architecte est donc l’occasion de nombreuses expositions et de publications. Alors que la grande rétrospective qui se tenait au Centre Pompidou, à Paris, a fermé ses portes le 3 août après avoir été vue par 267 489 visiteurs, Le Moniteur vous présente une sélection des autres événements qui rendent hommage au génie créateur. A moins qu’ils ne jettent un regard critique sur les choix de l’homme. Car en cette année de commémoration, la figure mythique de l’architecte le plus connu au monde aura été autant fêtée qu’écornée.

A visiter

– « Joseph Savina /Le Corbusier » , du 20 juin au 30 août à Piacé, dans la Sarthe. Cette année d’anniversaire est notamment l’occasion pour l’association Piacé le Radieux, Bézard – Le Corbusier de rappeler le travail que l’architecte mena avec le « brodeur sur bois » breton Joseph Savina qui tailla la plupart de ses œuvres sculptées. Plusieurs statues mais aussi des dessins de travail et des documents d’archives seront donc exposés à Piacé, ce village pour lequel Le Corbusier et Norbert Bézard avaient imaginé un projet de « ferme radieuse » dans les années 1930 (voir aussi ci-dessous).

– Anish Kapoor au couvent de la Tourette, à Eveux (Rhône). Du 10 septembre 2015 au 3 janvier 2016, la communauté des frères dominicains, installée dans l’édifice achevé par Le Corbusier en 1960, reste fidèle aux liens qu’elle entretient avec les artistes contemporains en accueillant le plasticien britannique d’origine indienne. Dans le cadre de l’édition 2015 de la Biennale d’art contemporain de Lyon, des œuvres d’Anish Kapoor dialogueront avec l’architecture du couvent.

– Le Cabanon, à Roquebrune-Cap-Martin (Alpes-Maritimes)Cette bâtisse en bois de 3,66 m de côté et 2,26 m de hauteur a été le lieu de villégiature de Le Corbusier entre 1952 et 1965. L’espace intérieur a été optimisé pour pouvoir travailler, se reposer, manger, se laver et ranger. L’architecte comparait cet habitat minimal à « un château sur la Côte d’Azur (…) extravagant de confort ». Le cabanon est ouvert aux visiteurs jusqu’au 31 octobre 2015. Réservations obligatoires sur le site www.capmoderne.com.

– La Villa Savoye, à Poissy (Yvelines). Icône de l’architecture moderne, la maison, construite en 1931, se fait tout au long de cette année l’ambassade de Le Corbusier : expositions, colloques, concerts sont programmés jusqu’en décembre. Surtout, le 19 septembre, à l’occasion des Journées européennes du patrimoine, la maison du jardinier, restaurée dans son état initial, sera pour la première fois ouverte à la visite. Une occasion de découvrir, dans cette loge de 35 m², l’une des premières expérimentations de l’architecte en matière d’unité d’habitation.

– « Chandigarh, 50 ans après Le Corbusier », à la Cité de l’architecture et du patrimoine, du 11 novembre 2015 au 14 mars 2016. Le musée parisien (XVIe) a choisi de faire un focus sur la construction de la nouvelle capitale du Penjab, en Inde, sur laquelle Le Corbusier travailla de 1951 jusqu’à sa mort. L’exposition permettra de découvrir ce qu’il est depuis advenu de la ville.

 

A lire

 

 

– « Le Corbusier, mesures de l’homme », catalogue de l’exposition au Centre Pompidou, sous la direction d’Olivier Cinqualbre et Frédéric Migayrou. Du 29 avril au 3 août, 267 489 personnes ont pu découvrir la rétrospective dédiée à Le Corbusier en cette année anniversaire et plus particulièrement consacrée à la place de l’humain dans l’œuvre de l’architecte. L’exposition maintenant fermée, il reste ce très beau catalogue.  256 pages, Editions Centre Pompidou. Prix : 42 €.

« Cher Corbu… Douze architectes écrivent à Le Corbusier » , ouvrage préfacé par Sylvie Andreu. Paul Chemetov, Odile Decq, Claude Parent, Bernard Tschumi ou encore Nicolas Michelin ont accepté de se prêter au jeu d’une correspondance fictive avec le plus célèbre de leurs aînés. 48 pages, parution novembre 2014 aux Editions Bernard Chauveau. Prix : 22,50 €.

– « La ferme radieuse et le centre coopératif », par Le Corbusier et Norbert Bézard. Ce texte inédit décrit le projet d’aménagement des campagnes que les deux hommes avaient imaginé dans les années 1930. 84 pages, parution mars 2015, publié par l’association Piacé le Radieux. Prix : 12 €.

– « Un Corbusier » , par François Chaslin. « Le Corbusier était-il fasciste ? » Le temps de la commémoration est aussi celui des questions, que l’architecte et critique François Chaslin n’esquive pas. Il souligne aussi les paradoxes puisque Le Corbusier fut aussi une figure de la Reconstruction. 544 pages, parution mars 2015 aux Editions du Seuil. Prix : 24 €.

– « Le Corbusier, un fascisme français » , par Xavier de Jarcy. Journaliste à Télérama, Xavier de Jarcy explore aussi la face sombre du maître qui dans les années 1920 et 1930 a rêvé d’ordre et s’est lié à des idéologues nationalistes. 288 pages, à paraître le 9 avril aux Editions Albin Michel. Prix : 19 €.

– « Le Corbusier, une froide vision du monde » , par Marc Perelman. L’auteur, architecte et essayiste, fait de même un rapprochement entre l’homme attiré par les régimes autoritaires et ses conceptions architecturales et urbaines rigides. 256 pages, à paraître le 9 avril aux Editions Michalon. Prix : 19 €.

– « Le Corbusier, la planète comme chantier » , par Jean-Louis Cohen, réédition. Grand connaisseur de Le Corbusier, l’historien de l’architecture et de l’urbanisme raconte, dans cette version réactualisée de son ouvrage de 2005, comment Le Corbusier, premier bâtisseur « aéroporté », a parcouru le monde et distillé ses principes depuis l’Amérique jusqu’en Inde. A paraître le 15 avril aux Editions Textuel. Prix : 35 €.

– « Ronchamp – Le Corbusier », photographies de Charles Bueb, textes de Claude Parent, David Liaudet et Jean-François Mathey. Journaliste et photographe alsacien, Charles Bueb a immortalisé le chantier de la chapelle construite à Ronchamp en 1955, un ensemble de clichés restés méconnus pendant des années. 80 pages, à paraître le 15 avril aux Editions Facteur humain, prix : 31 €.

– « Le Corbusier, construire la vie moderne », par Guillemette Morel-Journel. Regard synthétique sur le parcours de l’architecte, peintre et théoricien, le livre se fonde sur les dernières recherches menées. 208 pages, à paraître le 23 avril aux Editions du Patrimoine, collection « Carnets d’architectes ». Prix : 25 €.

 

Retrouvez la plupart de ces ouvrages sur le site de la librairie du Moniteur.

 

 

A célébrer

– A Firminy : Un stade, une unité d’habitation, une maison de la culture et une église… la commune de la Loire possède le plus vaste ensemble de constructions conçues par l’architecte, après la ville de Chandigarh, en Inde. Cette année de commémoration est donc l’occasion de plusieurs événements, recensés notamment sur la page web du Site Le Corbusier

– A Ronchamp : Cette année 2015 marque également le 60e anniversaire de l’achèvement de la chapelle Notre-Dame du Haut construite sur une colline de cette commune de la Haute-Saône. Un bon prétexte pour redécouvrir ce monument et assister à divers événements tel que festival « Musique aux 4 horizons » qui, jusqu’au 9 août, est l’occasion de plusieurs concerts dans la chapelle ou dans l’oratoire du monastère Sainte-Claire, qui a été construit sur le site par l’architecte Renzo Piano en 2012.

 

 

Et en 2016…

– Un débat. Plusieurs des ouvrages mentionnés plus haut, qui mettent en cause les opinions politiques de l’architecte, en particulier avant et pendant la période de Vichy, ont provoqué ces derniers mois une vive polémique. Le Centre Pompidou et la Fondation Le Corbusier ont donc réagi en annonçant la tenue, à l’automne 2016, d’un colloque « autour de Le Corbusier et de l’architecture française ». Pour les deux institutions, il s’agira de replacer le parcours de l’architecte dans son contexte historique pendant les années 1930 et la Seconde Guerre Mondiale. Pour le Centre Pompidou, il apparaît ainsi « nécessaire qu’un véritable travail scientifique soit mené afin d’apprécier au plus près une période de l’histoire de l’architecture et de l’urbanisme qui n’a jamais fait l’objet d’une analyse historique complète. » La Fondation Le Corbusier appelait, elle, dans un communiqué publié en mai dernier, « à une approche sereine et scientifique d’une période particulièrement complexe ».

Dans la perspective de cet événement, le Centre Pompidou et la Fondation Le Corbusier ont confié à Rémi Baudouï, professeur à l’Université de Genève, la direction scientifique du colloque. Rémi Baudouï a notamment été l’auteur en 1987 de l’article « L’attitude de Le Corbusier pendant la guerre », publié dans l’Encyclopédie accompagnant la rétrospective que le musée parisien avait déjà consacrée à l’architecte pour marquer alors le centenaire de sa naissance.

 – Une candidature. 2016 sera aussi peut-être, enfin, l’année où Le Corbusier sera consacré en tant qu’architecte universel. Après deux premiers échecs, le gouvernement français présentera en effet à nouveau le dossier « L’œuvre architecturale de Le Corbusier : une contribution exceptionnelle au Mouvement moderne » auprès de l’Unesco pour que celle-ci soit inscrite. La candidature portera cette fois sur 17 réalisations signées par l’architecte dans sept pays et sera présentée lors du Comité du patrimoine mondial.

 

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