Chantiers

11 kilomètres de lamelles en fibres de carbone en renfort à Ajaccio

Mots clés : Dallage - Produits et matériaux - Second oeuvre - Stationnement

Pour renforcer la dalle de couverture du parking souterrain du Diamant, dans le centre-ville d’Ajaccio, pas moins de 10.770 mètres linéaires de lamelles composites à base de fibres de carbone sont mis en œuvre sur une surface de 6 000 m². L’enjeu ? Permettre à la place que supporte la dalle d’accueillir à nouveaux des manifestations publiques.

Avec l’arrivée des beaux jours vient la saison des manifestations estivales. Depuis la mi-mai, et durant 8 semaines, un chantier, non pas spectaculaire, mais particulièrement innovant, se déroule au cœur de la ville d’Ajaccio (Corse-du-Sud). Pour renforcer la dalle de couverture en béton armé qui chapeaute le parking souterrain du Diamant – et ainsi que puisse avoir lieu l’organisation d’événements publics sur la place sus-jacente –, pas moins de 10 770 mètres linéaires d’armatures passives en fibres de carbone sont mis en œuvre. « Il s’agit de l’un des chantiers les plus importants aujourd’hui en France avec cette technologie », fait savoir Eric Houel, directeur du développement du génie civil pour l’industriel ParexGroup France. Coût de l’opération ? 250 000 euros environ.


« En plus d’améliorer la résistance mécanique de la structure porteuse, construite dans les années 1970, il s’agit de mettre en conformité l’ouvrage avec la réglementation en vigueur », indique Frédéric Firroloni, dirigeant de l’entreprise éponyme. Au total, plus de 6 000 m² de surface sont concernés – l’épaisseur de la dalle étant de 35 cm. Dénommé Lankostructure Carbo, le produit de l’industriel mis en œuvre à Ajaccio se présente sous la forme de lamelles infusées de 10 cm de large, pour une épaisseur de 1,2 mm. Découpées « à façon », selon différentes longueurs répondant aux besoins du chantier, ces dernières sont directement collées, en sous-face de la dalle et de certaines poutres-porteuses, à l’aide d’une colle époxy (50 Carbo Colle). « Grâce à cette intervention, la capacité portante de la structure passe de 500 kg par m² à 1 tonne par m². De plus, la légèreté des lamelles permet de ne pas surcharger la structure », précise Frédéric Firroloni.

 

Logiciel de dimensionnement

 

La variété des dimensions des lamelles constitue l’une des caractéristiques du chantier corse. Pour les mettre en place, ParexGroup France a mis à la disposition du bureau d’études structure un logiciel de dimensionnement permettant le calcul « rapide et efficace », selon Eric Houel, des longueurs et des positionnements des renforts. « Le bureau d’études a ainsi pu définir préalablement un plan de calepinage pour optimiser la pose des lamelles sur le chantier », avance le responsable. En outre, la nécessité de préserver la hauteur « sous tête » dans le parking (2 m) a plaidé en faveur de l’emploi des lamelles en fibres de carbone. « Le recours à ces dernières nous évite ainsi de mettre en place des poutrelles métalliques épaisses », indique Stéphane Panin, dirigeant de la société R3S France, spécialisée dans le traitement des pathologies structurelles.


Déterminant les performances des renforts, la préparation préalable de la dalle est une étape importante. « Il faut que la sous-face présente une bonne cohésion d’ensemble pour que la colle assure au mieux la transmission des efforts », précise Stéphane Panin. Pour ce faire, l’entreprise a développé un bras mécanisé sur-mesure facilitant les opérations manuelles de décapage et de ponçage du support. Les compagnons n’interviennent pas en hauteur : du sol, ils actionnent le bras sur lequel est fixé l’outil. Grâce à cette « astuce », le rythme de pose des lamelles atteint les 600 m par jour.

 

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  • - Le

    "particulièrement innovant" ??

    Le 1er procédé français de renforcement composite par fibres de carbone (le procédé FOREVA TFC) a été breveté par FREYSSINET dans les années 1990 (il y a près de 20 ans), et est sous Avis Technique du CSTB depuis 2001. Poser des renforcements carbone en 2017 n’est plus vraiment innovant. (et le site du CSTB ne mentionne pas d’Avis Technique pour le procédé Lankostructure carbo)
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  • - Le

    Durabilité?

    A-t-on un avis quant à la durabilité du procédé et a-t-on fait une étude en cout global?
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    • - Le
      Bonjour, interrogé à ce sujet, l’industriel a apporté en substance, la réponse suivante : « A la différence de l’acier, le carbone ne se corrode pas lui. De plus, la colle époxy est « protégée », entre les lamelles de fibres de carbone et la dalle-support. » Selon l’industriel toujours, « la durée de vie de la solution mise en œuvre est supérieure à celle de la structure elle-même. » L’industriel avance le chiffre de 250 000 euros pour le montant de l’opération.
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