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Salaires : les écarts se creusent entre grands groupes et PME
Emmanuelle N'Haux | 23/01/2012 | 14:43 | Emploi / Formation
Photo n° 1/18 - Ipsos/LeMoniteur / LE MONITEUR.FR
Cette année, les entreprises devraient lâcher du lest sur les augmentations. Mais entre grandes entreprises et PME, les écarts se creusent toujours plus en termes de rémunération globale.
L’année 2012 devrait apporter une bouffée d’oxygène en termes de rémunération. Mais on est encore loin du grand bol d’air des années 2006 et 2007 !
En 2012, si les prévisions restent prudentes, + 1,8 % d’après notre enquête, les grandes entreprises vont lâcher du lest.
Et ce, pour plusieurs raisons.
Tout d’abord, bien que les exercices ne soient pas encore totalement clos, les résultats 2011 devraient être bons. Dans le bâtiment notamment, le niveau du carnet de commandes est bon et dans certaines régions, comme en Ile-de-France, la chasse aux profils confirmés est repartie de plus belle.
Autre donnée, non négligeable cette année, le taux d’inflation qui grimpe à plus de 2%.
Sans compter qu’après deux années de tours de vis, les entreprises n’auront d’autres choix que de récompenser leurs talents faute de quoi elles risquent de les perdre.
Dans les grands bureaux d’ingénierie, le niveau d’augmentation devrait flirter avec les 3 %.
Les grands groupes de construction ciblent, quant à eux, des augmentations comprises entre 2,5 % et 3 %.
Bien sûr, ce dynamisme ne sera pas de mise dans l’ensemble des sociétés du secteur.
Dans les travaux publics, où l’activité reste atone pour bien des entreprises (hors grands projets), le robinet des augmentations risque fort de rester fermé.
Dans ce contexte, les entreprises laisseront, cette année encore, la part belle à l’individualisation.
Différentes populations cibles pourraient tirer leur épingle du jeu. A commencer par les salariés ayant trois ou quatre ans d’ancienneté dans l’entreprise.
La réduction des inégalités entre les hommes et les femmes sera également au menu cette année. La menace d’une pénalité de 1 % plane en effet sur les entreprises qui restaient inactives dans la réduction des écarts salariaux…
Focus sur les avantages sociaux
A côté des augmentations salariales, les employeurs développent des éléments périphériques au salaire. Principalement, les grands groupes.
Ainsi, comme le montre notre sondage, plus de 80 % des entreprises de 100 salariés et plus cumulent dispositif d’épargne salariale, versement de primes et avantages en nature.
Autant d’éléments qui gonflent la rémunération globale des cadres.
Une autre composante risque de prendre de l’importance : la protection sociale.
Le désengagement de l’Etat sur la santé comme sur la retraite va peser de plus en plus. Les entreprises qui proposeront des couvertures complémentaires à leurs salariés auront un temps d’avance sur les autres.
FOCUS
Enquête téléphonique, réalisée par Ipsos Loyalty, en novembre 2011, auprès de 531 responsables ressources humaines ou directeurs généraux d’entreprises du BTP et de l’ingénierie de 10 salariés et plus. Les résultats ont été redressés afin de constituer un échantillon représentatif du secteur du BTP. Cette enquête fournit des salaires moyens annuels bruts.