Actualité

NKM fait la chasse aux COV à Leroy Merlin

Eric Leysens | 06/01/2012 | 16:11 | Santé

Agrandir la photo © AFPTV
Nathalie Kosciusko-Morizet lors de sa visite au Leroy-Merlin de Massy le 6 janvier

Vendredi 6 janvier, la ministre de l’écologie a arpenté les rayons du Leroy Merlin de Massy (91) à la recherche des nouvelles étiquettes A+, indiquant que le produit de construction émet peu de composés organiques volatils (COV).

"Pour repeindre une chambre d'enfant, prenez des pots étiquetés A+. Pour votre grenier, un produit étiqueté C peut passer". Ce ne sont pas les propos d'un vendeur d'une enseigne de bricolage, mais ceux de Nathalie Kosciusko-Morizet, qui s'est rendue, dans la matinée du vendredi 6, dans le Leroy Merlin le plus proche de Longjumeau, où elle est maire. La ministre de l'écologie venait ainsi y faire la promotion du nouvel étiquetage relatif à la qualité de l'air, obligatoire sur les produits de construction mis sur le marché depuis le début de l'année.


Agrandir la photo © DR
Etiquette d' un produit classé A





En effet, depuis le 1er janvier 2012, tous les nouveaux produits de construction ou de revêtements employés à l'intérieur de locaux, et ceux utilisés pour leur incorporation ou  application, doivent afficher leur degré de pollution de l'air intérieur :  A+ pour les produits les plus sains, C pour les plus nocifs. D'ici septembre 2013, tous les produits vendus en France devront posséder une étiquette.

"Le produit A+ n'est pas plus cher que le produit étiqueté  C"

Arpentant les rayons en répétant "c'est pas plus cher que les C" aux quelques clients matinaux et devant les nombreuses caméras venues voir la ministre s'improviser chef de rayon, NKM a défendu les produits étiquetés A +. En bonne «commerciale», elle n'était pas en manque d'arguments. En ces temps de rigueur, elle a même invoqué le trou de la sécu pour défendre les produits dégageant peu de COV. "Le coût sur la santé de la pollution de l'air intérieur, représente entre 10 et 40 milliards d'euros, a lancé la ministre, les médicaments antiasthmatiques représentent à eux seuls 1 milliard".

Si le développement de produits peu émissifs est essentiel, il ne suffira pas, seul, à réduire le budget de la santé consacré aux pathologies rhino-laryngologiques. La pénétration des matériaux classés A+ dans le secteur de la construction ne doit pas faire oublier que l'amélioration de la qualité de l'air intérieur ne pourra se faire sans une vigilance accrue sur le fonctionnement des ventilations.

 

FOCUS

Comment l'étiquette est déterminée ?

Le fabricant doit mesurer le dégagement de 1O COV dont le toluène, l'éthylbenzène ou encore le formaldéhyde. C'est la substance dont la concentration d'exposition est la moins bonne qui détermine l'étiquette. Autrement dit, un produit dont toutes les concentrations sont correctes exceptée une, dépassant largement le seuil qui lui est attribué, sera étiqueté C.

 

FOCUS

Les industriels risquent-ils de tricher ?

L'industriel réalisant lui-même la mesure des concentrations d'exposition, affichera-t-il toujours le réel degré de nocivité du produit ? Il faudrait mieux éviter toute dérive, car l'amende prévue en cas de fraude, 1 500 euros par produit, soit 150 000 pour 100 pots de peinture, par exemple, combinée à l'attention que se portent les concurrents entre eux, pourraient coûter cher.

Eric Leysens | Source LE MONITEUR.FR