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Du soleil et du vent pour lutter contre le chômage
Eric Leysens | 19/01/2012 | 17:43 | Management
A la veille de l’élection présidentielle, le Syndicat des énergies renouvelables (SER) a demandé à un cabinet de prospective d’estimer le nombre d’emplois, si le parc photovoltaique était multiplié par 20, d’ici 2020, et le parc éolien par 5. Résultat : 100 000 emplois pourraient être créés.
Les perspectives de développement des énergies renouvelables envisagées par le SER, proches de celles fixées dans le cadre du Grenelle de l'Environnement, demandent un effort de financement public et donc une sollicitation plus importante des contribuables.
Les objectifs définis par le Syndicat devraient nécessiter 7 milliards d'euros chaque année. La majeure partie de la somme proviendrait d'une augmentation de la contribution au service public de l'électricité, payée par tous les consommateurs finaux, afin, entre autres, de financer l'obligation d'achat de l'électricité produite par les énergies renouvelables.
Mais le SER estime que son plan, qui diverge des objectifs du Grenelle uniquement sur le photovoltaïque, offre un excellent retour sur investissement. Il permettrait, selon lui, un gain financier en matière de balance commerciale et surtout génèrerait plusieurs dizaines de milliers d'emplois.
Photovoltaïque : 20 fois plus de panneaux pour 3 fois plus d'emplois
Concernant le photovoltaïque, le SER souhaite que soit inscrit dans la programmation pluriannuelle des investissements, qui sera établie après la présidentielle, un objectif pour 2020 qui se monterait à 20 000 MW (le Grenelle prévoit 5 400 MW), soit un parc 20 fois plus important que le parc implanté dans l'Hexagone fin 2010.
Pour atteindre ces 200 millions de m² de panneaux installés, le Bipe, cabinet spécialisé dans la prévision économique et la prospective appliquée, estime que le nombre d'emplois nécessaires, directs (par exemple, un manutentionnaire sur une ligne de production de panneaux photovoltaïques) et indirects (un sous-traitant s'occupant de la maintenance de la ligne), pourrait approcher, en 2020, les 60 000. Ce qui inverserait largement la tendance actuelle. Fin 2010, le secteur employait 25 000 personnes, fin 2011 18 000, soit 7 000 emplois détruits en 12 mois.
Eolien : pas d'emploi sans une suppression du millefeuille réglementaire
Le Bipe estime que les emplois générés par le développement de l'éolien frôlerait également le chiffre de 60 000.
Pour cela, le cabinet se base sur un scénario du Ser, convergeant avec l'objectif fixé par le Grenelle de l'Environnement, qui prévoit que plus de 1000 MW soient installés chaque année, soit environ 600 éoliennes. Nicolas Wolf estime que pour atteindre ce rythme, de nombreux freins doivent être levés.
Pour le président de France Energie Eolienne (branche éolienne du SER), il faut supprimer certaines procédures administratives redondantes, retirer la règle des cinq éoliennes minimum et réduire le nombre de recours abusifs sur les permis de construire. "Il y a 36% de recours sur les permis et 85% d' entre eux, après un an et demi de procédure, n'aboutissent pas", explique Nicolas Wolf.
Energies renouvelables ne rime pas forcément avec emplois durables
En imaginant que tous les blocages identifiés par le SER puissent être levés et tous les leviers prévus mis en œuvre, le développement du photovoltaïque, de l'éolienne et de la biomasse collective pour la production de chaleur permettrait de générer, en 2020, plus de 135 000 emplois. A titre de comparaison, ces trois filières en génèrent aujourd'hui moins de 50 000.
Ces 135 000 emplois liés aux énergies renouvelables pourraient en induire plus de 40 000 autres, fruits de l'augmentation de la consommation qui en découle. Néanmoins, une part importante pourrait disparaître, après 2020, au cas où les investissements dans les ENR ralentissent. Par exemple, un tiers seulement des 56 000 emplois liés au photovoltaïque en 2020 serait consacrés à l'exploitation et à la maintenance et peuvent donc être qualifiés de durables.
FOCUS
Pour établir le nombre d'emplois générés, le cabinet de prospective se base sur les investissements que représenteraient les objectifs fixés en MW par le SER. Puis, il sectorise ces investissements. Par exemple pour l'éolien, on trouve le fabricant de palmes, l'assembleur ou encore l'entreprise de terrassement. Bipe retire, sur chacun de ces investissements sectorisés, la part liée à l'importation et applique un coefficient de productivité qui permet d'établir un nombre d'équivalents temps plein. Bipe déduits ainsi le nombre d'emplois direct et indirect générés (ceux maintenus et ceux extérieurs à la filière sont également comptabilisés). Pour l'éolien, par exemple, le chauffeur de poids lourd qui transporte le mat est comptabilisé.