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Breeam, Leed et HQE à la conquête du monde
Eric Leysens | 05/01/2012 | 17:18 | Management
© Deloitte
Répartitions des certifications Breeam, Leed ou HQE.
Le britannique Breeam, l’américain Leed et notre HQE nationale partent à la conquête d’immeubles implantés aux quatre coins du monde. Le jeudi 5 janvier, une rencontre, organisée par Deloitte et Bureau Veritas autour du label anglais, a été l’occasion de faire un état des lieux des trois certifications et d’évaluer les forces en présence.
L'homogénéisation des certifications n'est pas pour demain. Les trois grands labels, l'américain Leed, le britannique Breeam et le français HQE s'affrontent désormais en dehors de leur territoire national. C'est à l'échelle mondiale que chacun tente de faire valoir les spécificités de sa marque.
Breeam, l'avant-gardisme britannique
Lancé en 1986, Breeam est le plus ancien. Parti le premier, il fait depuis le départ la course en tête. Avec 200 000 certifications, le britannique est loin devant les 10 000 labélisations Leed et les 700 HQE - un chiffre tout de même à relativiser car pour Breeam, dans le secteur de l'habitat, il y a autant de certifications que de logements et non pas d'immeubles comme c'est le cas pour HQE et Leed.
Recommandée par l'International Council of Shopping Centers, la certification Breeam a fait de la certification environnementale des centres commerciaux sa spécialité. A titre d'exemple, Unibail-Rodamco qui possède près de 80 centres commerciaux, dont plus de 50 d'entre eux reçoivent plus de 6 millions de visiteurs par an, certifient désormais tous ses nouveaux projets Breeam et, souhaite que, d'ici 2014, 50% de son portefeuille soit certifié par la marque britannique.
De passage à Paris, pour une rencontre organisée par Deloitte et Veritas, consacrée à la certification britannique, le Directeur de Breeam est venu présenter devant des développeurs de projets la nouvelle orientation stratégique de son label. Martin Townsend ambitionne en effet de fédérer, autour de sa marque, un panel de plus de 1000 experts de la construction durable, à même de réfléchir aux évolutions de la certification. Ce groupe international devrait également permettre de renforcer l'homogénéité des certifications délivrées par la marque anglaise à travers le monde. Autrement dit, permettre de comparer, avec une même grille d'analyse, un immeuble polonais à un saoudien.
Si la stratégie du label anglais évolue, c'est que la concurrence sur le marché de la certification est de plus en plus rude. Il n'est pas certain que Breeam conserve encore longtemps la première place du podium. Avec le développement exponentiel de l'immobilier tertiaire sur les nouveaux marchés, comme la Chine, le label américain Leed pourrait prochainement lui ravir le titre du plus grand détenteur de certifications.
© Deloitte
Pour les immeubles de bureaux, évolution du nombre de certifications cumulées par chacun des 3 labels. Le premier pourcentage représente la part réalisée dans le pays d'origine du label.
Leed, le dynamisme américain
Pour Diego Harari, responsable opérationnel au service Green Building de Bureau Veritas, « Leed est une véritable entreprise avec une importante force de frappe commerciale ». En Chine, pays devenu le principal marché pour les certificateurs derrière le Brésil, Breeam est quasiment inconnu. Par contre, pour Leed, les certifications réalisées au sein de l'empire du Milieu pourraient, en 2014, être plus nombreuses que celles menées en Amérique du Nord, berceau de la marque. La renommée du label américain, qui ne cesse de croître à l'étranger, lui donne un important avantage concurrentiel dans un marché du tertiaire mondialisé, où les acteurs souhaitent faire de leur certification un outil de communication capable de toucher une entreprise norvégienne tout autant qu'une australienne.
Diego Harari souligne que la diffusion de la marque Leed à travers le monde se fait alors que ses exigences techniques n'ont pas encore été traduites. Aujourd'hui par exemple, la certification américaine demande de mesurer les surfaces en pieds² et d'estimer les consommations énergétiques en gallons de pétrole et, principal obstacle aux yeux de l' ingénieur de Bureau Veritas, oblige à réaliser les calculs thermique selon la norme américaine Ashrae. Quand Leed proposera d'utiliser les unités de mesures, et surtout les outils, des territoires où elle s'implante, il ne pourra être que plus attractive.
Tout comme Breeam, le label américain présente également l'avantage d'offrir de nombreux outils d'aide et propose notamment des moyens d'atteindre les niveaux requis par la certification. Le label HQE se contente de fixer des objectifs.
HQE, l'académisme français
Autre diffèrence, là où Breeam ne demande qu'une étude de faisabilité et deux rapports réalisés par des personnes qualifiées à l'intérieur de l'équipe de maîtrise d'œuvre, la certification HQE exige une triple vérification par un auditeur extérieur. De ce fait, la certification française est, aux yeux de Diego Harari la plus rigoureuse. Mais cette rigueur a un coût et, semble faire du label « made in France » le plus cher à obtenir.
© Greenaffair
Comparaison des tarifs de certification HQE et Breeam pour un immeuble de bureaux de 20 000 m², réalisée par le cabinet de conseil Greenaffair
© Bureau Veritas
Estimation des frais de certification pour un immeuble de bureaux de 20.000 m², réalisée par le Bureau Veritas
A l'issue de la rencontre autour du label anglais, un des participants, dirigeant d'une entreprise développant des projets tertiaires, se plaisait à comparer le HQE au Rafale : "Un très bon avion, incapable d'être compétitif à l'étranger". En effet, il n'est pas certain que l'académisme de la certification française, vu comme un gage de qualité dans l'hexagone, soit un atout pour sa diffusion à l'international.
La HQE pourra-telle affronter le pragmatisme des certifications anglo-saxonnes ? Lancée il y a seulement quelques semaines, il faut laisser le temps à la certification HQE internationale de se faire valoir en dehors de son territoire.
© Bureau Veritas
Estimation des frais de certification pour un immeuble de bureaux de 20.000 m², réalisée par le Bureau Veritas
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Comparaison des tarifs de certification HQE et Breeam pour un immeuble de bureaux de 20 000 m², réalisée par le cabinet de conseil Greenaffair
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Pour les immeubles de bureaux, évolution du nombre de certifications cumulées par chacun des 3 labels. Le premier pourcentage représente la part réalisée dans le pays d'origine du label.
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