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Prospectives sur la consommation énergétique du parc de logements français

E.L | 07/01/2011 | 19:12 | Management

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Part des murs extérieurs où une ITE est possible selon les typologies architecturales des maisons individuelles

Le « Club d’Ingénierie Prospective Énergie et Environnement » vient de publier une étude projetant 4 scénarii de réhabilitation de l’ensemble du parc de logements jusqu’à 2050. Elle met en lumière les hypothèses nécessaires pour atteindre, d’ici 2020, l’objectif de réduction de 38% de la consommation énergétique du parc de logement, fixé dans le grenelle.

Animée par l'Institut du développement durable et des relations internationales, le « Club d'Ingénierie Prospective Énergie et Environnement », regroupant des partenaires institutionnels, des établissements de recherche, des centres techniques et des entreprises industrielles a pour objectif de fournir aux décideurs des images concrètes de scénarii prospectifs. Dans sa dernière étude, présentée à Science-Po Paris, jeudi 6,  il s'intéresse à l'évolution de la consommation énergétique des résidences principales françaises.

En 2050, la France comptera 70 000 000 d' habitants et la taille des ménages passera de 2,4 à 2. Ainsi, les auteurs de l'étude considèrent que le parc de logements qui sera nécessaire dans 40 ans est déjà construit à 70%. Un parc dont le chauffage de l'air et de l'eau représente 80% de sa consommation. En quatre décennies, ils projettent sur ce parc une réhabilitation et deux renouvellements des équipements de chauffage. Pour les prospecteurs, la réhabilitation, ou réduction de la demande énergétique, consiste en une isolation thermique par l'extérieur dans tous les cas de figure où elle n'est pas impossible, le remplacement des menuiseries par des plus performantes et la mise en place systématique de ventilations mécaniques contrôlées. La somme des trois actions, estimée entre 15 000 et 25 000 euros par logement, permet ainsi une réduction de 60% des besoins de chauffage en énergie utile.
Concernant l'efficacité des équipements, plus performants, et la substitution des sources d'énergies, moins carbonées, l'étude envisage quatre scénarii. Le bois est favorisé, soit en premier choix d'énergie - les compléments étant alors apportés en deux variantes, selon l'énergie (gaz ou l'électricité) qui occupe le rang deux, puis le cas échéant le rang trois -, soit en deuxième choix, après le gaz ou l'électricité. Les combinaisons forment ainsi quatre scénarios pour le choix de l'énergie de chauffage: BOIS/GAZ/ÉLEC, BOIS/ÉLEC/GAZ, GAZ/BOIS/ÉLEC et ÉLEC/BOIS/GAZ. Pour l'électricité, la préférence est donnée à la solution PAC, qui est toujours applicable à terme en neuf ou en rénovation sauf quand l'appareil indépendant de chauffage (AIC) est maintenu, éventuellement reconverti, l'effet Joule assurant le complément du bois si nécessaire dans ce cas. Les trois énergies considérées (bois, gaz naturel et électricité) sont successivement généralisées dans leur champ d'application, selon des règles d'affectation dépendant de la localisation (rural/urbain), de la présence ou non de réseau de chaleur et de la desserte en gaz.
Pour les bâtiments neufs, les auteurs de l'étude partent du postulat que les futures réglementations thermiques seront bien appliquées et qu'alors les logements neufs seront tous BBC à partir de 2012 et à énergie positive à partir de 2020.

Le texte de loi dit Grenelle 1 précise que « l'Etat se fixe comme objectif de réduire les consommations d'énergie du parc des bâtiments existants d'au moins 38 % d'ici à 2020. A cette fin, l'Etat se fixe comme objectif la rénovation complète de 400 000 logements chaque année à compter de 2013.» Si l'objectif de 38% est appliquer aux consommations en énergie primaire pour le chauffage et l'eau chaude sanitaire et en supposant un rythme linéaire de réhabilitation permettant d'avoir rénové l'ensemble du parc de logements d'ici 2050, soit près de 600 000 logements chaque année, les quatre scénarii permettent d'atteindre l'objectif fixé par le Grenelle.

Un aspect comportemental impossible à prendre en compte

Mais ces prévisions, en plus de supposer une réhabilitation constante et des bâtiments neufs respectant la réglementation thermique, sont faites à comportement dit constant. Par exemple, la température de chauffage prise en compte est celle fixée dans le Code de la construction et de l'habitation soit 19°C, autrement dit une température que l'on rencontre rarement au sein d'une habitation. Jérome Gatier, directeur du plan bâtiment Grenelle, présent lors de la présentation de l'étude reconnaît que, chez lui, « le 19°C est un combat familial quotidien »
Pour Olivier Sidler, directeur du bureau d'étude Enertech, sans obligation, même si les moyens techniques sont là, la réhabilitation des logements ne sera qu'une discussion interminable ». Pour cette figure de l'efficacité énergétique, les acteurs du tertiaire, conscients de la « valeur verte » des bâtiments, engageront des travaux d'eux-mêmes mais, sans une réglementation contraignante, le parc de logements ne réduira pas sa consommation. Il a également rappelé qu'il constate sur les projets de réhabilitation au niveau BBC sur lesquels il travaille que le coût moyen des travaux de rénovation ne dépasse pas les 200 euros HT /m² de surface habitable.
Pour Roland Fauconnier, ingénieur à la Direction des Affaires Techniques de la FFB, les freins se situent du côté de la mise à jour des DTU, qui permettra de rassurer les assurances et du manque d'innovations des entreprises françaises dans le domaine de la construction durable.

Pour lire l'étude, cliquez-ici

 

 

 

 

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