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Grenelle : l’article relatif à la consommation énergétique des bâtiments est de nouveau menacé

Eric Leysens | 26/01/2009 | 19:03 | Management

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Le Sénat examine, à partir du mardi 27 janvier, la loi Grenelle 1, adoptée cet automne par l’Assemblée nationale. Le nombre d’amendements déposés atteignait samedi soir plus de 700, contre 200 à peine la veille. Deux d’entre eux, portant sur l’article 4 relatif aux consommations énergétiques des bâtiments, menacent grandement les objectifs fixés. Chronique d’un article sous tension.

Printemps 2008 : les conclusions des COMOP en charge des questions liées aux consommations énergétiques des bâtiments lors du Grenelle de l'environnement sont retranscrites dans le projet de loi d'orientation et de programmation dit Grenelle 1.

L'article 4 du projet de loi propose alors de fixer à 50 kilowattheures d'énergie primaire par an et par mètre carré (kWhep/m²/an), modulable en fonction de la localisation, des caractéristiques et de l'usage des bâtiments, le seuil maximum de consommation pour tous les usages (chauffage, refroidissement, production d'eau chaude sanitaire, éclairage et ventilation) de toutes les constructions neuves faisant l'objet d'une demande de permis de construire déposée à compter de la fin 2012.

Evite l'"assassinat"au Parlement

Automne 2008 : le projet de loi passe à l'Assemblée nationale. L'article 4 est alors modifié par un amendement, dit Ollier, âprement négocié, mais qui finalement autorise déjà une modulation du seuil « pour les énergies qui présentent un bilan avantageux en terme d'émissions de gaz à effet de serre». Du côté des participants aux COMOP et des ONG, on souffle. Le député Patrick Ollier proposait initialement de passer à une consommation maximum de 50kWh, comptabilisée en énergie finale et non en énergie primaire. Pour les observateurs attentifs comme Thierry Salomon, président de l'association Négawatt, "l'assassinat" avait été évité. Prudent, il nous confiait qu'il continuerait à être vigilant, conscient que "le diable peut toujours se loger dans les détails".

De nouveau menacé au Sénat

L'amendement 157 - mis en ligne sur le site du Sénat - du sénateur UMP des Yvelines, Dominique Braye, tente à nouveau de revoir les objectifs à la baisse. En proposant d'insérer les mots "pour le chauffage" après les mots : d'énergie primaire, dans la première phrase du troisième alinéa (a) de l'article 4, il s'agit, sous des allures de détails lexicaux, d'une remise en cause profonde du consensus issu des discussions du Grenelle, qui est à l'œuvre.

Le sénateur explique qu' "en l'état actuel des techniques disponibles et compte tenu des progrès envisageables d'ici deux ou trois ans, il est difficilement envisageable que les logements chauffés à l'électricité et produisant leur eau chaude à l'aide d'un ballon soient en mesure de respecter cette norme" et propose explicitement, "pour ne pas condamner la filière électrique qui équipe près des trois quarts des logements neufs (...) de n'appliquer le seuil de 50 kWh (comptabilisé en énergie primaire par mètre carré et par an) qu'aux seules consommations de chauffage".
Seraient donc exclues les consommations d'électricité pour la lumière, la production d'eau chaude, le refroidissement et la ventilation, ce qui pourrait facilement doubler le seuil des consommations prévu initialement. Autrement dit, on ne pourrait plus parler de « bâtiments basses consommations » .

Marc Jedlizcka, expert de l'association Négawatt et membre du Réseau Action Climat (RAC), rappelle que "La commission des affaires économiques du Sénat - dont M. Braye est le secrétaire, ndlr - avait assuré qu'elle ne toucherait plus à cet article 4, ainsi que le ministère du développement durable". Autant dire que ce nouveau coup porté à ce fameux article 4 a un goût amer.

Le nerf de la guerre

Derrière cette nouvelle attaque se cache une filière électrique handicapée dans le cadre de la réglementation thermique à venir. Le rapport élevé entre l'énergie primaire et l'énergie finale de la filière, dans la mesure où la consommation d'un logement est calculée à partir de l'énergie finale ramenée en énergie primaire, pénalise les sources de production d'énergies électriques. Pour Dominique Braye, le calcul de ces consommations fait l'objet, pour l'électricité, d'un coefficient de transformation de l'énergie finale en énergie primaire de 2,58, et Marc Jedlizcka parle lui aussi d'un rendement particulièrement faible - de 30 % environ - entre l'énergie primaire utilisée et l'énergie finale.
Cependant, l'expert de Négawatt souligne à juste titre qu' "un bâtiment basse consommation, c'est d'abord une enveloppe la plus étanche possible, indépendamment de la source d'énergie utilisée". Pour lui, "si cet amendement passe, on arrête de parler du Grenelle pour le bâtiment. C'est une arnaque, on aura trimballé les gens".

"Un amendement de repli"

Mais Dominique Braye a une autre flèche a son arc. Au cas où l'amendement 157, visant à ne comptabiliser que le chauffage dans le seuil des 50 kWhep/m2/an, ne passe pas, il a déposé un autre amendement sur l'article 4- le 158 - qu'il qualifie lui-même "de repli". Dans cet amendement, il s'attaque à la comptabilisation en énergie primaire, tout comme l'avait tenté avant lui Patrick Ollier, lors du passage du projet de loi au Parlement. Concrètement, il propose de comptabiliser les consommations de chauffage en énergie primaire et de comptabiliser les autres consommations (eau chaude sanitaire, éclairage/ventilation) en énergie finale, toujours, dit-il, dans l'objectif de parvenir à un traitement équitable des différentes filières énergétiques.
En tout cas, l'objectif qui risque d'être atteint, si l'un des deux amendements est adopté, c'est sans doute, aux yeux des participants, de porter un coup au processus du Grenelle de l'environnement et de faire des déçus.

Eric Leysens | Source LE MONITEUR.FR

 
  • Jacques GASSER |

    Lobby de l'électricité

    EDF est le premier opérateur qui exploite depuis longtemps les réseaux électriques de tension inferieure ou égale à 20kV appartenant aux collectivités et financés par eux. Le lobbying résultant des bénéfices et de leurs redistributions à droite et à gauche et en passant par d’autres organismes, laisserait des orphelins sur le bord de la route en cas de restriction sévère de la vente électrique.
  • Pascal Lenormand |

    Consternant

    Un bel exemple de combat d’arrière garde… Pire que du laisser-faire et de la méconnaissance, c’est là un véritable travail de sape du processus déjà difficile du Grenelle. Des gens comme Ollier et Braye préparent, avec leurs amendements affligeants, la précarité énergétique généralisée au nom de la défense de l’absurdité française de gestion de l’électricité. C’est à pleurer de voir autant d’irresponsabilité devant la société actuelle et la future, à laquelle ces gens préparent soigneusement un bien triste avenir…
  • Pascal CHAZAL |

    Ce n'est qu'une question de coût

    Tout le monde est d’accord pour dire que le rendement de l’electricité est mauvais, cependant comme il est dit dans le texte, l’envelloppe du batiment doit atteindre un très haut niveau de performance d’étanchéité de d’isolation, la part pour le chauffage est non significative, il est donc dommage d’investir beaucoup d’argent dans le système de chauffage, le système électrique en terme de coût d’installation est de loin le plus éfficace, pourquoi ne pas prendre an compte pour complèter avec un apport simple comme un poêle à granulé, lequel sera de très petite taille, avec une conso très faible, l’elec devient un appoint!!!!!! pour l’eau chaude, solaire ou thermo dynamique sur l’air extrait! on reste alors sur une base de 50kw sans calculs complexes!
  • Jacques GASSER |

    Lobby électrique

    Le pourvoyeur EDF est le premier opérateur qui exploite depuis longtemps les réseaux électriques inferieurs et égaux à 20kV appartenant aux collectivités et financés par eux. Le lobbying résultant des bénéfices et de leurs redistributions à droite et à gauche et en passant par les syndicats, laisserait des orphelins en cas de restriction sévère de la vente électrique.Ces mêmes opérateurs mettent aujourd’hui la main sur les énergies renouvelables et plombent les prix.
  • Jérome RIPAYRE |

    suite 4/4

    POur cette raison il serait temps que l’Etat investisse dans des solutions d’avenir est orientant convenablement la construction grâce à des lois qui permettent aux technologies propres et économes de connaitre un véritable essor. Le soleil même à Lille permet de chauffer une maison et de faire la quasi totalité de l’eau chaude : la technologie existe (capteur sous-vide) seulement on ne se donne pas les moyens de développer ces filières. Etant donné qu’on approche du pic de pétrole (certains pensent qu’on la dépassé) il n’est plus temps de reculer et si on ne prend pas les bonnes mesures maintenant, le choc d’ici 2 ou 3 ans sera encore plus rude car l’accalmie sur le prix du baril ne va pas durer et comme les différents prix du Kwh (nucléaire, thermique, centrale à gaz) ont tendance à converger on peut se demander qui pourra encore payer une facture mensuelle de 300 € pour sa consommation électrique
  • Jérome RIPAYRE |

    suite 3/4

    C’est pourtant reculer pour mieux sauter car c’est bien une crise de l’énergie qui est à l’origine de la crise économique (et les pays comme les Etats-unis a qui il faut une quantité d’énergie considérable pour produire un dollar de PIB sont les premiers touchés par la crise) même si on nous fait croire que ça vient uniquement des banques. Donc quand les gens auront leur maison toute électrique avec une consommation de 100 kWh/m²/an avec un prix de l’énergie qui aura plus que triplé, de toute façon il n’auront pas les moyens de se chauffer ni de faire marcher leur écran plat (ou alors il faudra qu’ils se privent de manger ; au choix)
  • Jérome RIPAYRE |

    suite 2/4

    La vérité c’est d’EDF va avoir grandement besoin d’argent pour renouveller son parc de centrales (ne parle t-on pas déjà d’un 3ème EPR) et que les maisons chauffées à l’électricité sont une manne assurée. D’autre part une résistance pour chauffer c’est vraiment la technologie de base la moins chère et comme le bâtiment risque de plonger (nombre et montant des crédits alloués en baisse) on ne veut pas lui imposer des conditions trop drastiques.
  • Jérome RIPAYRE |

    Pourquoi l'Etat ne peut pas se passer de la manne d'EDF 1/4

    L’âge moyen des centrales nucléaires française est proche de la durée de vie de ces centrales : il va donc falloir les remplacer. Et ça coute très cher. En discutant avec une personne d’EDF au dernier SIREME, lorsque je lui ai dit : si EDF est près à racheter l’électricité photovoltaique 0,57 € alors qu’il l’a vend 0,11 € c’est peut-être que le coût réel de production d’électricité si on doit tenir compte du renouvellement des centrales n’est pas si loin des 0,57 € sinon quel intérêt pour EDF de perdre sa situation de quasi monopole de production en dispersant la production d’électricité par des particuliers ou d’autres parcs photovoltaïques privés. La personne d’EDF n’a pas eu l’air de trouver de ce raisonnement totalement idiot…
  • CHARLES COHEN |

    BBC 2005?

    Le grenelle de l’environnement et les mesures qui en découlent auraient permis à la France de ratrapper un retard considérable sur ses partenaires européens, notamment l’allemagne et les pays du nord. Il existe une disposition fiscale incitative à l’acquisition de logement BBC 2005 mais il n’y a aucune offre de logements de ce type chez les promoteurs! Il est nécessaire que cette dynamique de produire des batiments éco-responsable se poursuive, à l’aide d’une règlementation plus contraignante et d’aides financières significatives.
  • CHARLES COHEN |

    AU DIABLE LES DINOSAURES!

    Le grenelle de l’environnement et les mesures qui en découlent auraient permis à la France de ratrapper un retard considérable sur ses partenaires européens, notamment l’allemagne et les pays du nord. Il existe une disposition fiscale incitative à l’acquisition de logement BBC 2005 mais il n’y a aucune offre de logements de ce type chez les promoteurs! Il est nécessaire que cette dynamique de produire des batiments éco-responsable se poursuive à l’aide d’une règlementation plus contraignante et d’aides financières significatives.
  • Xavier Cholin |

    Exception française

    j’aime bien l’explication "en l’état actuel des techniques disponibles et compte tenu des progrès envisageables d’ici deux ou trois ans, il est difficilement envisageable que les logements chauffés à l’électricité et produisant leur eau chaude à l’aide d’un ballon soient en mesure de respecter cette norme"… quand on sait qu’il n’y a qu’en france qu’on fait du chauffage ou de l’eau chaude à l’électricité !!! Donc toutes les techniques sont disponibles pour s’en passer tout de suite. on pourrait passer un décret demain interdisant purement et simplement le chauffage élec, il n’y aurait aucun problème technique. Arrêtons l’hypocrisie !
  • PAPY PA31415926 |

    IL A 30 ANS CE DEBAT !

    ON MELANGE ENCORE TOUT: EDF DOIT IL POURSUIVRE SON EXPANSION EN FAISANT CROITRE LA CONSOMMATION INTERIEURE OU DOIT IL EXPORTER – CE N’EST PAS UN PB DE GRENELLE. NOS BATIMENTS DOIVENT ILS SUBIR LA PRESSION ISOVER POUR CONSOMMER MOINS OU ONT ILS D’AUTRES SOLUTIONS (NON EXCLUSIVES ET COMPLEMENTAIRES). OR JAMAIS LE CHAUFFAGE CENTRAL N’EST JAMAIS REMIS EN CAUSE Les solutions mixtes, petit CC eau chaude et appoints élec ou mazout (spatialement et chronologiquement ponctuelles) sont évidemment les plus économes et si faciles à exploiter. Il suffit ensuite de valoriser en énergie primaire modulé selon l’energie finale (ça occupera Bruxelles de calculer les ratios). En ceci les solutions "toutes prêtes" sont une arnaque (et "pan pour RT 2005") . Un "mec" avec un procédé ringard qui met sa maison à 14°C et se réchauffe avec môman sous la couette consomme moins qu’avec un procédé moderne, même régulé, chacun devant sa télé (et en plus il bosse pour la démographie …).
  • Pauline Pascal |

    quelle déception pour les verts, les écologistes et nicolas sarkozy

    1°) il est vrai que le chauffage électrique serait amené à disparaitre sachant que le rendement entre fusion nucléaire et chauffage électrique est compris entre 20 et 30% par comparaison des 90% de rendement pour le gaz. la source uranium n’est pas inépuisable et est tres dangereuse meme soit disant maitrisée.

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