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La sortie du nucléaire passe par la rénovation d’un million de logements par an

Eric Leysens | 07/10/2011 | 17:23 | Management

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Evolution comparée des consommations énergétiques finales par grand secteur d’activité, entre le scénario négaWatt et le scénario tendanciel (en TWh)

1 commentaire

Dans le dernier scénario établi par l’association Négawatt, rendu public fin septembre, l’abandon du nucléaire passe inévitablement par une obligation de rénovation massive et lourde du parc des logements et des bâtiments tertiaires.

Pour se passer du nucléaire en 2050, l'association Négawatt n'envisage pas simplement une multiplication par 20 de la puissance du parc éolien installé ou par plus de 30 l'utilisation du Biogaz. Pour imaginer d'ici quatre décennies, un mix énergétique français sans uranium, et ce alors que la population française devrait avoir augmenté de 7 millions, Négawatt envisage un scénario "réaliste" se basant sur une réduction de plus de 60 % de la consommation énergétique finale des bâtiments résidentiels et tertiaires.

Pour y arriver, l'association remarque qu'il est indispensable que  la surface moyenne des nouveaux logements se stabilise, que  l'habitat en petit collectif se développe, et que dans le tertiaire  la croissance des surfaces se ralentisse sensiblement.

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Scénario Négawatt

 

Aussi, contrairement à l'Insee qui prévoit qu'en 2050  le nombre moyen d'occupants par logement diminue, - passant de 2,2 à 2,01 personnes/logement -  Négawatt envisage que l'évolution des pratiques (cohabitation chez les célibataires, cohabitation étudiant-retraité...) fasse monter le nombre à 2,25 personnes par logement. La différence entre les deux scénarii représente un écart de 3 millions de logements.

Rénover de la même façon l'équivalent d' un million de logements par an

Mais la clé du scénario est la mise en place d'une obligation de rénovation, permettant d'atteindre un rythme de plus d'un million de logements annuels à partir de 2022. A titre de comapraison, le ministère de l' écologie se fixe un objectif annuel de 400 000 logements rénovés.

Techniquement, les maisons individuelles se verraient appliquer une solution technique de référence (STR), directement inspirée de la solution technique universelle établie par Olivier Sidler, directeur du bureau d'études Enertech. Elle consiste à réaliser systématiquement  5 actions :

-        Ajouter aux murs, et au plancher bas (sur garage ou sur extérieur) une résistance thermique de 4,3 m²K/W,

-        Ajouter en combles ou en toiture une résistance thermique de 7,5 m²K/W,

-        Remplacer les menuiseries par des menuiseries en bois non renforcées munies de triple vitrage peu émissif avec argon (Uw <= 1,1 W/m²°C),

-        Mettre en oeuvre une ventilation double flux avec récupérateur de chaleur d'une efficacité minimale de 70 %,

-        Utiliser pour la production de chaleur soit une chaudière gaz à condensation, soit une chaudière fioul à haut rendement, soit une pompe à chaleur

Selon Thierry Salomon,  président de l'association Négawatt, l'application d'une solution unique sur l'ensemble des maisons individuelles présente l'avantage de faciliter la formation et permet d'obtenir des résultats cohérents.  Par contre, dans le collectif, « il s'agit de faire de la haute couture et non pas du prêt-à-porter » précise Thierry Salomon.

Un nouveau métier : facilitateur de travaux

Pour le directeur de NégaWatt, il faut également aider le particulier à s'y retrouver.  Cela passe, selon lui, par l'émergence d'un nouveau métier : maitre d'œuvre de la rénovation (entendez : facilitateur de travaux). Ce dernier aiderait notamment le particulier à trouver des artisans compétents et à comprendre les dispositifs financiers existants auxquels il peut avoir droit.

Pas de problème d'argent

Tiré des retours d'expérience des projets menés et observés par le bureau d'études Enertech, le coût de l'application de la STR pourrait se situer autour de 200 euros HT/m².

Si Thierry Salomon reconnaît que l'obligation de rénovation nécessitera une intervention financière de l'Etat pour être impulsée, et la mise en place d'une ingénierie financière avec les banques pour atteindre un rythme de croisière soutenu,  il considère que les économies générées sur les charges et la plus-value immobilière  devraient permettre au propriétaire de récupérer, sans difficulté, l'argent investi dans les travaux. Précisant que "en Suisse, on constate que les bâtiments labélisés Minergie sont vendus pour un prix de 5 à 15% plus élevé", le président de Négawatt juge judicieux de  faire correspondre l'obligation de rénover avec la vente du bien.

Bref, pour Thierry Salomon, les freins ne sont pas techniques ou économiques mais politiques. Observant qu' "un accident peut donner lieu à une obligation de rénover l'ensemble des ascenseurs" le président de Négawatt ne voit pas pourquoi la rénovation des logements ne pourrait pas devenir obligatoire.

Thierry Salomon invite les présidentiables à se positionner sur son scénario et espère que 2012 puisse être le départ de la route qui mène à la sortie du nucléaire...

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Répartition des énergies de chauffage

Eric Leysens | Source LE MONITEUR.FR

 
  • M Claude Lignon  |

    Mauvais rêve

    On croit rêver ! Sous prétexte d’en finir avec le nucléaire, les idées les plus folles sont doctement présentées, avec Bureau d’Etude, grand sérieux et qui plus est, sans bourse déliée (la martingale anti-nucléaire en quelque sorte). Faut-il se féliciter ou s’alarmer de ce genre de communication ? Je pencherais plutôt pour la seconde. En effet, vouloir aller à contre courant des aspirations de la population décrite par les prévisions de l’INSEE (diminution du nombre moyen d’occupants par logement) par l’obligation de faire cohabiter les 9 millions de français vivant seuls, est non seulement idéaliste, utopique, mais aussi inconséquent et pour tout dire totalitaire. Puis-je suggérer à Thierry Salomon de créer des « centres de cohabitation » (ou camps) où l’ont pourrait concentrer tous ces célibataires, ces vieux et ces étudiants. D’autant plus que, si j’ai bien compris, il n’est même pas envisagé de pénalité (ou taxe de solitude), puisque le but recherché est une diminution incontournable de la production nationale d’énergie (on comprend bien que couvrir toute la campagne française d’éoliennes et de panneaux photovoltaïques risque de mal passer auprès de la population). Donc la seule solution envisagée reste la contrainte, l’obligation, avec à l’appui, l’assurance que tout cela ne coûtera pas plus cher. Foutaise : faire croire que les coûts d’économie d’énergie seront remboursés par les économies réalisées est une grande escroquerie. Certes, il existe des bâtiments BEPOS, qui à grand renfort de subventions, de prototype et d’opération pilote démontrent que c’est désormais possible, mais comme l’a dit Michel Audiard : « Il y a aussi des poissons volants, mais çà ne fait pas la majorité du genre »

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