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Biofluides fait des eaux usées une nouvelle source de chaleur
E.L | 03/03/2010 | 14:43 | Eau & énergie
Avec son nouveau système de récupération de la chaleur des eaux usées, quadruplement breveté, l’entreprise « Bio fluides » connaît un vif succès. Présentation.
D'après Alain Mouré, les seuls lave-linge et le lave-vaisselle d'une famille de 4 personnes produisent chaque année près de 5000 litres d'eau à 50°C. Autrement dit, beaucoup de calories.
C'est pour éviter de les envoyer à l'égout que le directeur de Biofluides, société fondée en 2006, a développé, en plus des ses systèmes de recyclage des eaux de pluie et de toilettes, un système baptisé « energy recycling system » (ERS).
Après deux ans de mise au point et un investissement de près de 300 000 euros, la première installation, test grandeur nature sur 36 logements, a été inaugurée à Courcouronnes (91) en octobre 2009, dans un immeuble du bailleur social ICF (filiale logement de la Sncf).
Contrairement au système de la Lyonnaise des eaux, basé sur un brevet suisse et baptisé « Degrés bleus », l'ERS ne va pas chercher les calories des eaux usées sur la voie publique, dans la bouche du tout-à-l'égout, mais directement dans le bâtiment.
Echangeur, PAC et ballon de préchauffage
Les eaux usées des cuisines, des salles de bain, des lave-linge et lave-vaisselle sont acheminés vers l'ERS, comportant un échangeur inox à forte inertie et une PAC à puissance variable. Un système de filtration automatique et d'auto-nettoyage permet de conférer à l'échangeur un meilleur rendement. L'ensemble est revêtu d'un isolant thermique de 40 mm d'épaisseur à très faible coefficient de conductivité et protégé par une enveloppe en tôle d'acier inoxydable.
L'ERS est conçu pour ne pas interrompre l'écoulement des eaux grises. Elles y entrent à une température moyenne de 28°C et ressortent à 9°C. Au passage leurs calories sont transférées à la PAC.
Parallèlement, l'eau provenant d'un ballon de préchauffage passe, via le circuit condenseur de la PAC (dont le COP moyen est de 4,7), de 8°C à 45°C. Une chaufferie se charge ensuite de la faire monter à 55°C, température nécessaire pour l'eau chaude sanitaire. Cette température pourrait aussi être suffisante pour alimenter un plancher chauffant.
La société de contrôle technique Socotec, qui a évalué cet hiver la première installation, a conclu à un COP global du système de 4,28.
Concurrent ou complémentaire du solaire thermique
Alain Mouré a des arguments à faire valoir face au solaire thermique : pas de demande d'autorisation aux architectes des bâtiments de France, mais surtout stabilité de la source d'énergie. L'eau grise, contrairement au soleil, ne connaït pas de saison. Ce qui fait dire au directeur de « Biofluides » que les retours sur investissement de sa technologie peuvent être beaucoup plus rapides.
Pour 10 logements (soit plus de 3000 euros d'investissement par logement), Alain Mouré considère que, sans subventions, le retour sur investissement du système se fait en 17 ans. Et si on l'applique à 50 logements (2000 euros/logement), il passe en dessous des 10 ans.
Néanmoins, le directeur de « Biofluides » insiste sur la complémentarité des deux systèmes et le doublement de la réduction des besoins en chauffage qui en découle.
Un franc succès
Le Ministère de l'écologie a accordé une dérogation selon la procédure dite " titre V " pour prendre en compte le système dans le calcul de la RT2005 pour une installation dans un autre immeuble d'ICF à Ermont (95). Avec Vinci, le système a remporté un concours PUCA pour la construction de 400 logements. Et dans le cadre du Prebat, toujours avec ICF, le système sera installé dans la ZAC Batignolles .15 installations sont en cours et 170 demandes enregistrées pour tous les usages : hôpital, restaurant et même site industriel. Bref, le système connaît un franc succès.
Mais Biofluides ne compte pas se contenter de cette innovation. L'entreprises devrait bientôt refaire parler d'elle avec un système de recyclage des eaux de toilettes... affaire à suivre.
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