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Le modèle allemand aux assises de l’énergie à Dunkerque

| 25/01/2012 | 16:02 | Eau & énergie

Lors de la 2e journée des Assises de l’énergie, mercredi 25 janvier, à Dunkerque, le modèle énergétique allemand a été mis à l’honneur. Derrière la fin du nucléaire se pose le problème du stockage de l’ énergie produite à partir de sources renouvelables.

Christian Hey, secrétaire général du Conseil consultatif allemand pour l'environnement, organisme scientifique chargé de l' expertise auprès du gouvernement, a tenu d'abord à souligner que le choix allemand réalisé en 2011 s'inscrit dans la continuité de l'action des gouvernements précédents. Si l'arrêt brutal de réacteurs a bien été la conséquence directe de Fukushima, il montre qu'il s'agit bien d'une « décision stratégique » qui a pris « dix ans » et que rien n'est différent sur le terme entre le gouvernement qui a fait ce choix en 2002 (SPD et Grünen) et celui de la Chancelière Merkel (CDU). Un constat qu'a également fait Michel Colombier, directeur scientifique de l'IDDRI (Institut du développement durable et des relations internationales), insistant sur le « gros débat » qui a eu lieu outre-Rhin « sur la transition énergétique » depuis 10 ans. Un débat qui a conduit à un accord « politique », mais aussi avec « le soutien des milieux économiques ».

Néanmoins, cette décision stratégique, explique Christian Hey, n'empêche pas qu' « il y ait certains points à régler ». D'abord, la loi sur les ENR implique un paiement du kWh, via des tarifs d'achats et une priorité au réseau, payée par les consommateurs, avec des paiements révisés régulièrement. La priorité au réseau implique de « mieux intégrer les ENR », et d'instaurer « une planification des infrastructures », ce que le marché n'aime pas. Mais il « faut pouvoir amener la production ENR du nord-est du pays vers le sud-ouest où elle est consommée », insiste-t-il. Le Parlement fédéral devra ainsi adapter la loi sur les infrastructures et accélérer les procédures. En outre, en attendant les 100 % d'ENR, afin de garantir la sécurité d'approvisionnement, l'industrie a déjà construit quelque 11 GW de centrales au charbon et 10 GW supplémentaires au charbon sont programmés, d'ores et déjà. « Le problème sera ainsi après 2020, en

2030-2040, avec des structures obsolètes », signale le responsable allemand, et un risque sur les émissions de CO2, qui demeurent, jusqu'à présent dans les clous fixés (- 40 % en 2020). À court terme, ces solutions, et l'assouplissement des conditions de fonctionnement des centrales actuelles sont utiles, mais, à long terme, le stockage est la solution. Problème, le moins cher, les STEP ne sont plus possibles outre-Rhin. D'où l'idée « d'une coopération avec la Norvège dont le potentiel est particulièrement grand en la matière » (évidemment pas le nucléaire français et le charbon polonais ! ndlr). Mais aussi, à l'avenir, le stockage d'air comprimé, les piles et la conversion d'électricité en gaz (pour les surproductions). Des solutions qui auront un coût pour le consommateur, entre 200 et 300 ¤ par an et par ménage.