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Cet hiver, la France pourrait manquer d’électricité

Philippe Rodrigues | 26/10/2011 | 16:28 | Eau & énergie

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3 commentaires

Le cabinet de conseils Capgemini le dit clairement dans son Observatoire européen des marchés de l’énergie, publié mercredi 26: « Il existe une menace sur la continuité de la fourniture électrique pendant l’hiver 2011/2012 et les hivers suivants car les pointes de consommation augmentent d’année en année ». Cette menace de court terme est directement le fait de la décision politique de l’Allemagne de fermer 8 réacteurs nucléaires.

Exportatrice d'électricité durant presque toute l'année, la France est néanmoins importatrice lors des grands pics quotidiens l'hiver -notamment autour de 19h. Du fait de sa préference pour le chauffage électrique, l'Hexagone est aussi le pays d'Europe dont la consommation augmente le plus par grand froid: pour chaque degré de température extérieure en moins, 2300 mégawatts de puissance supplémentaire sont nécessaires, soit l' équivalent de plus de deux réacteurs nucléaires, selon le transporteur d'électricité RTE. "Les hivers froids, comme ça a été le cas l'hiver dernier, on a importé jusqu'à 8000 mégawatts, essentiellement d'Allemagne. Or cette énergie ne sera plus disponible", explique Colette Lewiner, directrice internationale du secteur de l'énergie chez Capgemini. L'Allemagne sera importatrice nette d'électricité cet hiver en raison de l'arrêt de huit de ses 17 réacteurs décidé au printemps dans la foulée de la catastrophe nucléaire de Fukushima au Japon.
"Est-ce que pour autant on aura des pannes, ce n'est pas sûr, heureusement. Ca va dépendre du froid, du fonctionnement des réacteurs nucléaires en France, qui s'est beaucoup amélioré, de la disponibilité des moyens de production ailleurs, je pense par exemple que l'Allemagne fera plus tourner ses centrales à charbon", souligne l'experte.

Avant d'être contraint à d'éventuelles coupures maîtrisées, RTE peut encore recourir à des contrats d'effacement auprès de clients industriels ou lancer des appels au civisme comme c'est déjà le cas en Bretagne, une des régions les plus difficiles à alimenter électriquement. "Mais on est dans un contexte qui est plus inquiétant", dit-elle, en soulignant que l'Allemagne et la Belgique sont avec la France les plus exposées.

Dépendance au gaz russe

L'abandon par l'Allemagne du nucléaire et le développement généralisé des énergies renouvelables en Europe auront également comme conséquence un recours accru au gaz. Avec comme corollaire une dépendance plus forte vis-à-vis du gaz russe, ce qui «constitue une source d'inquiétude pour la sécurité d'approvisionnement», ajoute Gapgemini.
Aussi l'Europe doit-elle trouver les moyens financiers pour diversifier ses sources, remplacer une partie de son parc électrique, développer «l'intelligence» des réseaux, etc. Et elle doit le faire alors que les utilities se désengagent du secteur des infrastructures. «La propriété des réseaux est en train de changer radicalement», fait observer l'OEME. Cette activité régulée peut toutefois attirer des fonds d'investissement. Mais encore faut-il que la régulation s'adapte. Globalement pour faire face au mur d'investissements de l'Europe (1 100 mdse d'ici 2020), Gapgemini vante le tout nouveau modèle britannique voté en juillet suite aux recommandations du livre blanc «Planning our electricity future». En instituant un prix plancher pour les permis d'émission de CO2 et en introduisant des contrats long terme à prix fixe pour toute forme de production d'électricité à faible émission de CO2, le Royaume-Uni créée «une incitation financière pour ce type d'investissements», indique le cabinet de conseils. Le lancement d'un marché de capacité est également une composante, soulignée, du modèle.

Philippe Rodrigues | Source ENERPRESSE

 
  • M Hervé Lorrain  |
    pour supprimer efficacement ces pics de consommations de 19h, il faut faire le maximum pour arrêter d’installer du chauffage électrique dans le neuf et inciter financièrement à son remplacement dans l’existant ! il faut quand même rappeler que ce système de chauffage à un rendement de 33% (de la centrale nucléaire au particulier) !!! est-ce qu’on supporterait chez soi une chaudière gaz ou bois avec un tel rendement ???
  • Ph.CO. |

    reaction au commentaire

    C’est que le photovoltaïque, à 19h l’hiver, çà répond au problème !
  • m Georges  Dietrich  |

    fallait pas

    tuer le photovoltaique dans l’ oeuf…

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