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GE Energy veut créer un millier d’emplois cette année en Europe

Adrien Pouthier et Cyrille Emery. Traduction EurActiv.fr | 19/04/2010 | 16:56 | Eau & énergie

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John Krenicki, PDG de GE Energy et vice-président de GE

Cette vague d’embauches se justifie surtout par les développements de l’entreprise dans l’éolien, en particulier off-shore, le traitement de l’eau et les « réseaux intelligents » (smart grids) d’optimisation de la performance énergétique. A l’occasion d’une rencontre à Paris avec plusieurs journalistes – dont une équipe du Moniteur.fr – le PDG de GE Energy et vice-président de GE, John Krenicki est revenu sur la politique industrielle internationale de General Electric.

General Electric a annoncé en mars 340 millions d'euros d'investissements pour l'éolien off-shore en Europe, dans ses sites au Royaume-Uni, en Norvège, en Suède et en Allemagne. Un investissement qui va s'accompagner de l'embauche de mille nouveaux salariés, un niveau de recrutements qui marque un retour au rythme des années d'avant la crise de 2009 où ils s'étaient limités à 250.
En France, les 100 embauches se répartiront principalement entre Belfort, siège européen et site de production des turbines à gaz (40 à 50 postes), les unités du Creusot (Saône-et-Loire, solutions énergétiques pour plates-formes pétrolières) et de Vélizy (Yvelines, traitement de l'eau) ainsi que le site administratif et commercial de Paris-La Défense, a précisé la direction.
Lors de sa rencontre avec des journalistes, le PDG de GE Energy et vice-président de GE, John Krenicki a expliqué la stratégie du groupe et plaidé pour la mise en place d'un grand marché de l'énergie et d'une implication des Etats, notamment les Etats-Unis, dans le domaine de la politique énergétique.

 

GE Energy va investir 340 millions d'euros dans l'éolien offshore dans quatre pays d'Europe mais pas en France. Pour quelles raisons? Et que pensez-vous de la polémique suscitée par l'éolien en France?

Nous avons investi dans les pays où il est clair qu'il y a un marché et où nous avons un fort ancrage opérationnel. Aujourd'hui nous sommes très actifs dans l'éolien offshore en Norvège. Nous sommes également un acteur important en Grande-Bretagne où nous avons 20 000 salariés. Nous avons essayé de renforcer nos investissements au plus près des marchés qui nous semblaient les plus profitables.

Mais nous sommes également un acteur important en France. Nous sommes les seuls à y fabriquer des turbines de gaz. Nous ferons d'autres investissements dans le pays si cela se montre pertinent à l'avenir. On ne peut pas résumer la situation en disant que la France perd d'un côté, et que des pays gagnent de l'autre. Nous avons investi dans les pays où, selon nous, le marché sera le plus important dans les cinq ou dix ans à venir.

 

Ferdinando Beccalli-Falco, président et directeur exécutif international de GE a récemment déclaré au New York Times: « Après Copenhague, il  faut renforcer la coopération entre les entreprises privées et les gouvernements. » Est-ce l'une des raisons de votre visite en France?

Bien sûr. Je voyage une semaine par mois en dehors des Etats-Unis. A chaque fois, je rencontre trois groupes de personnes. Tout d'abord nos employés, qui sont 25.000 dans le domaine de l'énergie en Europe. Nos principaux sièges sociaux sont en Europe. Je rencontre également nos clients mais aussi des représentants des gouvernements. Notre secteur a une activité à très long terme. C'est pourquoi les gouvernements ont un grand rôle à jouer pour aider à créer de grands marchés sur une longue période. L'éolien offshore dont nous parlions, mais également les smart grids, ou encore l'efficacité énergétique, ne pourront être développés avec succès qu'avec l'aide des gouvernements.

Pouvez-vous quantifier le nombre d'emplois verts que vous allez créer en Europe dans les années à venir?

Cela dépendra de la taille du marché. Partout dans le monde, les politiques évoquent les emplois verts. Mais c'est un peu mettre la charrue avant les boeufs. Si les gouvernements mettent en place des politiques pour créer un grand marché, il y aura beaucoup d'emplois verts. Mais les emplois verts ne seront pas là si le marché ne suit pas. Prenons l'exemple des Etats-Unis. D'un minuscule marché pour l'électricité d'origine renouvelable en 2004, nous sommes devenus numéro un dans le monde en 2009 en termes de nouvelles installations. Mais en 2010 nous sommes repassés numéro 3 parce que l'économie a ralenti, il n'y aucune politique et les standards sur les renouvelables continuent à faire grossir le marché dans une économie au ralenti. La Chine est donc numéro un aujourd'hui, juste devant l'Europe.

Trouvez-vous que les objectifs de l'Europe sont très importants dans le domaine du climat ?

L'Europe a des objectifs plus ambitieux que les Etats-Unis. Mais peut-être pas aussi importants que ceux de la Chine. Cependant l'Europe a du mal avec l'électricité, économiquement très sensible et qui contribue à la croissance du PIB. La croissance de l'Europe est relativement lente, de un à dix par rapport à la Chine. Il y aura donc beaucoup plus d'emplois verts en Chine.

Mais ce que l'Europe doit surtout faire est de s'assurer qu'elle a la meilleure technologie. Elle doit investir dans la propriété intellectuelle. C'est ce que nous faisons à Belfort en France, en Allemagne, au Royaume-Uni. Tous les pays du monde veulent les meilleures technologies, parce que le coût de l'équipement est relativement peu cher comparé à la valeur créée pour les entreprises ou le pays.

Je vais vous donner un exemple. Nous construisons à Belfort des turbines de gaz pour le ministère de l'électricité irakien. Ce qui va doubler l'électricité de ce pays. L'Irak a choisi GE parce que nous avons une technologie flexible, adaptée à un pays qui évolue d'un jour à l'autre.

Plus de 90% des produits que nous construisons à Belfort sont exportés hors de France. Nous souhaiterions faire plus d'affaires sur le marché français et c'est l'un des aspects sur lesquels nous voulons travailler. Mais si nous devions dépendre uniquement du marché français, nous devrions certainement fermer notre usine. Il n'y a pas assez de perspectives de développement. Une grande partie des emplois sera dans la logistique, les services, plus encore que dans les usines. Mais je pense que ce que beaucoup de gens ne comprennent pas aujourd'hui est que pour créer des emplois, il faut un grand marché domestique. Vous ne créerez pas beaucoup d'emplois si vous exportez dans d'autres pays.

 

 

 

 

 

 

 

 

Adrien Pouthier et Cyrille Emery. Traduction EurActiv.fr | Source LE MONITEUR.FR