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Chauffage : Atlantic plaide la cause de l’effet Joule

Hélène Boussel | 10/03/2009 | 12:36 | Eau & énergie

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Emission annuelle de CO2 par logement pour usage Eau Chaude Sanitaire.

3 commentaires

Le fabricant souhaite que chaque énergie trouve sa place dans les lois Grenelle, les pertes en ligne de l’électricité étant à ses yeux compensées par ses faibles émissions de CO2.

Atlantic estime n’avoir « aucun parti pris » énergétique, explique Jean-Dominique Masseron, responsable du développement durable du fabricant. Depuis longtemps déjà, sa stratégie est basée sur une offre multi-énergies (gaz, fioul, électricité, biomasse, énergies renouvelables…) et multimarques, sur tous les marchés du génie climatique (chauffage, ECS, ventilation, etc.).

Cette particularité suffirait à légitimer son intervention en faveur de l’effet joule en chauffage qui serait passé bien près d’une « interdiction » en 2012. Le fabricant se réjouit que le Projet de loi Grenelle 1* intègre une modulation de l’effet de seuil BBC pour tenir compte des émissions faibles de CO2 de l’électricité par rapport aux autres énergies. En effet, 50 kWh d’énergie primaire/m2.an signifie en énergie finale 19 kWh/m2.an sur le lieu de consommation pour l’électricité (du fait du coefficient de conversion de 2,58). Très pénalisant, alors que l’électricité émet en France moins de CO2 que les autres énergies (voir graphique).

Pour l’industriel, les efforts doivent porter sur une recherche de cohérence du marché ainsi qu’une égalité de traitement entre les énergies, tout en favorisant les évolutions de produits performants. L’argument peut d’autant plus porter que l’impact relatif du chauffage va diminuer et celui de l’eau chaude sanitaire va prendre de l’importance. Or les fabricants sont en mesure d’assurer les perspectives de progrès qu’offrent encore les matériels et les technologies : évolution vers une logique de systèmes et non plus d’appareils ; dans des logements multi-énergies ; la performance issue du dialogue entre appareils « intelligents » ; disparition des émetteurs d’entrée de gamme (convecteurs et chaudières classiques) ; et remplacement progressif des chauffe-eau électriques par du solaire et du thermodynamique.
Une inconnue demeure : « Nous sommes à l’aube d’une rupture technologique que l’ensemble du marché devra absorber et nous ne savons pas s’il en aura la capacité », souligne Jean-Dominique Masseron. D’autant qu’une étude récente réalisée par le fabricant auprès de 1 000 particuliers indique leur adhésion à des critères de confort et d’écologie, mais pas à n’importe quel prix !

* Article 4, tel que voté au Sénat le 10 février.

FOCUS

Le groupe Atlantic a réalisé dans ces laboratoires de R&D quelques simulations au sujet de La part relative de l’eau chaude sanitaire dans la consommation énergétique ainsi que de la ventilation. Voici les résultats :


1.- La part de l’eau chaude sanitaire dans la consommation des ménages
On estime qu’en France, en moyenne, une personne consomme par jour, 50 litres d’eau chaude sanitaire (ECS) à 40°C ; cette consommation croit de 1% par an depuis 20 ans. Pour produire cette eau chaude à partir d’une eau froide à 10°C, on doit apporter, pour un foyer de 4 personnes et par jour : 6,978 Wh/jour (50 l x 4 personnes x 30°K x 1,163)
Ceci ne tient compte ni des pertes liées à la génération de chaleur, de distribution, ou de stockage, on suppose donc que le réseau est parfaitement isolé.

Le besoin énergétique annuel pour ce foyer est donc de 2,547 kWh/an.
Pour un logement moyen de 90 m² (Shon), rapporté au m², le besoin est de 28,3 kWh/m².an. Etant donné l’ensoleillement en France, on peut réduire au mieux cette consommation en moyenne de 50%. Dans un logement moyen, la consommation minimale est donc de : 28,3 - 50% = 14,2 kWh/m².an, en énergie finale
Soit, avec de l’énergie électrique rapportée en énergie primaire avec un coefficient de 2,58, à une consommation de 36,5 kWh ep /m².an.

N.B : Ce besoin ne tient pas compte :
• des pertes dans le réseau et de stockage
• des consommations des auxiliaires d’un chauffe-eau solaire, pompe électrique notamment,
• des augmentations futures de consommation d’ECS, le calcul ayant été réalisé sur la base des consommations actuelles.


2.- Quel impact la ventilation a-t-elle sur la consommation énergétique ?
Depuis la mise en place des premières Réglementations Thermiques, c’est principalement par la ventilation mécanique centralisée (VMC) que l’aération des logements est réalisée. Plus du 1/3 du parc de logements français en est aujourd’hui équipé.
La quantité d’air renouvelée est variable selon les techniques employées. Depuis la RT 2000 pour les logements électriques, et depuis la RT 2005, pour tous types de logements (électriques et énergies fossiles), la variation du débit en fonction de l’hygrométrie du logement (dite « simple flux Hygro B ») est la technique la plus utilisée.
Son débit moyen pour un logement de 70 m² Shab, représentant un volume de 180 m3, est de 60 m3/h environ. L’air du logement est donc renouvelé 8 fois par 24 heures (même en cas d’absence des occupants) !
En période de chauffe, il est donc nécessaire de réchauffer cet air neuf pour maintenir une température de confort. Pour calculer l’énergie nécessaire, on mesure les écarts par pas horaire, entre température intérieure et température extérieure. Ces écarts sont exprimés sous forme de degrés heures unifiés (DHU) par zones climatiques.
L’énergie nécessaire pour chauffer cet air correspond au : débit (quantité) d'air de ventilation moyen extrait multiplié par la capacité thermique de l'air (0,34 Wh/ m3K) multipliée par les DHU (de 30 000 à 71 000 Kh selon le département).
Soit, pour une petite maison de 70 m² Shab ou 90 m² Shon à Orléans, équipée d’une VMC Simple Flux Hygro B :
1, 250 kWh/an de déperdition liée à la ventilation (60 m3/h x 0,34 Wh x 61.000 Kh, exprimée en énergie finale)
Il convient d’ajouter l’énergie des moteurs de ventilation, soit 250 kW/h/an en moyenne, soit une consommation totale liée à la ventilation de 1,500 kWh/an environ ou 17 kWh/m².an, en énergie finale.
Soit, avec de l’énergie électrique rapportée en énergie primaire avec un coefficient de 2,58, à une consommation de 44 kWh ep /m²/an.
Un moteur de ventilateur hygro B à Basse Consommation permet de ramener cette consommation à 38.5 kWh ep /m²/an.
Le renforcement des exigences en matière de qualité de l’air intérieur entraînera probablement à la hausse les exigences de débits minimum d’extraction, et donc les déperditions liées.

Conclusion :
La ventilation Double Flux à haut rendement et moteurs basse consommation, permet de réduire les déperditions de plus de 90%, correspondant à une consommation totale, y compris celle des ventilateurs, de 22 kWh ep/m².an. Les logiciels de calcul thermiques officiels ne prenant pas en compte cette technologie innovante à la hauteur de sa performance, il ne s’agit là que d’une estimation « constructeur ».

NB : en logement collectif, les déperditions et consommations rapportées au m² Shon sont très proches de celles de la maison individuelle (45 kWh ep /m².an en simple flux Hygro B et 22,6 kWh ep /m².an en double flux haut rendement)

Hélène Boussel | Source JOURNAL CHAUFFAGE SANITAIRE

 
  • Luc LEVY |

    Mais non, c'est pas grave!

    Tout le monde aura rectifié la confusion entre la virgule séparatrice anglosaxone et le point. Les calculs, ramenés à la surface sont justes, in fine. Il est fortement probable, comme le suggère Sébastien, que l’électricité conservera une place de choix pour chauffer des bâtiments basse consommation pour lesquels la part du chauffage deviendra "peanuts" face à l’ECS, la ventilation et l’éclairage. Pour ces "bouteilles thermos", la température de non chauffage sera de l’ordre de 5 à 7 °C, le souci n’est donc plus la consommation de chauffage mais celle du rafraîchissement qui risque bien d’exploser et ruiner tous nos efforts car la ventilation forcée, de jour comme de nuit, atteindra rapidement ses limites. Les PAC trouveront donc tout naturellement leur place pour chauffer ces bâtiments l’hiver et les rafraîchir l’été. A moins qu’un petit génie nous invente des isolations thermiques à coefficient U variable pour ajuster les déperditions aux apports!
  • Sebastien BARDET |

    Technicien

    Commentaire Je pense que l’erreur d’unité est lié à un problème de conversion informatique. Je pense qu’ils n’imaginaient pas, de la même façon, chauffer 200 l d’eau avec 6,978Wh/jour mais bien 6,978 kwh/jour. La t° d’eau à 10°C, c’était une hypothèse de départ de t° eau froide pour calculer l’énergie nécessaire à l’obtention d’une eau chaude sanitaire à 40°C. Rien à voir avec une comparaison d’eau tiède? Ce qui est une abérration ce n’est pas d’utiliser de l’electricité pour se chauffer c’est de la transporter sur de longues distances et les rendements de nos générateurs aujourd’hui qui nous amènent à appliquer un coefficient de 2.58 sur cette énergie. Prenons un peu de temps et de recul, avant de condamner des utilisations d’énergies, au vu des connaissances actuelles sans prendre en compte les progrès technologiques à venir. Qui aurait dit il y a 50 ans que les voitures rouleraient à l’électricité ? Et pourtant c’est ce vers quoi on se dirige malgré les problèmes liés au stockage.
  • Alain WELMANT |
    Commentaire Il est grave que des professionnels de ce niveau ne maitrisent pas les unités . S’il ne suffisait que de 2,5 kWh/an pour produire l’ECS d’une famille de 4 personnes nous n’aurions pas de soucis d’économie d’énergie. lire 2,5 MWh/an D’autre part, utiliser de l’électricité pour faire du chauffage reste une abération.Certes il y a autant d’énergie dans 10 m3 d’eau à 10°C que dans 1m3 d’eau à 100°C mais avec de l’eau à 10°C je ne fais pas grand chose. Les "véritables" (et trop peux nombreux) thermiciens utilisent la notion d’exergie et d’anergie pour "qualifier" la "qualité" de l’énergie Ces gens là n’osent pas comparer de l’énergie électrique à de l’eau tiéde !

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