Actualité

Énergies renouvelables : une oasis anticrise

| 06/03/2009 | 17:36 | Eau & énergie

Agrandir la photo
DR

En 2008, la production d’électricité à base d’énergies renouvelables a significativement augmenté. Le plan de relance, allié aux diverses mesures d’incitation, devrait permettre de passer l’année 2009 sans encombres.

Les énergies renouvelables semblent assez peu sensibles aux turpitudes économiques. En 2008, 105 MW de production photovoltaïque ont été installés (75 MW en métropole et 30 MW dans les DOM-TOM), ce qui porte la puissance du parc français à 175 MW. Le tarif d’achat et la prime d’intégration au bâti, sans oublier le crédit d’impôt, portent cette croissance et continueront en 2009.

Un investissement peu risqué, des installations nécessitant peu de maintenance : les particuliers se laissent séduire, d’autant que les démarches administratives viennent d’être simplifiées. Un nouveau marché est en plein essor, celui des installations sur grandes toitures. Les investisseurs ne s’y trompent pas. De très nombreuses offres se développent pour exploiter les toits des centres commerciaux, des hangars agricoles et autres bâtiments de stockage.

L’éolien en progression

Parallèlement, la production éolienne progresse aussi. Avec 950 MW installés l’an dernier, la puissance totale du parc français atteint 3 404 MW. L’énergie éolienne a représenté plus de la moitié des nouvelles capacités électriques installées en France en 2008.

Paradoxalement, la loi pour l’accélération des programmes de construction et d’investissement publics et privés (Lapcipp) pourrait freiner l’implantation de nouveaux parcs éoliens. En effet, l’article 27 prévoit la création d’"un régime d’autorisation simplifiée applicable aux installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE)". Dans l’article suivant apparaît la notion de protection du paysage modifiant les dispositions générales relatives aux ICPE. Dès lors, si une détérioration du paysage était invoquée, un parc éolien pourrait être soumis au régime ICPE en plus du cadre réglementaire déjà en place. Ce qui ralentirait considérablement son implantation. L’avenir dira si cette crainte est fondée. En attendant, plusieurs entreprises du BTP accompagnent la montée en puissance de l’énergie éolienne : Eiffel (groupe Eiffage) qui a intensifié sa production de mâts d’éoliennes ou encore le groupe Maïa, entreprise centenaire de génie civil, qui exploite déjà 150 MW éoliens répartis dans quatorze parcs en Lorraine, Nord-Pas-de-Calais et Picardie. "La part de production d’énergie devrait atteindre 50 % de notre chiffre d’affaires en 2012. Chiffre d’affaires qui sera proche de 120 millions d’euros", prévoit Christophe Gruy, P-DG du groupe.

Un "fonds chaleur renouvelable

Les moyens de production hydroélectrique progressent moins vite. Les projets de nouveaux grands barrages sont peu nombreux dans l’Hexagone. On notera cependant que le plan de relance donne la possibilité à Voies navigables de France de préparer un contrat de partenariat relatif à la reconstruction, l’entretien et l’exploitation de 29 barrages manuels sur les bassins de la Meuse et de l’Aisne. Et lorsque la hauteur de chute d’eau est suffisante, l’intégration de microcentrales hydroélectriques devra être étudiée. Et parce qu’énergie ne signifie pas seulement électricité, un "fonds chaleur renouvelable" vient d’être mis en place par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Doté d’un milliard d’euros pour la période 2009-2011, il doit permettre de développer la production de chaleur dans le tertiaire, l’industrie et l’agriculture. Dans ce cadre, un appel à projets, intitulé "Biomasse chaleur industrie et agriculture" a été lancé pour la réalisation d’installations assurant une production annuelle de chaleur à partir de biomasse supérieure à 1.000 TEP (tonne équivalent pétrole).

Au final, malgré les nuages de la crise économique, 2009 devrait être un bon millésime pour l’installation de nouveaux moyens de production d’électricité à partir de sources renouvelables.

Retrouvez l'enquête "Le Grenelle, amortisseur de la crise ?" de Françoise Vaysse et Julien Beideler dans "Le Moniteur" du 27 février.

Si vous souhaitez réagir à cet article : courrier.moniteur@groupemoniteur.fr

| Source LE MONITEUR HEBDO