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« Se chauffer avec des dessins animés, c’est trop top »

Eric Leysens | 08/08/2013 | 15:50 | Eau & énergie

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Pierre Aidenbaum, président de la Régie Immobilière de la Ville de Paris et Anne Hidalgo, première adjointe au maire de Paris, en charge de l’urbanisme et de l’architecture, mercredi 10 juillet

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Actuelle première adjointe au Maire de Paris et candidate à la succession de Bertrand Delanoë aux municipales de 2014, Anne Hidalgo a, mercredi 10 juillet, visité un immeuble de logements sociaux qui pourra se chauffer grâce à la chaleur générée par les processeurs informatiques servant, par exemple, à calculer l’animation d’un dessin animé.


La jeune entreprise Qarnot Computing équipe actuellement un immeuble de 100 logements sociaux de la Régie immobilière de la ville de Paris (RIVP), situé dans le 15ème arrondissement, de « radiateurs numériques ». Le fonctionnement de ces équipements, constitués de processeurs et de plaques d'aluminium, repose sur l'articulation entre demande de chauffage et besoin en puissance de calcul informatique.

Fondateur de la société Qarnot computing, Paul Benoit explique que la chaleur générée par les processeurs informatiques servant à calculer l'animation d'un dessin animé (exemple pris par Paul Benoit car il nécessite une gigantesque puissance de calcul) peut assurer le chauffage de plusieurs milliers de logements pendant un an. Venue visiter les premiers logements équipés de ces « radiateurs numériques », la première adjointe au Maire de Paris, Anne Hidalgo, a été séduite par l'idée que la création du film « Moi, moche et méchant 2 », actuellement à l'écran et produit par un studio d'animation implanté non loin de là dans le 15ème arrondissement, aurait pu permettre de chauffer gratuitement des Parisiens. « Se chauffer avec des dessins animés, c'est trop top », s'est enthousiasmée Anne Hidalgo.

 

 

Calories gratuites

 

 

L'objectif de Qarnot computing est d'offrir un chauffage gratuit aux habitants grâce à la location, à la minute, des processeurs aux entreprises. Son « radiateur numérique » se veut une alternative aux Datacenter qui consomment énormément d'électricité, en grande partie pour alimenter les climatiseurs permettant d'éviter la surchauffe des serveurs. Selon Paul Benoit,  « près de 10% de la consommation électrique française servirait d'ores et déjà à faire tourner les Datacenter implantés dans l'Hexagone et un seul Datacenter consomme autant d'électrons qu'une ville de 50 000 habitants. Or, une dizaine d'immeubles de 100 logements équipés en radiateurs numériques permettrait de disposer de la même puissance de calcul qu'un Datacenter de taille importante, soit l'équivalent de 50 000 processeurs ». Néanmoins, ces radiateurs, qui ne serviront qu'à calculer, ne se substituent  qu'en partie aux Datacenter dont la fonction principale est le stockage de données, rôle passif ne générant aucune production de chaleur.

 

 

Ajuster demande de chauffage et besoin en puissance de calcul

 

 

De manière à pouvoir articuler demande de chauffage et besoin en puissance de calcul, autrement dit:  que les personnes puissent se chauffer quand ils le souhaitent et non pas seulement quand un studio d'animation a besoin d'utiliser les serveurs, une partie de la puissance sera offerte aux acteurs de la recherche publique et servira ainsi de variable d'ajustement. Si, en hiver, un immeuble veut monter la puissance des chauffages mais qu'aucune entreprise n'a besoin d'utiliser les processeurs, la puissance de calcul correspondante aux calories demandées sera offerte à des organismes de recherche publique comme l'Institut Pierre et Marie Curie qui travaillent avec de l'imagerie fonctionnelle.

Pour offrir une puissance de calcul durant l'été sans détériorer le confort d'été des logements équipés de son « radiateur numérique », Qarnot computing compte notamment  s'appuyer sur des équipements installés dans des écoles, lieux qui seront alors inoccupés et pourront donc voir leur température monter.

 

 

Paris va-t-il devenir un Datacenter géant ?

 

 

Le promoteur qui investit dans ces « radiateurs numériques » peut offrir aux futurs occupants la promesse de charges de chauffage nulles.  A l'heure de l'annonce de l'augmentation de deux fois 5% du prix de l'électricité, l'argument n'est pas négligeable. De son côté, Qarnot computing se charge de réguler le chauffage en louant les puissances de calcul installées dans son parc de radiateurs. Pour défendre le concept, la jeune entreprise met en avant le fait que les flux de données sont plus faciles à gérer que les flux de chaleur.

Si cette expérimentation grandeur nature se révèle positive, la RIVP, société d'économie mixte gérant plus de 50 000 logements sociaux, compte déployer plus largement ces radiateurs numériques dans son parc.

Lors de la visite du premier immeuble équipé, Anne hidalgo a fait savoir qu'elle compte même aller plus loin. « Il faut mettre la DPA (Direction du patrimoine et de l'architecture) dans le coup. Les écoles réhabilitées dans le cadre du plan climat  doivent bénéficier de ce système ». Pour celle qui brigue la Mairie de Paris, « c'est la troisième révolution industrielle » dont parle l'économiste américain Jeremy Rifkin.

 

Lire notre article, «Le bâtiment connaîtra la même révolution que celle qu'a connue internet»

 
  • Branka Velimirovic- Vely |

    Déjà réalisé !

    Le principe de chauffage de 2200 m2 de bureaux des rédacteurs par la chaleur dissipé dans la salle d’ordinateurs de la MAIF à son siège à Niort a été mis en œuvre déjà en 1980 par le BET AGETEC de Boulogne 92200 sous l’égide de Mr Claude PERROTTE, architecte BCPN, chef du Projet de l’ensemble de 60 000 m2. Il est dommage que d’autres programmes n’ont pas suivi l’exemple …..

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