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DPE: dans l’attente de nouveaux logiciels, les négligences demeurent
Eric Leysens | 02/10/2012 | 17:11 | Eau & énergie
© DR
Après avoir fait passer en juin dernier 5 diagnostiqueurs affiliés à des réseaux ou indépendants,dans 5 maisons situées aux quatre coins de la France, l’UFC-Que Choisir dit devoir "de nouveau dénoncer le caractère folklorique des prestations"
Publiée dans le magazine «Que choisir», une «enquête test» indique qu’une maison peut passer, selon le diagnostiqueur qui la visite, de la classe E à B sur l’étiquette énergie. Réalisée avant l’arrivée du «nouveau DPE», le test révèle des erreurs et des manquements qui ternissent un peu plus l’image de la profession de diagnostiqueur énergétique.
Au cours du mois de juin 2012, UFC-Que Choisir a fait réaliser, à chaque fois par 5 entreprises différentes, un diagnostic de performance énergétique (DPE) sur 5 maisons réparties aux quatre coins de la France. Les résultats de la nouvelle «enquête test» de l'association de défense des consommateurs pointe d'importants dysfonctionnements dans l'élaboration du diagnostic qui fixe le niveau de performance énergétique d'un bien immobilier en lui attribuant une classe allant de A à G.
« Diagamter a constaté la présence d'un programmateur et de robinets thermostatiques sur les radiateurs, tandis que Socotec et Allodiagnostic préconisent leur mise en place. En réalité, ils existent. Certains notent la présence d'un insert bois et le comptabilisent, d'autres non.» UFC-Que Choisir remarque que, lors de leur visite dans un pavillon de Loire-Atlantique, les différents diagnostiqueurs ne voient pas les mêmes équipements et, quand l'un classe la maison en B sur l'étiquette énergie, un autre la range en E, soit quatre classes énergétiques plus bas.
Autre exemple tirée du test, l'estimation de la facture de chauffage d'une maison située dans les Vosges passe, selon l'entreprise de diagnostic, de 1300 euros par an à 4500 euros.
L'arrivée du « DPE réformé » devrait réduire la marge d'erreur des diagnostiqueurs
Si Sylvain Coopman, Délégué général de la Chambre des diagnostiqueurs immobiliers de la FNAIM, juge sévèrement les manquements des professionnels mentionnés dans l'enquête, il considère qu'UFC-que choisir aurait dû attendre l'arrivée du «DPE réformé» avant de réaliser une nouvelle évaluation.
Pour voir les conclusions de la précédente enquête d'UFC-Que choisir cliquez-ici
Cette version améliorée du DPE sera le fruit d'une série de mesures, lancée en octobre 2011 par la ministre de l'Ecologie de l'époque, Nathalie Kosciusko-Morizet, et visant, selon ses mots, « à ce que les propriétaires ne se fassent plus gruger».
« A ce jour, seule la montée en compétence des diagnostiqueurs est mise en place (pour les diagnostiqueurs en activité: exigence d'une formation de 3 jours et passage d'un examen de certification). Mais les logiciels de calculs, qui aujourd'hui peuvent à partir des mêmes données renseignées délivrer deux classes différentes, sont encore en cours de modification», explique Sylvain Coopman. Ce dernier indique que le nouvel algorithme de calcul devrait être intégré aux logiciels de DPE avant le 1er janvier 2013. Aussi, à cette date, les diagnostiqueurs ne devront plus renseigner 30 données mais 60. Par ailleurs, afin de faire du diagnostic un outil moins approximatif, la possibilité d'afficher une valeur par défaut sera réduite. Autre mesure attendue, l'obligation pour le diagnostiqueur d'expliciter au particulier les données qu'il renseigne pour réaliser son DPE devrait permettre d'éviter un certain nombre d'erreurs.
Pour Sylvain Coopman, «le DPE était initialement un outil de sensibilisation délivrant une estimation à la louche. On veut maintenant qu'il soit un outil de mesure. Ce changement prend du temps».
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