Interview

Label BBC rénovation et particuliers : les raisons d’un rendez-vous manqué

Propos recueillis par Eric Leysens | 09/02/2012 | 12:18 | Bâtiment

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Naceur et Amina Elkotti ont réalisé 60 000 euros de travaux sur leur maison, située à Illkirch Graffenstaden en Alsace.

Labélisé BBC-rénovation, la consommation des postes chauffage, eau chaude sanitaire et auxiliaires doit être divisée par 4.

Sur l’année 2011, l’organisme certificateur de maisons individuelles Céquami a enregistré 2500 demandes de labellisation BBC dans le neuf. En rénovation : deux.

"En 2011, les demandes de labellisation BBC dans la rénovation ont doublé par rapport à 2010, année durant laquelle une seule personne nous avait sollicité" précise en souriant Christophe Bonnavent. Pour le directeur général de Céquami, ce désintérêt des particuliers vis-à-vis du label BBC rénovation a ses raisons.

Pourquoi les particuliers ne sont pas demandeurs du label BBC rénovation ?

La raison est avant tout économique. Pour atteindre le niveau exigé par le label (moins de 80 kWh/m²/an pour les 5 postes réglementaires), il faut investir dans des actions conséquentes.  Cela nécessite de réaliser une étude thermique, et non pas un simple DPE, puis de réaliser des bouquets de travaux : isolation par l'extérieur, changement du système de chauffage, remplacement des menuiseries. Bilan  : la facture dépasse facilement les 30 000 euros. Alors que le panier moyen d'une rénovation se situe en dessous de 10 000 euros.

D'autant plus que le label BBC rénovation ne donne pas accès à des aides financières supplémentaires.

Effectivement. Dans le neuf, le particulier se rend compte que s'il veut bénéficier de majoration sur les aides fiscales il doit aller vers une labellisation BBC. Il se tourne alors vers nous, certificateurs (Cequami et Promotelec sont les deux organismes à certifier les maisons individuelles).
Mais ce cheminement ne se produit pas avec le label BBC rénovation qui n'ouvre droit à aucune bonification financière. C'est donc aux artisans, acteurs de la rénovation, de sensibiliser les particuliers sur l'existence du label. Pour cela, les  certificateurs doivent, en amont, faire un effort de communication vis-à-vis des professionnels.

Vous voyez d'autres explications à l'absence de demande de label BBC-rénovation ?

Aujourd'hui, une demande de label BBC doit obligatoirement s'inclure dans une certification plus large. Par exemple, « NF -maison individuelle » dans le cas d'une rénovation. Ce qui oblige à respecter d'autres exigences. Il faudra certainement à l'avenir les alléger.

Il y a peu de chances qu'une aide fiscale soit prochainement associée au label BBC rénovation. Comment voyez-vous l'avenir du label ?

Les choses devraient bouger, car les appels à projets régionaux, après s'être focalisés sur le neuf, se tournent dorénavant vers la rénovation. Ils encouragent, financièrement, le recours au label.

Propos recueillis par Eric Leysens | Source LE MONITEUR.FR

 

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