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Un lycée à énergie positive sur l’île de Nantes signé Leclercq

Jean-Philippe Defawe, bureau du Moniteur à Nantes | 05/05/2011 | 16:17 | Bâtiment

L’architecte François Leclercq présente son projet le 5 mai 2011 à Nantes  

Photo n° 1/8
© Jean-Philippe Defawe / Le Moniteur

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L’architecte François Leclercq présente son projet le 5 mai 2011 à Nantes

L’architecte François Leclercq présente son projet le 5 mai 2011 à Nantes

Photo n° 1/8 - © Jean-Philippe Defawe / Le Moniteur / LE MONITEUR.FR

L’architecte François Leclercq présente son projet le 5 mai 2011 à Nantes

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Projet de lycée à énergie positive sur l’île de Nantes, par l’architecte François Leclercq

François Leclercq, lauréat du concours d’architecture pour le lycée à vocation internationale de l’île de Nantes, a présenté son projet le 5 mai. Ouvert sur la ville avec un vaste parc-campus, le futur lycée, très compact, sera réalisé en ossature bois et vise le niveau Bepos en jouant sur l’effet tampon thermique d’une vaste halle.

C'est l'un des éléments phares du grand projet urbain de l'île de Nantes. Aussi, quelque 120 cabinets d'architecture du monde entier avaient déposé un dossier de candidature en juin 2010. Sur la dernière ligne droite, cinq agences étaient en lice (*) : DPA (Dominique Perrault Architecture, Paris), Agence François Leclercq (Paris), GPAA (Gaëlle Péneau Architecte et Associés, Nantes), Asymptote Architecture (New York), Sanaa Ltd (Tokyo). Fin mars, le jury a tranché. Il a confié à l'équipe de François Leclercq ce projet de lycée polyvalent à vocation internationale. « Avec ce lycée, je suis tout particulièrement fier de participer à cette belle aventure qui est celle de l’île de Nantes », a déclaré François Leclercq lors de la présentation du projet le 5 mai 2011.

Programme mixte

D'une capacité de 1.500 élèves, l'établissement sera situé, à l'est de l'île de Nantes, dans un site urbanistique contraint de 35.000 m2 bordé par le stade Marcel-Lecointre, le conservatoire et les locaux de France 3. Outre le lycée, le programme de 21.000 m2 Shon comprend un double gymnase, un hébergement de 170 lits avec chambres individuelles (dont dix adaptées aux personnes à mobilité réduite, dix aux handicapés sensoriels) et une salle culturelle polyvalente reliée au bâtiment principal et imaginée comme une « lanterne magique ». La région veut mutualiser ces équipements. Aussi, la salle polyvalente servira aux répétitions de l'orchestre philharmonique des Pays de la Loire.

Dense et tout en longueur, le bâtiment à ossature bois sera structuré autour d'une rue intérieure en rez-de-chaussée innervant ses grandes fonctions (vie scolaire, salles des professeurs, CDI…). L'expérience en aménagement de l'agence François Leclercq (qui travaille sur le plan-guide d'extension de l'OIN Euroméditerranée, à Marseille) sera mise à profit car ce projet s'accompagne d'une intervention majeure sur les espaces publics, la création d'un campus, sorte de trame verte reliant les espaces végétalisés, dont le « Jardin des 5 sens » reconstitué, et d'une coulée verte, avec un parcours piétons jusqu'aux berges de la Loire.

Boucle tempérée passive

La principale originalité de ce projet tient à son exemplarité en termes de qualité environnementale. « Nous souhaitons que ce lycée ait une performance énergétique très intéressante », explique Jacques Auxiette, président de la région. Réponse de l'agence François Leclercq : le bâtiment atteindra le niveau Bepos (bâtiment à énergie positive). En jouant sur la compacité avec une halle sur toute la longueur du bâtiment, le projet de François Leclercq permet un système thermique basé sur la complémentarité des usages et la juxtaposition des lieux, dans le même esprit que la transformation des Halles Alstom voisines par Franklin Azzi.

« La mitoyenneté des différents pôles permet une économie de façades froides. Quant à la rue intérieure, elle permet d’économiser sur les déperditions thermiques des façades intérieures en y créant une température de confort (quelle que soit la température extérieure) au moyen d’une boucle tempérée passive », détaille François Leclercq. Le système repose sur une récupération des eaux pluviales et leur stockage dans une cuve au niveau du sol, à une température « naturelle » constante de 15°C. C’est cette eau, réinjectée dans le plancher de la rue intérieure, qui régule sa température. « Lorsqu’il fera 0°C à l’extérieur, il fera 12°C dans la rue », assure François Leclercq.

 

Ossature bois

L’autre originalité du projet réside dans le mode constructif du bâtiment. Sa simplicité permet de proposer un système d’ossature bois avec industrialisation en amont. Le bâtiment est en effet calé sur une trame structurelle de 5,60 m et trois modules différents suffisent à constituer l’ensemble du bâtiment : les gymnases, les pôles d’enseignement, et l’internat. « Les avantages d’un tel système sont nombreux, explique François Leclercq, la faible inertie du bois correspond très bien à la temporalité d’usage d’un lycée, l’industrialisation en amont permet un chantier propre et silencieux, le bois offre une empreinte énergétique faible et je souhaite que ce projet s’intègre dans la filière bois locale en étant un élément moteur de l’innovation ».

L'opération, financée par la région, s’élève à 75 millions d'euros dont 44 millions HT de travaux. Les consultations pour le choix de l'entreprise générale se dérouleront de mars à août 2012, les travaux devant débuter en septembre 2012, pour se terminer en juillet 2014.

 

(*) Retrouvez les différentes propositions dans « Le Moniteur des Travaux Publics et du Bâtiment », n°5606, daté du 6 mai (pp. 28-29).

Jean-Philippe Defawe, bureau du Moniteur à Nantes | Source LE MONITEUR HEBDO