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Immeubles «  verts » : mieux tenir compte des conditions d’utilisation

Isabelle Duffaure-Gallais | 05/04/2011 | 19:22 | Bâtiment

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Bouclier solaire de la tour Elithis

2 commentaires

Une étude sur des immeubles de bureaux certifiés HQE en exploitation montre une évolution sensible des relations entre gestionnaires, exploitants et utilisateurs.

«Les immeubles de bureaux " verts " tiennent-ils leurs promesses ? » C'est le titre d'une étude (*) réalisée à la demande du CSTB et de sa filiale Certivéa, dix-huit mois après le lancement de la certification NF Bâtiments tertiaires en exploitation-démarche HQE. Jean Carassus, chargé de cette étude, a interrogé une douzaine de dirigeants de sociétés d'investissement, d'exploitants et d'occupants d'immeubles de bureaux certifiés HQE en exploitation. L'objectif était de mesurer les performances réelles de ces immeubles et l'avancée que représente la certification.
Evalués dans des conditions d'occupation conventionnelles, les immeubles certifiés affichent dans certains cas des performances réelles sensiblement inférieures.
Parmi les causes de décalage : une occupation différente de celle envisagée par les prévisions conventionnelles. Jean Carassus cite l'exemple du « Bâtiment 270 », réalisé en 2005 par Icade à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), dont l'objectif de 120 kWh/m².an d'énergie finale pour les usages réglementaires (chauffage, rafraîchissement, ventilation, eau chaude, éclairage, auxiliaires) a été largement dépassé pour atteindre, en 2007, 170 kWh/m².an. Cause essentielle de l'écart : un locataire (un journal) qui occupe les bureaux sept jours sur sept et 24 heures sur 24, et non cinq jours par semaine et 10 h par jour.
Il apparaît donc indispensable à l'auteur de l'étude de mettre en place un dispositif d'observation des consommations réelles des immeubles, HQE ou non, associées à leurs conditions d'utilisation. Il note que la certification HQE en exploitation, dans sa version « exploitation et utilisation », représente une avancée vers la prise en compte des performances réelles des immeubles et met en place les bases d'une coopération inédite entre propriétaire/gestionnaire, exploitant et utilisateur. Cette certification est jugée - par les professionnels interrogés - très complémentaire de l'annexe verte au bail et des contrats de performance énergétique.

Rémunérer selon la performance

L'étude s'achève par onze recommandations. Jean Carassus préconise, par exemple, d'évaluer la performance environnementale réelle des immeubles au moyen de six indicateurs mesurables : consommations d'énergie non renouvelable (kWh) et d'eau (m3), production de gaz à effet de serre (kg eq CO2) et de déchets, qualité de l'air, distance aux transports en commun en site propre. Autres suggestions : mettre en place une garantie de performance conventionnelle, attestée par tierce partie et confortée par un assureur ; ou intégrer tout au long de la chaîne d'acteurs (monteur d'opération, maître d'œuvre, entreprises, gestionnaire, exploitant, utilisateur) des modes de rémunération en fonction de la performance. 

Pour voir l'étude, cliquez ci-dessous.

 

FOCUS

Jean Carassus, professeur à l’Ecole des ponts Paristech, consultant en immobilier durable

« Nous allons vers la mesure des performances réelles »
« La tendance est au suivi des consommations réelles, au moins pour le tertiaire. Ainsi, le groupe de travail « Valeur verte » du Plan Bâtiment Grenelle recommande d'imposer aux locataires du tertiaire de transmettre leurs consommations réelles au propriétaire. Le texte d'application sur l'obligation de travaux dans le tertiaire pourrait également porter sur l'évolution des consommations réelles avant et après travaux.
Au Royaume-Uni, le Carbon Reduction Commitment (CRC) exige, depuis avril 2010, que les 5 000 plus gros consommateurs d'électricité non industriels envoient leurs factures d'énergie à une agence publique. Un classement annuel selon la performance carbone mesurée à partir des consommations réelles sera publié et les moins performants paieront une pénalité de 12 livres par tonne de CO2 émise au-dessus d'un certain seuil.
Les utilisateurs d'immeubles s'intéressent aussi aux performances réelles. L'un d'eux a introduit depuis trois ans le calcul d'une quote part de l'intéressement salarial en fonction des consommations réelles d'énergie, d'eau et de papier dans les bureaux où travaillent ses salariés. »

Isabelle Duffaure-Gallais | Source LE MONITEUR HEBDO

 
  • Guiz |

    Modifier les unités

    Afin de comparer ce qui est comparable, ne serait-il pas préférable de convertir les kWh/m².an en Wh/m².h, le
  • Cyril |

    cyril

    Mais pourquoi cet article m’apparait comme une évidence !?!? On peut prévoir des consommation au kW près mais on s’étonne qu’en utilisant différemment le bâtiment on consomme différemment. (Quid des bâtiments mal conçus mais dont les kWep/m² sont < à la prévision car par chance ils sont sous-exploités et donc échappent au jugement). Puisque en théorie les consommations calculées ne sorte pas d’un chapeau et qu’elles sont effectivement justes, alors : -Soit on ajoute à l’étude du bâtiment de quoi mesurer les consommations par poste dès la conception du projet puis on les couples à des abaques de vérification (Usage/consommation théorique) que le BE est capable de produire….et par la même occasion clore le débat sur les

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