Bâtiment

Ce « cercle vicieux » qui empêche la rénovation énergétique des copropriétés

Le BIPE, société d’ingénierie économique et de conseil en stratégie, a rendu public son « Observatoire prospectif de la Rénovation Energétique des logements en Copropriété » (Orec). Son constat est sans appel : si les mesures publiques et l’offre des professionnels restent en l’état, le gain d’énergie dans les copropriétés sera de 15% entre 2010 et 2020, loin des 38% fixés comme objectif du Plan Bâtiment pour l’ensemble du parc immobilier.

28 % du parc des résidences principales du pays sont des logements en copropriété (environ 8 millions de logements). Les copropriétés représentent donc une part non négligeable de la consommation d’énergie totale du parc immobilier français que le Plan Bâtiment Grenelle veut réduire de 38 %. 

Or, entre 2010 et 2020 le gain d’énergie dans les copropriétés sera de 15 %, soit 1,3 Mtoe au lieu de 3.3 Mtoe(1). Le marché de la rénovation énergétique de ces copropriétés reste en effet encore « embryonnaire » et de nombreux obstacles en empêchent le développement à en croire l’Observatoire prospectif de la Rénovation Energétique des logements en Copropriété (Orec).

 

Cercle vicieux

 

Lancé en 2012 par le BIPE, société d’ingénierie économique et de conseil en stratégie, l’Orec pointe comme premier obstacle le processus de décision collectif, beaucoup plus complexe dans le parc collectif privé que dans l’habitat individuel ou le parc social.

Ainsi, si les travaux se font dans les parties privatives (32 % d’interventions (2) en plus que dans les parties communes), difficile de mobiliser les autres copropriétaires lorsqu’il s’agit des parties communes. Surtout lorsqu’une part importante de ces copropriétaires sont des bailleurs, « plus réticents à améliorer la performance d’un logement dont ils ne supportent ni les charges locatives ni le manque éventuel de confort », souligne l’Orec.

Ainsi, les propriétaires occupants font plus de travaux d’isolation de toiture (19 % contre 15 %) et de changements de système de chauffage (10 % contre 6 %). S’agissant des travaux prévus, 36 % des propriétaires occupants envisagent des travaux de rénovation énergétique dans les cinq prochaines années, contre seulement 26 % pour les propriétaires bailleurs.

Autre obstacle important : le coût des travaux de rénovation énergétique, jouant pour 72 % des propriétaires bailleurs et 54 % des propriétaires occupants.

Manquant d’informations sur les dispositifs d’aide (éco-PTZ notamment) à la réalisation de ces travaux, les copropriétaires sont donc peu enclins à entamer ces démarches, d’autant, pointe l’Orec, qu’ils sont peu ou mal « poussés » à le faire par les syndics.

Peu de demandes pour des travaux chers pour lesquels peu de formules attractives existent, ce qui ne facilite pas la demande… Voilà donc résumé le « cercle vicieux » qui d’après l’Orec freine le développement d’un marché de la rénovation énergétique des copropriétés.

 

Quelles solutions ?

 

Pour débloquer le marché, l’Orec propose donc plusieurs solutions, la première d’entre elle étant de mettre en place une meilleure information concernant les aides publiques.

« Les copropriétaires ayant connaissance de l’éco-PTZ ont 52 % plus de chances d’effectuer des travaux d’isolation en parties communes que les autres, et ceux connaissant la TVA à taux réduit ont 77 % plus de chances de remplacer les ouvertures en parties privatives », souligne l’étude.

Un fort travail pédagogique est donc à engager, passant notamment par les bureaux d’études thermiques et les entreprises de travaux (électriciens, chauffagistes, couvreurs, …), consultés dans respectivement 71 % et 60 % des cas par les syndics à la recherche de conseils pour la rénovation énergétique, et dans 32 % et 39 % des cas par les copropriétaires. »

« D’autre part, pour surmonter la problématique du coût, l’initiative des contrats de performance énergétique, avec ou sans la participation de tiers investisseurs, permettant la mise en oeuvre d’interventions globales, efficaces mais à long temps de retour, doit certainement être encouragée par les pouvoirs publics, indique l’Orec.

Enfin, l’Orec propose d’associer rénovation énergétique et confort pour donner une plusvalue à ces travaux et de les associer au maximum à d’autre interventions. En effet, 69 % des travaux dans une copropriété ne concernent aujourd’hui pas la rénovation énergatique.

 

 

(1) Million de tonnes équivalent pétrole

(2) L’Orec entend par « intervention », une action sur l’un des éléments du bâtiment jouant un rôle significatif dans sa performance énergétique : parois opaques, parois vitrées, système de ventilation, système de production d’énergie et/ou de contrôle des consommations d’énergie.

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  • Jean pierre Hardy - Le

    Propoition

    Ne peut-on pas imaginer une loi qui mettrait les charges locatives (chauffage en particulier) à la charge des propriétaires bailleurs ?
  • Commenter cet article
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