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LGV Bretagne-Pays de la Loire: Eiffage signe le plus important contrat de son histoire
Laurence Francqueville | 28/07/2011 | 19:52 | Déplacements
Dans la foulée de la convention de financement paraphée le 13 juillet dernier, Réseau ferré de France (RFF) et le groupe Eiffage ont signé le 28 juillet le contrat de partenariat pour la ligne à grande vitesse Le Mans-Rennes.
Paris-Rennes en moins d'1h30. C'est le temps qu'il faudra en 2016 pour réaliser ce parcours quand la ligne Paris-Le Mans construite en 1989 sera prolongée jusqu'en Bretagne. L'encre de la convention de financement entre l'Etat et les collectivités locales paraphée le 13 juillet est à peine sèche que Réseau ferré de France (RFF) et le groupe Eiffage viennent de signer le contrat de partenariat pour la réalisation de la LGV entre Le Mans et Rennes: le premier contrat de partenariat dans la grande vitesse ferroviaire.
Titulaire d'un contrat de 25 ans, le n°3 français du BTP (via une société baptisée Eiffage Rail Express) sera maître d'ouvrage de la ligne nouvelle (80% du coût du projet). A ce titre, il mettra au point définitivement le projet technique et accomplira les procédures complémentaires à mener après les études détaillées (loi sur l'eau, espèces protégées, enquêtes parcellaires, acquisitions foncières restantes...), construira et gérera l'infrastructure qui sera ensuite exploitée par la SNCF.
Eiffage se met en ordre de bataille
Pour Eiffage, le défi est de taille. «Nous sommes fiers de participer à cette grande opération d'aménagement du territoire. Elle constitue le plus important chantier jamais réalisé par Eiffage», a souligné Pierre Berger, directeur général du groupe, lors de la signature. Ce dernier a d'ailleurs mis le groupe en ordre de bataille pour réaliser cette opération, gagnée à prix très serrés et qui va impliquer toutes ses branches d'activités. Dès janvier, un comité de pilotage, formé des directeurs du projet Marc Legrand et Michel Oléo ainsi que des patrons de branches, a été créé. En parallèle, pour la première fois chez Eiffage, les équipes associant bureaux d'études internes et leurs partenaires Setec et Ingerop ont été intégrées dès la phase études. «C'est sans aucun doute dans cette phase amont que se joue la réussite des grosses affaires», expliquait récemment Pierre Berger à la rédaction du Moniteur.
Eiffage s'est engagé à sous-traiter 30% des travaux, prioritairement à des entreprises locales. «C'est le premier chantier de cette importance pour la Bretagne et il y a un vrai engouement dans toute la région pour ce projet» avait d'ailleurs indiqué Michel Bariat, président de la FRTP Bretagne, le 13 juillet dernier.
Un montage financier complexe
Les 3,3 milliards d'euros nécessaires au projet sont financés aux deux tiers par les collectivités territoriales et RFF. Le tiers restant (qui correspond à la part de l'Etat) est pré-financé par Eiffage sous forme de fonds propres complétés par une dette bancaire contractée auprès de douze établissements commerciaux. A la mise en service de la ligne, les trois quarts de cette dette seront refinancés par la Caisse des Dépôts et par la Banque Européenne d'Investissement. Ensuite, en phase d'exploitation, Eiffage percevra deux loyers : un premier pour le remboursement de la part préfinancée ; un second pour la maintenance et le renouvellement de la ligne. RFF, qui percevra les péages, assume le «risque commercial» du projet. Par ailleurs, l'établissement public conserve la maîtrise d'ouvrage des raccordements au réseau national classique existant et rappelle que près d'un milliard d'euros sera investi d'ici à 2015 dans la rénovation du réseau existant en Bretagne et Pays de la Loire.
A noter que s'ajoute au contrat de partenariat proprement dit la réalisation de la virgule de Sablé sur Sarthe (3,6 km) pour 36,3 millions d'euros (financés par les collectivités, l'Etat et RFF), qui permettra de faire rouler du matériel TER sur une LGV, une grande première. Ce qu'explique Hubert Du Mesnil, président de RFF : «l'intérêt public supplémentaire que représentait cette virgule et la rapidité avec laquelle les études et la DUP ont été réalisées ont permis d'intégrer cette tranche conditionnelle dans le contrat».
Pour voir les communes concernées par le tracé,cliquez-ici
FOCUS
- 214 km de ligne nouvelle, dont 182 km de LGV
- 3,3 milliards d'euros d'investissements, dont près de 3 pour le contrat de partenariat
- Deux régions, trois départements et 57 communes concernées par le tracé
- 200 ouvrages d'art, dont une dizaine de viaducs
- 7 lots de travaux
- 30% des travaux seront sous-traités
- 8% des heures travaillées réservées à l'insertion
- 27 millions de m3 de terrassements
- 10 000 emplois créés pendant le chantier
- 12 banques commerciales intervenantes et deux banques institutionnelles (Caisse des Dépôts, BEI)
- Démarrage des travaux de terrassement : début 2013
- Livraison : fin 2016
FOCUS
- RFF : 42,8%
- Etat : 28,4% (préfinancé par Eiffage)
- Collectivités territoriales : 28,4% (région Bretagne, région Pays-de-la-Loire, départements des Côtes d'Armor, Finistère, Ille-et-Vilaine, Morbihan)
- Union européenne et Banque européenne d'investissement : 0,4%