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Un label pour identifier les « vrais » écoquartiers

Eric Leysens | 13/12/2012 | 16:30 | Territoire

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«Beaucoup voudraient qu'on dise un écoquartier c'est ça et rien d'autre. Mais ce n'est pas si simple », note Franck Faucheux. A défaut d'une définition, le « monsieur écoquartier » du ministère a un adage : « dites-moi où vous êtes je vous dirais com

La ministre de l’Egalité des territoires Cécile Duflot se rend, vendredi 14 décembre, à Brétigny-sur-Orge, pour lancer le label «écoquartier». En exclusivité, LeMoniteur.fr vous précise ses contours.

« Quand on lit la presse, on a l'impression que tous les projets d'aménagement sont des écoquartiers », constate Franck Faucheux, chargé du dossier « écoquartier »  au  ministère de l'Egalité des territoires et du Logement. Son équipe a travaillé à l'élaboration d'un label que la ministre Cécile Duflot lance officiellement ce vendredi 14 décembre et, qui permettra de faire le tri parmi les nombreux projets d'aménagement que les collectivités autoproclament « écoquartier ».

Pour rédiger le label, l'équipe de Franck Faucheux a observé les lauréats des deux appels à projets écoquartiers, lancés en 2009 et 2011 et a expérimenté, en 2012,un référentiel sur 15 sites.

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Etapes du processus de labellisation



«Beaucoup voudraient qu'on dise un écoquartier c'est ça et rien d'autre. Mais ce n'est pas si simple », note Franck Faucheux. A défaut d'une définition, le « monsieur écoquartier » du ministère a un adage : « dites-moi où vous êtes je vous dirai comment doit être votre écoquartier».
Inspiré de cette philosophie, le label écoquartier se décline donc sous la forme de 20 indicateurs auxquels le maître d'ouvrage doit répondre de manière chiffrée, mais également de 20 critères devant permettre d'évaluer le projet en fonction de son ancrage territorial.



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Les 20 indicateurs chiffrés (zones surlignées) et les 20 critères d'évaluation



« Il n'y a pas que les ZAC entièrement piétonnes qui seront labellisées écoquartiers, remarque  Franck Faucheux. Un hameau rural de cinq maisons avec parking pourra également en bénéficier à condition que le maître d'ouvrage ait démontré que le contexte local ne permettait pas d'aller plus loin dans la démarche de mobilité ». Afin d'illustrer les comportements que le label interdit, il cite l'exemple d'un maître d'ouvrage marseillais ayant prévu plusieurs places de stationnement par logement et disant ne pas avoir la possibilité d'installer un bassin de rétention d'eau pluviale.

Un label sans exigences minimales

Si le label demande de préciser les m² d'espace vert par habitant, le nombre de places de parking prévues par logement, la part de logements sociaux ou encore le pourcentage de logements situés à moins de 200m d'un point de recyclage, il n'exige pas de niveau minimum sur les critères pris en compte.

Franck Faucheux dit vouloir prendre le temps avant d'introduire des seuils qui bloqueraient l'accès au label. « On a construit les grands ensembles avec la meilleure intention du monde et on se rend compte aujourd'hui que les gens ne s'y sentent pas nécessairement bien. Il ne faut donc pas établir trop vite ce que doit être l'écoquartier, habitat de demain. L'observation des premiers projets labellisés servira à faire émerger des exigences minimales», explique-t-il. Par exemple, une densité de 25 logements par hectare apparaît déjà comme la limite la plus basse acceptable et, pourrait devenir une condition sine qua non d'obtention du label.

Néanmoins, certains aspects, comme la mixité, ne peuvent se passer d'une contextualisation et ne seront donc certainement jamais soumis à une obligation minimale. « Sur l'écoquartier de l'île Seguin, à Boulogne-Billancourt (92), on compte un pourcentage de logements sociaux plus élevé que sur l'écoquartier de l'île-Saint-Denis (93), indique Franck Faucheux. Chacun des deux écoquartiers apporte ce qu'il manque à son environnement».

L'écoquartier, une enclave pour bobos ?

Face à la critique récurrente qui dénonce l'écoquartier comme une enclave pour bobos, Franck Faucheux rappelle que, dans les aménagements ayant concouru aux deux appels à projets écoquartiers, un tiers des logements sont sociaux. «Habiter un écoquartier c'est prendre le bus, partager son jardin et accepter les logements sociaux, car ils permettent d'avoir sa nourrice comme voisine, précise avec une pointe d'humour Franck Faucheux. Bref, les quartiers labellisés seront tous différents, pour tous, pas bling-bling mais j'espère funky.»

Pour lire le dossier complet de labellisation, cliquez ci-dessous

 

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