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La Cité radieuse de Marseille ravagée par un incendie

| 10/02/2012 | 11:46 | Qualité/Sécurité

Agrandir la photo © BORIS HORVAT / AFP
La Cité radieuse de Le Corbusier en proie aux flammes

Un important incendie s’est déclenché jeudi 9 février après-midi dans l’immeuble créé par Le Corbusier. Nombre des 334 appartements ont été détruits ou endommagés. Vendredi 10 février après-midi, le bâtiment restait sous étroite surveillance des marins-pompiers et dans l’immédiat inaccessible pour ses habitants évacués la nuit précédente.

Un violent incendie a embrasé la Cité radieuse de Marseille, bâtiment créé par Le Corbusier, jeudi 9 février. Le feu est parti d'un duplex du premier étage, et s'est propagé à l'appartement de l'étage supérieur, du fait "du fort potentiel calorifique présent (plancher, murs et mobilier de bois)", ont expliqué les marins-pompiers de Marseille. "Le problème ce sont les gaz issus de matières combustibles qui ne brûlent pas, et qui se propagent" dans les gaines, a indiqué sur place José Allegrini, adjoint au maire en charge de la sécurité. "Quand ils saturent un espace, ils s'enflamment".

En fin d'après-midi jeudi, trois appartements avaient été détruits et l'incendie était "en cours d'extinction". Mais peu après 21h00, une reprise s'est produite, gagnant les étages et portant à onze le nombre de logements détruits par le feu et à une vingtaine voire une trentaine le nombre de ceux endommagés par les fumées, selon le commandant des opérations, le capitaine de frégate Guy Velu.

Vendredi 10 janvier au petit matin, le bilan était de "12 volumes, huit appartements et quatre chambres de l'hôtel intégré dans la Cité (...) directement touchés par le feu et beaucoup plus, mais le chiffrage n'est pas encore fait (...), endommagés par les fumées ou l'action menée" pour éteindre l'incendie, selon une porte-parole des marins-pompiers.

Evacuation

Au coeur de la nuit, les pompiers se sont efforcés de noyer l'ensemble des gaines avec de la mousse, à partir de trouées au 7e étage. Des équipes étaient disposées dans les logements mitoyens de ceux sinistrés, tandis que d'autres arrosaient les cloisons et que chaque étage était inondé de 5 à 10 cm d'eau. Problème supplémentaire : "Par endroits, l'eau a gelé et des stalactites se sont formées rendant les abords et les escaliers dangereux d'accès", a précisé une porte-parole des marins-pompiers.

Dans le même temps, les secours frappaient à chaque porte pour la 3e fois, devant la réticence de certains à évacuer.
Des bus chauffés avaient été amenés pour accueillir les résidents. Au total seules une douzaine de personnes ont demandé à être hébergées à l'hôtel, les autres ayant trouvé à se reloger le temps de l'évacuation. Beaucoup étaient aussi partis avant l'évacuation, l'électricité ayant été coupée dans l'après-midi.

"C'est beaucoup de tristesse", commentait un homme âgé, résident depuis 20 ans, regardant l'épaisse fumée noire sortir d'un balcon.

" De nombreux planchers, les vitrages et certaines dalles ont explosé sous l’effet de la chaleur. L’électricité est coupée et on ne sait pas quand on pourra accéder à nos bureaux. J’espère que l’informatique a résisté ", témoigne pour Le Moniteur une architecte dont l’agence est installée dans l’immeuble depuis une dizaine d’années. La mauvaise isolation du bâtiment et les matériaux utilisés par Le Corbusier sont-ils en cause dans la propagation du sinistre ? " Je n’y crois pas un seul instant, ajoute l’architecte. La Cité Radieuse est classé ERP et elle fait l’objet de visites très fréquentes de la part des marins-pompiers. C’est l’un des immeubles les plus sécurisé de Marseille. Et les matériaux d’origine restent très performants, en tout cas beaucoup plus que certains produits utilisés dans la construction d’aujourd’hui ".

Inspirée des paquebots chers à l'architecte Charles-Édouard Jeanneret, dit Le Corbusier, la Cité radieuse abrite quelque 1.500 personnes.
Située dans le sud de la ville, elle se présente comme un "village vertical" (neuf étages, 56 m de haut), avec commerces, hôtel, équipements collectifs (école maternelle, gymnase). Surnommée la "cité du fada", symbole de l'architecture moderne des années 50, cette cathédrale de béton brut de 50.000 tonnes montée sur 17 portiques a été classée monument historique en 1995.
Elle avait déjà connu un incendie en septembre 2004, qui avait détruit au matin un appartement et endommagé un second, sans faire de victime.

| Source AFP