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Six des huit détecteurs de fumées les plus vendus ne seraient pas fiables
J-Ph D. | 23/09/2009 | 19:32 | Qualité/Sécurité
L’installation d’un détecteur de fumée peut sauver des vies en cas d’incendie. Encore faut-il qu’il fonctionne correctement. Or, c’est rarement le cas, si l’on croit une récente étude du magazine « 60 millions de consommateurs ».
"La majorité des modèles a toujours (depuis l'essai comparatif de 2006, ndlr) de gros problèmes de détection des feux: ils les détectent trop tard ou pas du tout", dénonce le mensuel de l'Institut national de la consommation (INC).
Seuls deux détecteurs avertisseurs autonomes de fumée (Daaf), testés en laboratoires, sont conformes à la norme européenne EN 14604. Cette norme est obligatoire en France depuis le 1er mai 2008 et dans le reste de l'Europe depuis le 1er août 2008.
Rappelons que le rôle d'un détecteur avertisseur autonome de fumée (DAAF) ne consiste pas à éliminer les fumées ou à éteindre l'incendie mais à prévenir les occupants de la présence de fumée grâce à une alarme de 85 décibels.
Le magazine a saisi la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) pour demander un programme de contrôles renforcés et le retrait des produits disqualifiés.
La publication de cette enquête intervient alors qu'une proposition de loi déposée en 2005, visant à rendre obligatoire leur installation dans les foyers, pourrait être adoptée cet automne en même temps qu'une grande campagne d'information promise par le secrétaire d'Etat au Logement, Benoist Apparu. Déjà adopté en première et deuxième lecture par le Sénat et l'Assemblée, ce texte obligerait l'occupant du logement (qu'il soit locataire ou propriétaire) à équiper son habitation (neuve ou ancienne) d'un détecteur avertisseur autonome de fumée (DAAF).
Dans ce domaine de la détection incendie, la France accuse un sérieux retard avec un taux d'équipement inférieur à 5%. Pour le député Damien Meslot, à l'origine de ce texte,
"en comparant avec les Etats-Unis d'Amérique, le Canada et l'Angleterre, la législation a permis d'atteindre un taux d'équipement des logements en moyenne de 75 % voire 85-90% et de réduire de moitié le nombre de victimes".
FOCUS
En 2008, la Direction de la sécurité civile (DSC) a recensé plus de 10.000 victimes d'accidents domestiques. "Les fumées tuent plus que les flammes et une exposition même brève peut entraîner des handicaps à vie", explique le mensuel. "On estime qu'au cours de son existence un Français sur trois sera confronté à un incendie", note le magazine.