Informatique & construction

Maquette numérique : Autodesk rassemble la communauté BIM (Building Information Modeling) à Paris

200 personnes – architectes, ingénieurs et professionnels du BTP – ont été réunies le 14 novembre à Paris par l’éditeur Autodesk pour sa troisième BIM Conference. Un succès qui témoigne de l’intérêt croissant de la construction pour la modélisation 3D et le « Building Information Modeling ».

Au-delà des exposés d’Autodesk quant aux évolutions récentes ou à venir de ses suites logicielles, et notamment le passage au « cloud computing », la BIM Conference a été pour les participants l’occasion de recueillir le témoignage de quelques précurseurs. « Dans le cas du Centre de recherches de Michelin à Clermont-Ferrand, le BIM nous a permis d’aller plus vite, de traiter plus facilement les évolutions du projet et de mieux dialoguer avec le maître d’ouvrage, pour les essais de couleur ou de texture par exemple, a déclaré Rémi Lichnerowicz, architecte chez Chaix & Morel et associés. Mais attention, insiste-t-il, le BIM exige du professionnel un minimum de chantier pour qu’il soit efficace, ce qui nous a d’ailleurs posé des problèmes de recrutement ». Aujourd’hui, plutôt que des spécialistes de l’outil Autodesk Revit, utilisé pour huit projets sur dix, l’agence privilégie le recrutement de personnes dotées d’un bagage technique classique qui ne sont formées qu’ensuite au BIM. Rémi Lichnerowicz regrette par ailleurs que tous les bureaux d’études ne soient pas prêts à jouer le jeu du BIM.

Investir ou s’arrêter

Un point de vue contrebalancé néanmoins par le témoignage de Kléber Daudin (BET Kléber Daudin), fervent défenseur du BIM en dépit de la petite taille (quatre personnes) de sa structure. « J’ai démarré en 2009, à 49 ans, et je regrette aujourd’hui  de ne pas l’avoir fait plus tôt. Avec le BIM, on s’épargne de nombreuses tâches répétitives, on respecte mieux les délais et on peut régler de nombreux conflits dès la phase conception. Ceux qui n’investiront pas devront s’arrêter », estime l’ingénieur. Spécialiste de la synthèse, Matthieu Ferrua(Syntetic XD) souligne quant à lui l’intérêt économique du BIM. « Si on y passe beaucoup de temps au début d’un projet, on le rattrape largement par la suite, et le BIM constitue une aide précieuse pour la gestion de la complexité. » Même son de cloche chez Studios Architecture. Ryad Sbartaï, «  BIM Manager » de l’agence française, estime ainsi que la Fondation Louis Vuitton pour la création n’aurait jamais pu être conçue sans le BIM « tellement le bâtiment est complexe ». Pour lui toutefois, le BIM ne se réduit pas à un modèle 3D. « C’est aussi une philosophie, une façon de travailler et un outil qui s’enrichit d’informations tout au long du cycle de vie du bâtiment. »

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