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Enfin un code de bonne conduite pour l’utilisation des images 3D
Jean-Philippe Defawe | 08/02/2010 | 19:36 | Informatique & construction
© DR
La charte comprend trois grands principes : crédibilité, transparence et mutualisation des bonnes pratiques.
Jeudi dernier, au salon Imagina à Monaco, a été signée une charte d’éthique et de déontologie engageant les collectivités publiques et les fournisseurs d’images virtuelles 3D dans le domaine de l’aménagement du territoire.
Avec le développement de la technologie, la tentation peut être grande de vouloir embellir la réalité ou de camoufler certains problèmes comme la configuration d'un terrain ou la présence de nuisances. Or, pour que la 3D puisse fournir toute l'étendue de ses potentiels de représentation, ces images doivent coller au plus près de la réalité.
C'est particulièrement vrai pour les collectivités locales qui ont besoin de données avérées, fiables et d'une précision suffisante, en vue d'une utilisation crédible des visualisations tridimensionnelles du territoire. "C'est indispensable pour répondre aux besoins, aussi bien en matière de concertation lors de l'élaboration et de la présentation des projets, que pour ce qui concerne la simulation de situations réelles, telles que les émissions de bruit, les calculs d'ensoleillement, l'analyse de la visibilité, etc." expliquent les auteurs de cette charte.
Un cadre est désormais fixé avec cette charte d'éthique de la 3D, à laquelle chacun est libre d'adhérer sur la base de la bonne foi. Ce document concerne en priorité les collectivités publiques qui sont nombreuses à s'engager dans une modélisation de leur territoire, les unités de recherche, mais aussi les géomètres, architectes ou les urbanistes. Il comprend trois grands principes : crédibilité, transparence et mutualisation des bonnes pratiques.
Les signataires s'engagent par exemple "à créer des images de synthèse ou des scènes tridimensionnelles qui ne soient pas susceptibles d'influencer à son insu le décideur, le maître d'ouvrage ou le public utiliser uniquement des données fiables et actuelles, privilégiant l'usage de données officielles, de qualités adéquates et suffisantes, représentatives du territoire concerné par le projet".
Une tel charte était devenue indispensable tant les potentiels de la 3D sont grands. Car outre l'utilisation "classique" sous forme d'images, cette technologie nous permet de réaliser des maquettes en temps réel, des animations pré-calculées, des simulations... Les représentations en 3D constituent également des outils d'aide à la décision et de communication auprès du grand public.
© Imagina
Signature de la charte d'éthique de la 3D à Monaco, le 4 février 2010, sous l'égide de S.A.S. le Prince Albert II.
FOCUS
La Principauté de Monaco, la République et Canton de Genève, la Ville de Melun, l'Institut géographique national (France), l'Ecole nationale sciences géographiques, l'Office fédéral de topographie swisstopo, l'Agence d'urbanisme pour le développement de l'agglomération lyonnaise, la Société des ingénieurs et architectes (Genève), l'Association des géomètres et géomaticiens genevois, l'Ordre des arpenteurs géomètres du Québec, le SPSPEM (Ville de Montréal), les sociétés Géo-Vision Avenir, Halbout Consultants, IGO, l'Ecole d'Ingénieurs de la Ville de Paris, l'Association française des Directeurs de Jardins et d'Espaces verts publics, la Fédération française du paysage, l'Union nationale des entrepreneurs du paysage.
thierry | 09/02/2010 - 08:31
Commentaire Je vois que l'agence d urbanisme de Lyon était présente Cela leur a permis une petite ballade à Monaco au frais de la princesse: une charte de plus alors que le bon sens suffit
Vincent | 09/02/2010 - 11:28
le doigt du sage qui montre la lune...
Même en modifiant l'épaisseur d'un trait affecté à un objet sur un plan on peut influencer la perception d'un spectateur sur l'importance de cet objet. Les vedute de canaleto sur Venise contiennent toutes des distorsions, des lignes de fuite impossible ou des immeubles supprimés. Pourtant, Venise, c'est les Vedute. C'est toujours instructif de voir des gens censément cultivés croire qu'en règlementant le doigt du sage qui montre la lune on peut ordonner l'astre lui-même. (Remarquez pendant qu'ils s'y emploient on a la paix).
Patrick | 09/02/2010 - 17:23
Le Moniteur a trouvé le bon titre
Enfin un engagement déontologique sur la 3D même s’il est basé sur le bon vouloir de chacun. Ce logo permettra de garder confiance dans l’objectivité d’une représentation. Fini les images d’aménagement trompeuses où tout est beau et tout est parfait, mélangées aux images sérieuses. Grace à ce logo on pourra enfin distinguer ce qui ressort du réel, de ce qui n’est que rêve mais parfois nécessaire aussi (regarder vos panneaux publicitaires sur l’immobilier). Moi je dis bravo à cette idée simple et efficace, elle pourrait même inspirer les agences de presse entre les photos de mannequins retouchés, et les photos au naturel !
Anonyme | 10/02/2010 - 05:59
no délire en architecture ça va barder dans ce cas
A mon humble avis l'heure du "no délire in architecture" est sonnée car mine de rien vu les prouesses technologiques et artistiques en représentation architecturale 3d je vois bien les artistes, les architectes et fan de 3d s'en priver...moi qui pensais en partant du plan cadastral de certaines villes refaire le monde, je suis mal parti... mais je m'y lancerai bientôt question de voir jusqu'où je peux pousser mes
Thomas | 12/02/2010 - 11:31
confusion
C'est assez étonnant de constater une telle confusion vis à vis de la notion de représentation. C'est particulièrement lisible dans le commentaire de Patrick, qui en appelle à "l'objectivité d'une représentation". La précision induite par la représentation informatique n'implique pas d'objectivité, elle ne se joue que dans un univers abstrait, sans enjeux physiques, environnementale ou sociale; elle ne permet donc qu'une précision géométrique, et il est illusoire de penser qu'elle peut aboutir à une transparence absolue vers autre chose que l'univers virtuel dans lequel elle est créée, qui se limite aux frontière que les logiciels utilisés pour la produire ont fixés.
Thomas | 12/02/2010 - 11:31
suite
La seule incursion du réel dans ces images est amenée par la subjectivité propre aux architectes qui les commandes et aux artistes qui les produisent; elle n'a donc pas grand chose à voir avec l'objectivité, ou avec le champ exclusif "des données avérées" (qui sont d'ailleurs souvent très difficiles à obtenir dans le processus habituel de production des illustrations de concours par ailleurs).
Anonyme | 01/03/2010 - 16:24
Théorie de l'imagerie de synthèse aplpiquée à l'architecture
Article théorisant l'imagerie de synthèse appliquée à l'architecture paru dans la revue informatique de l'EPFL (Suisse): http://marcol.zhongart.com/premier/photoA_files/imagerie%20architecture.html Et en format PDF: http://ditwww.epfl.ch/SIC/SA/SPIP/Publications/IMG/pdf_sp-7-page69.pdf Auteur: Marc-Olivier Paux, architecte-photographe-inforgraphe