Règles techniques

Des canalisations d’eau potable en PVC à surveiller

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Produits et matériaux

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Santé

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Eau

La Direction générale de la Santé demande un inventaire des canalisations d’eau potables en PVC antérieures à 1980 susceptibles de contaminer l’eau par du chlorure de vinyle monomère, jugé cancérogène.

Le ministère des Affaires Sociales et de la Santé a adressé en octobre dernier aux agences régionales de santé et aux préfets de région et de département une  instruction (n°DGS/EA4/2012/366) leur demandant de repérer les canalisations en polychlorure de vinyle (PVC) susceptibles de contenir du chlorure de vinyle monomère (CVM) résiduel qui risque de migrer vers l’eau destinée à la consommation humaine. En cas de dépassement de la limite de qualité des eaux, des mesures correctives devront être prises.

 

Canalisations antérieures à 1980

 

Les canalisations en PVC incriminés sont celles qui ont été posées avant 1980. Elles s’étendraient sur une distance comprise entre 50 000 km (estimation des plasturgistes fabricants) et 340 000 km (extrapolation à la France entière à partir des données patrimoniales fournies par les principaux délégataires du service public de l’eau).

La teneur en CVM résiduel est relativement stable tout au long de l’utilisation de la canalisation mais peut être très variable d’un tronçon à l’autre. Le relargage du CVM dans l’eau à partir des canalisations en PVC augmente évidemment avec le linéaire des tronçons de canalisations concernés et leur teneur en CVM résiduel initiale, mais aussi avec la température et le temps de séjour de l’eau dans ces tronçons.

Le CVM peut présenter une toxicité pour des expositions par ingestion et, dans une moindre mesure par inhalation. Les cancers du foie sont les pathologies les plus répandues. Un arrêté du 11 janvier 2007 relatif à la qualité des eaux destinées à la consommation humaine limite à 0,5 μg/l la teneur en CVM résiduel du PVC au robinet du consommateur.

 

Identifier les zones à risques

 

Plutôt que de généraliser le contrôle sanitaire du CVM au robinet du consommateur, le ministère de la Santé a jugé préférable, dans un premier temps, d’identifier, à partir des données patrimoniales des réseaux de distribution de l’eau potable, les unités de distribution présentant des tronçons en PVC antérieurs à1980 et où le temps de séjours de l’eau est supérieur à deux jours. « Une fois ce travail de repérage achevé, prévoit la circulaire, chaque agence régionale de la santé définira un plan d’échantillonnage des antennes à risque qu’il conviendra d’investiguer, visant en priorité les antennes alimentant le plus grand nombre de personnes, pour effectuer des contrôles, si possible quand la température de l’eau dépasse 15 °C ». L’ensemble des résultats sera compilé dans la base SISE-Eaux.

 

Mesures correctives

 

En cas de dépassement de la limite de qualité, des mesures correctives devront être prises pour assurer un retour à la normale en moins de trois mois. Si aucune mesure corrective ne peut être mise en œuvre rapidement ou ne s’avère efficace, ce sont des mesures de restriction de consommation qui seront alors envisagées.

Une mesure à court terme peut être la mise en place de purges dans les secteurs du réseau concernés. Elles consistent à accélérer la circulation de l’eau et à renouveler tout ou partie du volume d’eau d’une canalisation.

Il est ensuite nécessaire de prévoir la mise en œuvre de mesures curatives à long terme telles que des travaux sur les parties du réseau les plus critiques. Le tubage est une solution. Il consiste à insérer une canalisation de diamètre légèrement inférieur dans la canalisation existante.

Une autre solution peut être dans certains cas de raccorder les extrémités de réseau afin de former un maillage permettant une circulation en continu de l’eau dans la canalisation.

 

Remplacement des canalisations

 

Une mesure plus radicale consiste à remplacer les canalisations incriminées. « Le taux annuel de renouvellement des canalisations (tous matériaux confondus) est en France de 0,6 %, ce qui n’est pas suffisant pour remplacer les canalisations concernées par le CVM dans des délais compatibles avec les délais de mise en œuvre des mesures de gestion immédiates », note l’instruction. De plus, ces canalisations ont entre quarante et cinquante ans. Il s’agirait donc d’un renouvellement anticipé de canalisations non encore totalement amorties  puisque la durée d’amortissement est fréquemment comprise entre soixante et quatre-vingts ans.

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