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2 600 bâtiments basse consommation disséqués

| 12/10/2012 | 10:59 | Recherche & développement

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Cette absence de label maintient un vide juridique qui théoriquement empêche l’application de la bonification du coefficient d'occupation des sols (COS).

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2007-2012… En cinq ans, 1 360 opérations représentant plus de 2 600 bâtiments « exemplaires »  basse consommation ont été sélectionnés et soutenus par l’Ademe dans le cadre du PREBAT. L’analyse de ces bâtiments démonstrateurs est riche d’enseignements.Détails.

Lors des Rencontres de la Performance Energétique, manifestation organisée par l’Ademe et le Groupe Moniteur (qui s’est tenue les 8 et 9 octobre au Cnit de Paris-La-Défense), Pierre Herand, Chef du département Bâtiment et Urbanisme à l’Ademe, a dressé un bilan de 5 ans sur les bâtiments basse consommation, sélectionnés dans le cadre des appels à projets lancés conjointement par les directions régionales de l’ADEME et les Régions. Ils portent sur la construction ou la réhabilitation de bâtiments à basse consommation énergétique.

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De 2007 à 2012 : 1 360 opérations représentant plus de 2 600 bâtiments sélectionnés et soutenus

 

 

Pour voir la radiographie des bâtiments réhabilités, cliquez-ici

Pour voir celle des bâtiments neufs, cliquez-là

 

1 360 opérations représentant plus de 2 600 bâtiments ont été sélectionnés et soutenus par l'Ademe.65 % sont des opérations dans le neuf, 55% des opérations dans le secteur résidentiel (dont 289 opérations de MI et MI groupées pour 130 000 m2 shon). Ces opération représentent  2,4 millions de m2 shon (57% pour le résidentiel et 43% pour le tertiaire). Sur l'ensemble,  49 réalisation concernent des bâtiments à énergie positive (4 opérations de logements collectifs, 12 opérations de MI et 33 opérations tertiaires).

 

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Répartition détaillée des opérations lauréates : résidentiel et tertiaire

Une opération peut comporter plusieurs bâtiments : ainsi, pour le secteur résidentiel, la répartition en nombre de bâtiments est sensiblement différente avec 39% de maisons individuelles groupées, 13% de maisons individuelles en secteur diffus et 48% de bâtiments de logements collectifs.
Pour le secteur tertiaire, la répartition en bâtiments est identique.



Les bâtiments réhabilités


D'après Philippe Leonardon, ingénieur à l'Ademe et auteur de l' étude, il est possible de réhabiliter des bâtiments résidentiels et tertiaires à moins de 50 kWh/m2shon, pour un un coût respectivement inférieur à  500 euros HT/m2shon et  1 000 euros HT/m2 shon.

Les bâtiments réhabilités ont vu, en moyenne théorique, leurs consommations conventionnelles ( 5 postes de la RT) divisées par 3. 

 

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Consommations énergétiques conventionnelles (sans compter la consommation électrodomestique)

 

 

Dans le résidentiel, les consommations moyennes de chauffage représentent encore jusqu'à plus de 50% des usages réglementés pour les maisons individuelles; l'ECS vient en deuxième position avec une part comprise entre 25% et 30%; les consommations de refroidissement sont nulles.

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Bâtiments résidentiels en réhabilitation - valeurs moyennes des différents usages

 

Dans le tertiaire, les consommations moyennes de chauffage représentent 30% à 40%, suivant le type de bâtiment. La part de l'ECS est très faible dans ce secteur sauf pour les bâtiments d'hébergement pour lesquels cette part est d'un tiers. La part des auxiliaires (de chauffage et de ventilation) est identique pour tous les types de bâtiments tertiaires (de 22% à 24%); l'éclairage représente environ un tiers des consommations pour les bâtiments de bureaux et d'enseignement mais ne se situe qu'à 15% pour les bâtiments d'hébergement.

 

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Bâtiments tertiaires en réhabilitation - valeurs moyennes des différents usages

 

Chauffage: abscence de convecteurs électriques, domination des radiateurs à eau chaude

 

Le chauffage électrique direct concerne très peu de bâtiments. Dans le résidentiel, le chauffage par chaudière gaz (à condensation) concerne la majorité des bâtiments de logements collectifs mais une faible part des maisons individuelles en secteur diffus. Pour ce type de maisons, ce sont les poêles à bois qui sont les plus présents


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bâtiments résidentiels en réhabilitation - part (%) des différents modes de chauffage




Dans le tertiaire, pour les bâtiments de bureaux, les PAC sont les plus utilisées suivies du chauffage par chaudière gaz (à condensation) et des réseaux de chaleur.
Les bâtiments tertiaires autres que les bureaux ont essentiellement recours aux chaudières gaz (à condensation) et aux chaudières bois mais la part des PAC reste importante.

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Bâtiments tertiaires en réhabilitation - part (%) des différents modes de chauffage



70% des bâtiments renseignés utilisent les radiateurs (à eau chaude) pour l'émission de chaleur. 18% font appel à des planchers chauffants.

 

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répartition des types d'émetteurs

 

Enveloppe: explosion de l'isolation par l'exterieur, faible émergence du triple vitrage

L'isolation par l'extérieur concerne 70% des 288 bâtiments renseignés, alors que cette technique était jusqu'à présent très marginale sur le marché français de la construction. Cette solution permet de réduire fortement les ponts thermiques.
Pour 55% des 261 bâtiments renseignés, la résistance thermique d'au moins une des parois opaques est supérieure à 4 et pour 19% d'entre eux, cette résistance est supérieure à 6.
Pour les toitures, la résistance thermique est supérieure à 6 m2K/W pour 40% des bâtiments et à 8 m2K/W pour 15% d'entre eux (partiellement ou pour la totalité de la toiture).

Les performances des menuiseries sont très variables d'un projet à l'autre : pour les 242 bâtiments renseignés, les valeurs de Uw se situent ainsi entre 0,9 et 3,3 W/m2K, un même projet ou bâtiment pouvant comporter des menuiseries présentant des performances différentes.
Pour 85% des bâtiments renseignés, les menuiseries présentent en totalité ou partiellement un Uw inférieurs ou égal à 2 et pour 35 % d'entre eux, cette valeur descend en dessous de 1,5.
8% des 294 bâtiments renseignés, tous situés en zones H1 ou H2 font appel au triple vitrage, en totalité ou partiellement.

 

Ventilation: double flux dans le tertiaire, hygro B dans le collectif

Le recours au double flux est majoritaire dans le tertiaire avec 80% des bâtiments renseignés. Mais, ce taux n’est que de 6% pour les bâtiments de logements collectifs (pour 205 bâtiments). Pour ces derniers, la ventilation Hygro B concerne au moins 60% des bâtiments ; la moitié des maisons individuelles y a également recours.

 

Energie renouvelable : du solaire thermique, pas de photovoltaïque

 

Plus de la moitié des 300 bâtiments renseignés utilisent l’ECS solaire (60% pour le seul secteur résidentiel); par contre peu de bâtiments ont recours au photovoltaïque (10% des 320 bâtiments renseignés).



Les bâtiments neufs




Pour 92 % des bâtiments de logements collectifs, les coûts de travaux de construction sont inférieurs à 2 000 euros HT/m2 shon.Pour un même niveau de performance, il peut aller de 900 à plus de 3000 euros HT/m2 shon.
Pour 80% des bâtiments tertiares, les coûts de construction se situent entre 900 et 2 300 euros HT/m2 shon.


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valeurs moyennes des différents usages - bâtiments résidentiels neufs

 

Dans le résidentiel, les consommations de chauffage représentent encore jusqu'à plus de 40% des usages réglementés ; leur part est lègèrement plus faible dans le logement collectif que pour les maisons individuelles. L'ECS vient en deuxième position, voire en première position pour les bâtiments de logements collectifs.

 

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valeurs moyennes des différents usages - bâtiments tertiaires neufs



Dans le tertiaire, les consommations de chauffage représentent une part comprise entre 22% et 35%, suivant le type de bâtiment, la part la plus élevée étant pour les bâtiments d'hébergement. Pour les bâtiments de bureaux, l'éclairage constitue la part majoritaire des consommations avec plus de 35%.
Pour les bâtiments de santé, la part de l'éclairage est sensiblement identique à celle du chauffage. Les consommations d'ECS sont pour la très grande majorité des bâtiments de bureaux nulles mais représentent 35% pour les 19 bâtiments d'hébergement.
Enfin, la part ces auxiliaires est importante (de 20% à 25%) et est proche de celle de l'éclairage, voire égale pour les bâtiments d'enseignement et d'hébergement.

 

Chauffage : suprématie des poêles à bois dans les maisons individuelles

 

Pour l'ensemble des bâtiments résidentiels et tertiaires, le chauffage électrique direct est très peu utilisé.

Dans le résidentiel, le chauffage par chaudière gaz à condensation est majoritaire pour les MI groupées et les bâtiments de logements collectifs. Pour les maisons individuelles, ce sont les poêles à bois qui sont en tête (35% des maisons) à égalité avec les PAC.

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part (%) des différents modes de chauffage - bâtiments résidentiels neufs





Dans le tertiaire, les PAC sont légèrement majoritaires pour les bâtiments de bureaux. L'utilisation de chaudières bois varie de plus de 15% pour les bâtiments d'enseignement à 45% pour les bâtiments d'hébergement. Enfin, les chaudières gaz à condensation sont utilisées pour plus de 30% des bâtiments d'enseignement et de santé.




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part (%) des différents modes de chauffage - bâtiments tertiaires neufs

 

80% des bâtiments renseignés (environ 1 000) utilisent les radiateurs à eau chaude pour l’émission de chaleur. 22% font appel à des planchers chauffants. Les solutions électriques directs concernent près de 10% des bâtiments.

 

Enveloppe : émergence de l'isolation par l'extérieur, poussée du triple vitrage


L'isolation par l'extérieur concerne 50% des 900 bâtiments renseignés. Pour 50% desbâtiments renseignés, la résistance thermique d'au moins une des parois opaques est supérieure à 5 m2K/W et pour 11% d'entre eux, cette résistance est supérieure à 7 m2K/W.
Pour les toitures, la résistance thermique est supérieure à 7 m2K/W pour 50% des bâtiments et à 9 m2K/W pour plus de 20% d'entre eux (partiellement ou pour la totalité de la toiture).

Les performances des menuiseries sont très variables d’un projet à l’autre : pour les 897 bâtiments renseignés, les valeurs de Uw se situent ainsi entre 0,6 W/m2K et 2,6 W/m2K, un même projet ou bâtiment pouvant comporter des menuiseries présentant des performances différentes.
Pour 55% des bâtiments, ces menuiseries présentent en totalité ou partiellement un Uw inférieurs ou égal à 1,5 et pour 5% d’entre eux un Uw inférieur ou égal à 1.
Sur les 972 bâtiments renseignés, 22% font appel au triple vitrage (Uw ≤1 W/m2K), partiellement (façade nord) ou en totalité, technologie quasi inexistante sur le marché français, il y a encore peu.
Ces bâtiments sont situés quasi exclusivement en zone climatique H1 et H2 (à parts égales), donc dans les régions climatiques où l’usage du triple vitrage est le plus justifié.

 

 

Ventilation : Hygro B dans les maisons, double flux dans le collectif et le tertiaire

 

Sur 1 175 bâtiments renseignés, 45% font appel (en totalité ou partiellement suivant la nature des locaux) à la ventilation double flux qui permet de récupérer des calories sur l’air extrait et 50% utilisent une ventilation Hygro B

 

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part de la ventilation Hygro B et du double flux

 

Energies renouvelables : solaire thermique sur les logements, photovoltaïque sur les bureaux

 

Dans le secteur résidentiel, 85% des 968 bâtiments renseignés ont recours à l'ECS solaire ; dans le tertiaire, secteur dans lequel les besoins sont moindres voire inexistants, moins de 40% y ont recours ; il s'agit très majoritairement de bâtiments à usage de santé, d'hébergement et d'enseignement ; pour les bureaux, seuls 17% des bâtiments renseignés (109) y ont recours, mais le besoin d'ECS y est assez limité. 41% des bâtiments tertiaires renseignés (270) ont recours au photovoltaïque pour la production d'électricité mais ils sont seulement 15% dans le secteur résidentiel.

 

 
  • Daniel Bouteiller-Marin |

    Coûts travaux

    D’après Philippe Leonardon, ingénieur à l’Ademe et auteur de l’ étude, il est possible de réhabiliter des bâtiments résidentiels et tertiaires à moins de 50 kWh/m2shon, pour un un coût respectivement inférieur à 500 euros HT/m2shon et 1 000 euros HT/m2 shon. Si d´après Philippe Leonardon, il est possible de réhabiliter des bâtiments résidentiels et tertiaires à moins de 50 kWh/m²ashon pour un coût des travaux respectivement inférieur à 500 euros HT/m²shon et 1 000 eurosHT/m², quel a été le coût de réhabilitation des 54 bâtiments dont la consommation moyenne est passée de 239 à 74 kWh/m².ashon? En effet, il existe aujourd´hui un système ITE de réhabilitation de niveau passif pour bâtiments résidentiels à moins de 25 kWh/m².ashon de consommation énergétique conventionnelle (chauffage+eau+ventilation) à un coût travaux de l´ordre de 500 eurosHT/m²shon menuiseries double et triple vitrage compris.

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