Solutions techniques

Façades passives en caissons de bois pour logements sociaux

Alix de Vogüé | 27/09/2011 | 13:22 | Innovation chantiers

A Lille, une enveloppe à ossature bois sur une structure en béton répond aux exigences de construction de logements sociaux passifs. La coordination des entreprises a permis d’obtenir une bonne étanchéité à l’air.

Partenord construit 44 logements sociaux passifs dans le quartier du Bois habité à Euralille, répartis en deux bâtiments, R 1 et R 4, associant une structure voiles-planchers en béton et une enveloppe à ossature bois. Les façades sont composées de caissons à base de poutres en I.

Le menuisier Laurenge avait déjà testé ce principe constructif sur les maisons individuelles de Villavenir, un projet initié par la Fédération du Bâtiment. Néanmoins, sur l’opération Vert Ebène, pour répondre aux exigences du label Passivhaus et au projet architectural, les poutres ont été calibrées à une dimension inhabituelle : 360 mm, contre 240 sur Villavenir. Ces produits de marque Finnjoist sont espacés de 600 à 625 mm. Les lisses hautes et basses des caissons sont en lamibois Kerto. Le contreventement intérieur est assuré par un panneau de 12 mm. A l’extérieur, un panneau de fibre de bois de 22 mm fait office de parepluie-parevent. Laurenge a fabriqué ces quelque 2 000 m² de façades en atelier. Elle a composé environ 150 caissons de 3 m de haut sur 4 ou 5 m de large et les a isolés en insufflant 45 tonnes de ouate de cellulose. Les percements - limités à la VMC et à l’alimentation électrique des pare-soleil - ont été réalisés en atelier, et les gaines, positionnées par le menuisier.

Chasse aux fuites d’air

Au début du chantier, l’entreprise s’est aperçu que les joints de type compribande, choisis pour assurer l’étanchéité à l’air sur la périphérie de ses caissons, n’étaient pas adaptés à l’architecture de l’opération. En effet, à cause de la présence de balcons, il a fallu glisser certains panneaux de telle façon que ces joints se déformaient. L’entreprise a donc eu recours par la suite à des mousses élastiques non rétractables - des produits Tremco Illbruck -, injectées une fois les caissons posés pour combler tous les jeux fonctionnels. « Car en matière d’étanchéité à l’air, même un espace de 2 mm devient très important », souligne Philippe Duthoit, responsable construction chez Laurenge. Cette chasse aux fuites d’air a aussi été anticipée. D’habitude, chaque entreprise réalise ses plans d’exécution, puis l’architecte et l’OPC travaillent sur le récolement pour vérifier la concordance des réservations. Mais il n’y a pas de document commun. Sur ce chantier passif, à la demande de la maîtrise d’œuvre, Laurenge, qui est en première ligne sur la problématique d’étanchéité à l’air, a réalisé un plan général sur lequel chaque entreprise du groupement concernée par l’enveloppe a ajouté ses éléments. « Nous avons référencé toutes les intersections entre les différents corps d’états, les différents matériaux et les différentes pénétrations », explique Philippe Duthoit, qui a même modélisé en 3D des plans en 2D fournis par ses collègues. Il s’agit d’éviter les percements intempestifs de dernière minute, susceptibles de compromettre les performances thermiques.
La sensibilisation des équipes est aussi un élément pour la réussite d’un chantier passif. Et, au fur et à mesure de l’avancement du chantier, Philippe Duthoit constate que les tests d’étanchéité à l’air réalisés une fois l’enveloppe terminée sont de plus en plus souvent « bons du premier coup ».

 

FOCUS

Fiche technique

Maître d’ouvrage : Partenord.
Maître d’œuvre :
Bello-Caucheteux Architectes.
BET thermique :
Energelio. Coût de l’opération : 9,3 millions d’euros TTC (dont 6,69 millions de travaux).
Groupement enveloppe :
Ramery (gros œuvre) ; mandataires : Laurenge (ossature bois), Sterec (bardage et étanchéité), Billiet (menuiserie extérieure).
Calendrier de la pose de l’enveloppe bois : de novembre 2010 à mai 2011.

Alix de Vogüé | Source LE MONITEUR HEBDO