Solutions techniques

Euro Disney va récupérer la chaleur des « datacenters » pour se chauffer

Jean-Charles Guézel | 14/09/2011 | 11:04 | Innovation chantiers

Agrandir la photo © Dalkia
Un système qui permer de récupérer la chaleur issue de serveurs informatiques d'une société pour chauffer le quartier alentour

Un réseau de chaleur urbain, rien d’exceptionnel jusque-là, mais quand il est alimenté par l’énergie d’un data center, là le système est inédit. Ce procédé est actuellement mis en place dans le parc d’entreprises développé par le groupe Euro Disney près de son parc de loisirs de Marne-la-Vallée.

A Marne-la-Vallée, Dalkia conçoit et réalise le premier réseau de chaleur urbain français alimenté par la chaleur issue d’un centre de données informatiques (datacenter). Implanté sur le site de Paris-Val d’Europe, un parc d’entreprises développé par le groupe Euro Disney en partenariat avec les pouvoirs publics, ce réseau distribuera une puissance de 2,4 MW d’ici à la fin de l’année et de 7,8 MW en 2014 ou 2015.

Une première en France

«  C’est une première en France et sans doute aussi en Europe à cette échelle », se félicite Jean-Philippe Buisson, directeur de Dalkia Ile-de-France, en présentant le réseau de chaleur et les sous-stations que son entreprise met actuellement en place à Marne-la-Vallée, sur les terres d’Euro Disney. Alimenté par la chaleur extraite d’un centre de données informatiques, un « datacenter » exploité par la banque Natixis, ce réseau de plusieurs kilomètres d’envergure entrera en service en fin d’année avec une puissance initiale de 2,4 MW. « Il s’agit là de la première tranche mais il y en aura trois en tout avec ce même fournisseur, pour aller jusqu’à 7,8 MW. Nous subviendrons alors aux besoins de chauffage et d’eau chaude de plusieurs centaines de clients représentant une surface totale de 600 000 m2 », indique Jean-Philippe Buisson.

Tarification plus stable

Doté chacun d’un échangeur de chaleur avec le réseau primaire (parcouru par une eau à 55°C), les clients paieront cette énergie 8 centimes d’euros le kWh avec, en cas de défaillance, un service garanti par la mise en route d’une centrale de secours au gaz naturel. « En raison du montant de l’investissement - plusieurs millions d’euros -, la tarification est supérieure à celle que l’on connaît en général pour les réseaux fonctionnant exclusivement au gaz ou au fioul. Mais elle sera en revanche beaucoup plus stable dans le temps », assure le responsable de Dalkia. Ce dernier précise par ailleurs que cette chaleur, quoique dissipée dans l’air ambiant dans le cas des installations classiques, est en l’occurrence achetée au groupe bancaire « qui a également dû installer certains équipements dans ses murs, notamment un échangeur thermique ».

Valoriser complétement l’énergie thermique

Formalisé par un contrat d’une durée de 25 ans, l’achat de « chaleur verte » à Natixis se verra prochainement complété par la production d’autres fournisseurs. « Deux ou trois datacenters supplémentaires vont bientôt s’installer sur le site », affirme ainsi Francis Borezée, vice-président d’Euro Disney, Développement immobilier et touristique. Envisagé par Dalkia, mais de façon encore très hypothétique en raison du coût prohibitif des machines à absorption, le « froid vert » que l’on pourrait produire l’été à partir de la chaleur non exploitée dans le schéma actuel pourrait à l’avenir permettre de valoriser encore plus complètement l’énergie thermique produite par ce futur parc de datacenters.

Jean-Charles Guézel | Source LE MONITEUR HEBDO

 

VOUS SOUHAITEZ REAGIR