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La « nouvelle » barre Balmont à Lyon ou comment « redorer » l’image d’une barre !

Stéphane Miget | 02/09/2010 | 16:03 | Innovation chantiers

Maisons sur le toit  

Photo n° 1/5
© Atelier Castro-Dénissof-Casi

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Maisons sur le toit
« La mise en œuvre et la conception de l'ossature métallique des appartements duplex en partie supérieure de la barre ont demandé en amont un gros travail d'étude technique. La structure métallique (poteaux, poutres, plancher collaborant) a été privilégiée pour éviter les surcharges et pour des raisons de sécurité. Elle est assemblée autour d'un noyau en béton constituant les parties communes et assurant le contreventement.

Maisons sur le toit

Photo n° 1/5 - © Atelier Castro-Dénissof-Casi / LE MONITEUR.FR

Maisons sur le toit
« La mise en œuvre et la conception de l'ossature métallique des appartements duplex en partie supérieure de la barre ont demandé en amont un gros travail d'étude technique. La structure métallique (poteaux, poutres, plancher collaborant) a été privilégiée pour éviter les surcharges et pour des raisons de sécurité. Elle est assemblée autour d'un noyau en béton constituant les parties communes et assurant le contreventement.

Photos 5/5

La « nouvelle » barre Balmont à Lyon ou comment « redorer » l’image d’une barre !

En raison de l’image négative qu’elles véhiculent, les barres HLM construites dans les années 60-70 sont pour la plupart vouées à la démolition. Or, il existe une alternative : le remodelage. C’est ce que démontre l’atelier Castro Denissof Casi.

Dans le quartier de la Duchère à Lyon - qui fait l'objet depuis 2003 d'un Grand Projet de Ville (GPV) dont la fin est prévue en 2012 - la barre Balmont compte 368 logements (avant rénovation), livrés en 1965 par Régis Cootin et Franck Grimal, architectes. Elle bénéficie d'une situation exceptionnelle et appartient, depuis plus de quarante ans, au paysage lyonnais. Mais, la barre ne sera pas détruite. Roland Castro, architecte urbaniste en charge du projet, explique : « C'est en tant qu'élément de ce grand paysage qu'a été conçu le remodelage de cette barre . Lequel s'inspire de la manière dont Le Corbusier dessinait ses unités d'habitation, tels de grands paquebots ». C'est là le premier élément fort qui signe cette réhabilitation : une silhouette entièrement repensée pour casser l'image de la barre HLM.
Selon Roland Castro, il s'agit de « redessiner une ligne de ciel ». Ce nouveau dessin implique bien sûr des travaux de transformation de très grande ampleur. Cette ligne de ciel impose la démolition sur quatre étages de la partie supérieure de la tour pour y « poser » en retrait, sur deux ou quatre niveaux, des appartements maisons en duplex avec terrasse. Du logement locatif qui correspond à une gamme de plus grand standing.
Cette nouvelle silhouette n'est pas le seul élément emblématique de cette réhabilitation. La façade à l'est - la plus visible depuis la ville - est aussi profondément remaniée par l'adjonction, sur les onze étages du corps principal et sur toute la longueur de la barre , d'un nouveau volume de 2,50 m de largeur. Cette option a permis d'agrandir les logements existants, de ¬creuser de profondes loggias et de donner un nouveau rythme à la façade. En outre, le gain de surface obtenu a été l'occasion de restructurer entièrement les logements et de les décliner en typologies très diverses. De l'autre côté, la façade est également retravaillée. Ce sont de nouvelles cages d'ascenseur (4 au total) qui donnent le rythme. Ces dernières sont le résultat d'un important travail de restructuration des paliers qui ont été agrandis, vitrés pour les protéger du vent.
Pour un confort optimum des habitants, les parties communes ont été dotées d'un ascenseur supplémentaire. Ces derniers sont disposés soit en façade, soit à l'intérieur du bâtiment dans de nouvelles trémies prévues à cet effet.

Hiérarchie des hauteurs

Le travail de proportion et de hiérarchie des hauteurs concerne également le pied de la barre . L'objectif : « Donner une assise davantage à l'échelle du bâtiment et une image plus valorisante des halls, des porches et des locaux situés en rez-de-chaussée ». Ainsi, les deux premiers niveaux ont été doublés par un mur maçonné et habillé de carrelage. Un travail de maçonnerie qui vient différencier les entrées afin que chacun puisse rapidement identifier et s'approprier la sienne. Le remodelage architectural ne s'arrête pas là. Il est complété par un travail de recomposition urbaine. Ce dernier qui se concrétise par la construction de deux bâtiments, qui remplissent une fonction urbaine et architecturale : « Ils rétablissent un rapport entre les sols de la barre et du boulevard et construisent une hiérarchie entre rue et jardin ». L'un d'entre eux est adossé au pignon aveugle de la barre , créant pour celle-ci une façade urbaine sur le boulevard. « Ainsi, on requalifie la rue, on tisse des liens entre la rue et la barre , on domestique la grande échelle », conclut Roland Castro.

Paru dans les Cahiers Techniques du Bâtiment de septembre 2010

Agrandir la photo © Atelier Castro-Dénissof-Casi
Roland Castro, architecte et urbaniste : « L’ambition de ce projet : démontrer que l’on peut inverser l’image négative de ces barres, et leur redonner une valeur et une attractivité par le confort, les surfaces et la métamorphose architecturale".

FOCUS

Les intervenants

Maître d'ouvrage société de construction de la ville de Lyon (SACVL) (69).
Maître d'œuvre Atelier Castro-Dénissof-Casi (75).
Bureau d'études ATEC (69).
Entreprise générale Eiffage construction Rhône (69).
Programme Remodelage de la barre Balmont (368 logements avant, 303 après) et construction de 52 logements neufs.
Coûts prévisionnels Remodelage : 10 935 368 € HT• Neuf : 8 379 040 € HT.

Stéphane Miget | Source LES CAHIERS TECHNIQUES DU BATIMENT

 

Vos réactions

  • Rodolphe | 03/09/2010 - 11:40

    Proportions à revoir

    Idée fortement louable mais l'ensemble reste disproportionné. N'y a-t-il pas de risque de ségrégations avec les riches sur les toits et les "pauvres" en dessous ?

  • Anonyme | 03/09/2010 - 15:50

    Est ce bien insonnorisé, et bien agencé

    Si les logements sont bien insonorisés et bien agencés, je ne suis pas contre ( bien que ça ne fasse pas rêver les français). Par contre si les logements sont sonores et plutot mal conçus, étriqués, bruyants, etc alors on aura beau ajouter des étages, les logements d'origine resteront pas terribles. La solution aux problèmes du logement est de diviser par deux le nombre d'habitants sur notre terre surpeuplée ( y compris en France).

  • Anonyme | 06/09/2010 - 10:48

    Commentaire pourquoi pas si les qualités techniques du bâti existant le permet, et à condition que ce ne soit pas prohibitif en terme de coût global. Mais que sont devenus les habitants antérieurs?

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