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Une bibliothèque en béton de 136 m2 outdoor

Stéphanie Lacaze-Haertelmeyer | 11/05/2010 | 18:18 | Innovation chantiers

Vue nocturne de la nouvelle place Rougé.  

Photo n° 1/7
© Ciments Calcia - Cabinet Labatut Architectes associés

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Vue nocturne de la nouvelle place Rougé.

Vue nocturne de la nouvelle place Rougé.

Photo n° 1/7 - © Ciments Calcia - Cabinet Labatut Architectes associés / LE MONITEUR.FR

Vue nocturne de la nouvelle place Rougé.

Photos 7/7

Un mur bibliothèque en béton pour habiller une façade aveugle dans le cœur de Cholet (49)

Elle n’était pas inscrite dans le programme. Mais désormais, cette bibliothèque de béton blanc au cœur de Cholet (49) signale avec force un salon urbain, original, que les habitants se sont déjà appropriés.

C'est le dernier salon où l'on cause. En tous cas à Cholet. Installés en plein centre-ville : des meubles en acier corten découpés au laser, des lampes aux abats-jours très must have. Pièce maitresse du salon, une bibliothèque de 136 m2 de béton blanc où se serrent pas moins de 5.000 faux livres. A la tombée de nuit, ce meuble monumental de 10 m de haut sur 13 m de large s'anime par une scénographie lumineuse.

Cette réalisation s'inscrit dans un concours lancé par la ville de Cholet : les Arcades Rougé, conçues comme un nouveau quartier de trois hectares, au cœur même du centre-ville où activités commerciales, culturelles et logements deviennent un nouveau lieu de vie. Ce salon urbain matérialise la nouvelle place Rougé, "qui présentait une particularité", indique Peggy Jousse, architecte associée au sein du Cabinet Labatut, basé à Cholet et à Nantes (44). "Elle se trouve juste derrière la place Travot, un grand espace dédié aux manifestations importantes. Nous voulions l'opposer avec quelque chose de plus intime, sur le thème de la poésie et de la conversation".

Un bas relief de béton blanc

D'où la création de cet espace original. Egalement agrémenté d'un cheminement au sol de dalles de granit beige flammé , gravées d'extraits de poésie. La façade bibliothèque, elle, est née pendant le concours. Mais n'était pas au programme. "Nous l'avions dessinée sur la perspective et elle a plu", confie Peggy Jousse. Parce qu'il fallait cacher un mur aveugle, apparu lors de la destruction de l'hôtel de police sur cette place Rougé. "Or, il nous paraissait évident d'ajouter ce mur façade à notre salon urbain".
Pas question de s'orienter vers un trompe l'œil, "qui vieillit mal". Idem pour la pierre. Pourtant, "nous voulions réaliser un bas relief sculpté". Le choix s'est alors naturellement porté sur le béton blanc moulé : un matériau emblématique pour le cabinet Labatut, qui a notamment réalisé une chapelle banchée sur site. "Nous avons été impressionné par la finesse du détail. Ce ciment nous a permis d'ajouter des petites bordures, des petits reliefs". La teinte blanche a été légèrement jaunie pour rappeler l'église Notre-Dame, juste derrière le mur bibliothèque, et le théâtre, à côté, en cours de rénovation. Le rendu esthétique est là. Mais côté technique, il a fallu garantir la résistance et la sécurité de l'ensemble.

Onze tonnes pour trois centimètres d'épaisseur

Pour ériger les 505 modules qui composent cette façade de 11 tonnes, cloisonnée par 266 mètre linéaires de montants et traverses, un support en béton banché préfabriqué a été posé à 80 cm du mur existant, soutenu par des contreforts. Pour suggérer l'effet d'un meuble bibliothèque par les horizontales et les verticales, les traverses ont été boulonnées avec des équerres sur le mur support. Les modules eux ont été fixés par des attaches initialement conçues pour l'agrafage en vêture de pierre en façade. Une technique qui a d'ailleurs nécessité de carotter les modules. Ces derniers de tailles différentes et d'une épaisseur de 3 cm, présentent des débords de 1 à 2 cm. A l'assemblage, il a fallu les percer, et les fixer différemment par rapport au projet initial afin de ne pas abîmer les dalles entre elles. La liaison entre le bâtiment existant, et le mur bibliothèque, est traitée avec des plaques Eternit Naturalis Evolution. "La peinture était trop contraignante, reprend Peggy Jousse. Et à la fin du projet, le budget n'était plus suffisant pour réaliser cette partie de la façade avec du béton". Une bibliothèque qui a représenté un mois de travaux sur site, pour un investissement de 103.000 € HT.

 

FOCUS

Neuf modèles de dalles pour 505 modules

Le ciment choisi pour concevoir cette bibliothèque aux teintes albâtres, est un ciment blanc CEM I 52,5 N CE CP2 NF "SB". Il est recommandé pour les parements architectoniques, et la maçonnerie d'art. "Il a été légèrement teinté en jaune pour se rapprocher de la couleur pierre naturelle, informe Mickaël Lelay, responsable de secteurs chez Ciments Calcia. Etant donné la faible épaisseur des modules - quasiment dans les limites d'un béton traditionnel - la résistance de 52,5 N est importante". En outre, le ciment a été adjuvanté avec un hydrofuge plastifiant de masse afin que le parement ait un rendu encore plus lisse. "Ainsi, la peau du béton est refermée, la porosité faible empêche l'accrochage de micro-organismes".

Pour concevoir les 505 modules qui composent la façade, "il a fallu deux mois de fabrication et de réalisation des pièces, explique Benoît Philouze, responsable prescription et suivi de chantier chez Novadal-Privat. Nous avons d'abord dû faire neuf moules en élastomère de formats 30x30, 30x45, 30x60, 45x30, 45x45, 45x60, 60x30, 60x45, 60x60. Ces derniers ont été coulés sur des maquettes en bois pour conserver l'élasticité et obtenir le rendu le plus lisse possible avec une reproduction fidèle des détails". Les pièces ont été démoulées et séchées en étuve pour maintenir la couleur.

Stéphanie Lacaze-Haertelmeyer | Source LE MONITEUR.FR

 

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