Solutions techniques
Mur massif bois pour la surélévation d’un pavillon
| 10/03/2010 | 16:15 | Innovation chantiers
Photo n° 1/6 - © T.Royer / LE MONITEUR.FR
Dalle de plancher
Pose de la première dalle de plancher sur la semelle périphérique, après rectification des niveaux du maçon.
Grâce à une nouvelle marque de panneau, l’entreprise Arbosphère, rompue à la construction en mur massif bois, a réalisé la surélévation d’un pavillon en moins de deux jours.
En mars dernier, l'entreprise de charpente savoyarde, Arbosphère, a réalisé la surélévation d'un pavillon des années 50, en banlieue parisienne (Montreuil, 93) en utilisant la technique du mur massif bois.
Le chantier aura duré moins de deux jours. Une prouesse bien habituelle pour cette jeune entreprise, lancée dans la construction en murs massifs voilà deux ans, plus coutumière aux appels d'offres publics qu'à la réhabilitation privée : « C'est un tout petit chantier, explique Marc-Henri Maxit, directeur commercial de l'entreprise. Nous avons posé seulement 25 panneaux. Ce n'est rien face à nos 2 000 m3 posés l'année dernière. En raison des délais imposés, nous n'avons posé ni l'isolation, ni le bardage. En effet, le lot qui nous était dévolu, était réduit au minimum ».Pour le charpentier, le travail commence avec la réception de la maçonnerie. « Question stabilité, explique Jérémy Kesmaecker, un des compagnons de l'entreprise, le chaînage béton ne posait pas de problème. Concernant sa planéité, c'était plus délicat, nous avions des écarts importants. L'ouvrage béton présentait, par endroits, des défauts d'horizontalité allant jusqu'à 5 cm. Ce qui nous a contraints à utiliser des chevilles plus grandes afin de fixer la semelle périphérique en bois traité ».
25 panneaux posés dans la journée
L'étape suivante : le charpentier décharge à la grue les panneaux, rangés sur le camion selon l'ordre de montage. D'abord, les dalles de sol (3 x 2,50 m). Préparées en atelier, elles présentent toutes un assemblage à mi-bois, permettant aux éléments de plancher de venir se jointoyer proprement.
Dans un second temps, le charpentier prépare les murs existants en les munissant d'équerres métalliques qui servent de butée aux murs massifs.
À l'aide d'un laser, les compagnons calent les aplombs, afin que le panneau se positionne au plus juste. Après, les murs sont présentés sur le plancher tout neuf. Notamment celui de la façade longitudinale du jardin.
Ce panneau, le plus imposant de tous, fait 10 mètres de longueur. Des étais tirants/poussants le maintiennent temporairement en place, en attendant que les trois autres murs soient implantés. Il ne reste plus alors à l'entreprise qu'à « tirefonner » les angles de murs et à fixer un tasseau/plinthe périphérique pour maintenir le pied des parois. Le chantier se termine par la pose du toit avec sa légère pente, prévue dès les études.
Une opération test
Arbosphère s'est lancée sur le chantier par l'intermédiaire de l'entreprise allemande Eugen Decker.
Soucieuse d'investir le marché français, la société d'outre-Rhin avait profité de leur rencontre avec l'architecte, en quête d'une entreprise de pose lors d'un salon professionnel, pour s'implanter en France. « Ils sont venus nous démarcher avec leur nouvelle marque de mur massif qu'ils lancent sur le marché, le « KVH », ajoute Marc-Henri Maxit. Nous avons voulu tester le produit, c'est pourquoi nous avons réalisé ce chantier. » Il existe, en Europe, moins de dix fabricants de mur massif. Et, comme le charpentier envisage d'industrialiser son procédé en atelier, il souhaitait tester les différents produits disponibles sur le marché.
« Ici, dans cette maison individuelle, l'expérience s'est avérée concluante, termine le chef d'entreprise. Toutefois, le fournisseur ne nous offre pas assez de choix dans les finitions extérieures. Pour l'instant, nous utiliserons ce panneau qu'en partie invisible. »
Reportage paru dans L'Entrepreneur n° 239 du 01/05/2009
FOCUS
En Europe, les principaux fabricants de murs massifs sont : KLH de Lignatec, Léno de Finnforest, MHM d'Hundegger, les panneaux de Binder, ceux d'HMS et maintenant le KVH d'Eugen Decker. Dernière-née, la scierie allemande Decker s'est récemment lancée sur le marché du bois massif de construction, avec un procédé relativement bien connu et une nouvelle marque « KVH ». Cette dernière ressemble à s'y méprendre à ses concurrents : colle polyuréthanne et essence de base (épicéa), finitions et dimensions identiques. Cependant, le développement du service associé au produit n'en est encore qu'à l'ébauche. Et l'Avis technique n'est pas encore validé. Toutefois, le KVH s'avère particulièrement bien positionné.
FOCUS
« Ce chantier nous a permis de solliciter nos équipes dans une période creuse. Cependant, nous n'avons pas été maître des délais. Mobiliser trois compagnons sur deux jours, en région parisienne, ne doit souffrir aucune erreur de préparation, d'autant que nous ne sommes véritablement compétitifs que lorsque nous livrons des murs finis, avec bardage, isolation et menuiseries posés. L'autre objectif de ce chantier : mettre en œuvre une marque nouvellement installée en France. »
FOCUS
Chantier : restructuration lourde avec surélévation d'un étage d'un pavillon montreuillois (Seine-Saint-Denis).
Débit : mise en œuvre de 30 m3de bois massif KVH
Surface : 165 m2 de Shon (dont 70 m2 existants)
Budget : 120 000 e HT
Maître d'ouvrage : particulier
Maître d'œuvre : Thomas Royer Architectures (93)
Entreprise : Arbosphère
Lieu : La Tour (74)
Statut juridique : SA
Date de création : janvier 2008 pour l'activité construction
Gérant : Maurice Maxit
Effectif : 6 salariés
Activité : construction bois en murs massifs
Clientèle : privée, publique (enseignement, maisons de retraite) et appels d'offres