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Bois massif : un secteur de la construction bois appelé à se développer

| 09/03/2010 | 18:39 | Innovation chantiers

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La plupart des bois utilisés dans la construction bois massif sont des bois d'importation.

Encore confidentielle, la construction en bois massif a tous les atouts en main pour gagner des parts de marché. Qualités environnementales et industrialisation des process sont les deux moteurs de ce développement.

Dans le monde du Bâtiment, la construction bois massif, bois empilé (madrier ou rondins) et panneaux, occupe une position un peu particulière.
C'est certainement l'un des systèmes constructifs les plus anciens. C'est aussi l'un des plus confidentiels malgré une croissance importante ces dix dernières années.
À l'instar de la construction à ossature bois, le bois massif a, en effet, connu une période de croissance malgré une légère stagnation depuis l'année dernière.
De fait, la construction bois massif ne représente aujourd'hui que 5 à 10 % de la construction bois, qui elle-même, représente environ 5 % du total des constructions individuelles. Néanmoins, ce secteur affiche un beau dynamisme et l'on est loin des clichés de chalet de montagne.
Désormais, la construction bois massif est présente dans de nombreuses régions, souvent dans un créneau moyen et haut de gamme. Il existe bien sûr des régions historiques comme l'Aquitaine ou la Franche-Comté, mais la tendance est à la diffusion sur l'ensemble du territoire. Pour preuve, il n'existe plus aujourd'hui de difficultés majeures pour obtenir des permis de construire en raison de ce choix constructif.

Qualités environnementales

Et, dans un contexte où les questions environnementales deviennent des critères de choix, les professionnels du bois massif ne sont pas à court d'arguments. Ainsi, si les concepteurs qui développent des projets HQE, ou plus simplement, si des particuliers choisissent les systèmes bois, cela tient, bien sûr, aux qualités environnementales du matériau. La première de ses qualités est son caractère renouvelable. La deuxième, sa capacité à stocker le carbone. La troisième, sa faible consommation d'énergie lors de sa transformation, par rapport à ses performances mécaniques. Quant à la quatrième, elle est liée à ses capacités à être réutilisée, recyclée ou valorisée en énergie.
Sans oublier ce qu‘apporte le bois à la construction proprement dite, ou en termes de performances énergétiques : faibles nuisances de chantier, filière sèche, faible consommation d'eau et préfabrication. Il y a également une évolution importante en terme environnemental, du côté des produits de traitement et de finition. Les traitements préventifs, insecticides et fongicides, respectent, sans être totalement « verts », de mieux en mieux l'environnement. Il en est de même pour les peintures ou les colles.

Industrialisation

Autre paradoxe : la construction bois massif bien qu'ancestrale est désormais extrêmement industrialisée. Cette caractéristique est probablement un atout maître pour remporter dans le futur des parts de marché. Car l'industrialisation des process sera une tendance forte de la construction de demain. Or la filière bois, et plus particulièrement le bois massif, a pris une longueur d'avance sur ce plan. La multiplication des centres d'usinage de charpente - plus de 150 répartis sur l'ensemble du territoire - a un impact énorme. Ces outils ont permis et permettent encore d'importants progrès, grâce à une très grande précision dans les découpes. De même, ils favorisent l'utilisation des bois reconstitués sous toutes leurs formes : lamellé-collé, lamibois, BLR... Ces derniers ayant une qualité constante totalement adaptée à ce type d'outillage. Cette industrialisation impose aux entreprises de charpente menuiserie qui souhaitent développer ce créneau, de travailler ou de créer en interne un bureau d'études techniques.

Seul bémol : la RT 2005

Si la Réglementation thermique est adaptée aux bâtiments dont les murs ont une isolation rapportée, elle s'avère inadaptée au bois massif (madrier et rondin). En effet, la RT 2005 prend assez mal en compte le comportement et les performances réelles de bâtiments à isolation et inertie thermique réparties. Le critère « garde-fou »se révèle inadapté à l'évaluation des performances de parois lourdes comme les parois en bois massif et représente une indication incomplète sur la qualité thermique réelle de ces solutions.
C'est là la conclusion d'une étude initiée, en 2006, par le réseau de constructeurs Afcobois * (voir encadré ci-dessous).

Reportage paru dans L'Entrepreneur n° 232 du 01/09/2008

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Grâce à l'industrialisation, le temps de mise en oeuvre sur chantier est court.

FOCUS

Bois massif et réglementation thermique : une étude aux résultats contrastés

Coefficient Ubât inférieur

Sur les vingt maisons, seule une en rondins de 280 mm, présente un coefficient Ubât supérieur au Ubât de référence. En revanche, le Ubât est inférieur pour toutes les autres maisons. Résultat : ces maisons sont non-conformes à la réglementation.

Moyenne des consommations réelles

Paradoxalement, la même étude a révélé que la moyenne des consommations réelles de ces vingt maisons est de 18 % inférieure aux valeurs référentielles de la réglementation. Ainsi, la moyenne générale de ces consommations pour le chauffage est de : 85 kWh/m2. Plus du tiers des maisons testées ont une consommation annuelle mesurée pour le chauffage, inférieure à 60 kWh/m2, ce qui correspond à un très bon niveau de performance énergétique par rapport à l'habitat standard. Clairement, les propriétés intrinsèques du bois ne sont pas prises en compte.

Confort d'été

Il en est de même l'été. Ainsi, d'après l'étude : « L'effet d'atténuation thermique des maisons en bois massif est très insuffisamment traduit par les résultats des calculs thermiques. Les mesures réalisées mettent en évidence un niveau de confort beaucoup plus important que celui présenté par la réglementation pendant la période d'été. L'effet d'inertie, proportionnel aux épaisseurs de mur, favorise le maintien des températures intérieures et donc le confort d'été ».

Coefficient U mur extérieur

Malgré ces bons résultats testés in situ, le garde-fou RT 2005, basé sur le coefficient U mur extérieur, est clairement défavorable à la construction bois massif. Il y a là un risque réel de causer un préjudice important pour ce type de constructions. C'est pourquoi, les professionnels demandent que soient exploités les résultats de l'étude pour entre autres : proposer la rédaction d'un dossier « cas particulier » à la Réglementation thermique (annexe V RT 2005), prendre en compte de nouveaux critères environnementaux (énergie grise, contenu en CO2...) pour apprécier les caractéristiques environnementales de la construction et optimiser la conception des parois.

* L'étude « Habitat bois massif HBM performant » a été financée par la Fédération française du bâtiment (FFB), la région Franche-Comté et Afcobois. Elle a été réalisée en collaboration entre le bureau d'études Pouget Consultants, le centre technique Costic et le laboratoire Trefle. Cette étude a été utilisée dans le cadre d'une thèse de doctorat soutenue récemment à l'université de Bordeaux 1 par Saed Raji, qui a exploité et analysé les données des vingt maisons.

 

FOCUS

Règles professionnelles en cours d’évolution

Jusqu'à ce jour, les constructions en bois massifs devaient respecter les Règles professionnelles « Constructions en bois massifs », rédigées par Afcobois et éditées par Irabois. Actuellement, ces règles sont en cours de révision. Elles pourraient bien se transformer, à terme, en une norme DTU spécifique à la construction bois massif. En attendant, les règles sont disponibles chez Afcobois, sur : info@maisons-bois.org.