Chantiers

Avec sa façade refaite à neuf, l’Opéra Bastille retrouve sa sérénité

Après des années d’expertises et de batailles judiciaires, la façade de l’Opéra Bastille, source d’un certain nombre de vicissitudes, retrouve un nouveau visage avec le remplacement des anciennes plaques de pierre calcaire par un parement minéral composite.

La nouvelle façade dont les travaux de rénovation ont débuté en juillet 2007 pour s’achever en août 2009, met fin à un feuilleton de désordres successifs engendrant une joute judiciaire entre maître d’ouvrage, maître d’œuvre, entreprises et assureur.
Inauguré en 1989, à l’occasion de la célébration du bicentenaire de la Révolution Française, et conçu par l’architecte canado-uruguayen Carlos Ott, l’un des monuments les plus prestigieux de Paris connaît des problèmes techniques, notamment sur sa façade. Au début des années 90, les plaques de 90 x 90 cm de pierre calcaire mince se décollent par endroits. Une situation qui s’aggrave en 1996 obligeant à recourir à la solution de filets pour éviter que la chute d’une des pierres ne tue un passant. Dès l’apparition des désordres, une série d’expertises se succède sur une douzaine d’années et finit par démontrer une malfaçon dans l’agrafage des pierres, mais aussi des imperfections de la pierre, elle-même, liée à l’histoire tectonique du massif où elle a été prélevée.
En décembre 2006, la Cour administrative d’appel de Paris retient la responsabilité des constructeurs, entrainant la prise en charge de la réfection des façades par leurs Compagnies d’Assurances. Après des années de procédures judiciaires, l’Opéra-Bastille peut enfin faire peau neuve !

Des panneaux en minéral composite en 90 x 90 cm

Pour la rénovation des 28 000 m2 de façades, l’appel d’offres lancé par l’Opéra national de Paris et le Maître d’œuvre a défini un certain nombre de critères, notamment des qualités de la pierre et le respect du calepinage d’origine des éléments de 90 x 90 cm retenus lors de la conception de l’ouvrage. Parallèlement, des exigences normatives sont fixées pour garantir la sécurité. Ainsi, il est précisé que les matériaux doivent être soit des pierres posées conformément au DTU 55.2, soit des plaques composites bénéficiant d’un avis technique du CSTB. Une certification reVETIR minimale est par ailleurs exigée, assurant une excellente résistance, plus élevée que la norme appliquée habituellement, notamment en parties basses. Enfin, le classement minimal au feu de niveau M1 est requis.
Pour répondre à l’ensemble de ces critères, Carlos Ott a opté pour un parement minéral composite CAREA®. Ce matériau a été utilisé sur l’ensemble des façades pour garantir une parfaite homogénéité, imposée par le Service Départemental de l’Architecture et du Patrimoine de Paris.

Une pose en bardage

La première étape des travaux a consisté à déposer la pierre initiale et de son isolant d’origine. La mise en œuvre du parement s’est effectuée selon le principe du bardage : une ossature aluminium a été fixée sur la façade et les éléments du parement ont été à leur tour fixés sur cette structure. L’isolant thermique et phonique de laine de verre a été placé entre le mur et le parement dont il est séparé par une lame d’air continue et ventilée pour éviter les points de condensation. La pose a été réalisée à joints filants, vertical et horizontal.
Un calepinage précis a été étudié en permanence par l’entreprise de pose, en fonction de la progression des travaux.
La façade se doit également d’être résistante aux agressions extérieures et parfaitement stable dans le temps, même en situation urbaine difficile. Une solution spécifique pour la protection particulière des soubassements a été proposée par l’industriel spécialisé dans le revêtement de façade et l’isolation thermique par l’extérieur. Il s’agit d’une dalle CAREA® Q4, extrêmement résistante aux agressions, dans le format imposé de 90 x 90 cm et dans la même esthétique que l’ensemble, posée sur une hauteur de 3 mètres en périphérie de l’ensemble des bâtiments.
Si le matériau minéral composite, grâce à ses propriétés intrinsèques, garantit un nettoyage simplifié des tags et graffitis sans devoir recourir à un traitement spécifique, il présente aussi l’avantage de pouvoir être mis en oeuvre plus facilement en raison de son poids : 34 kg/m2 contre 80 pour le matériau initial en pierre.

 

reVETIR

Classement pour l’isolation par l’extérieur portant sur 7 caractéristiques : R = facilité de réparation, E = facilité d’entretien, V = résistance, E = étanchéité à l’eau de pluie, T = tenue aux chocs, I = incendie – comportement au feu, R = résistance thermique. Des niveaux variant de 1 à 4 sont attribués à chaque caractéristique.

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